‹ Contribution à l'étude de la Pharmacie HoméopathiqueChapitre 17 sur 32 · MR) RE · texte numérisé non relu

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décimale, la présence matérielle du remède subsiste encore. Ils sont comme ]}.-B. Dumas, d'avis qu'il ne reste plus que de l'eau pure. ,

Argument auquel les homéopathes n'ont pas manqué de répondre avec le docteur Cilbert Charette (1) : « Dites que l’imperfection de nos instruments ne permet pas de déceler la moindre parcelle médicamenteuse dans nos dilutions, pas plus que le microscope ne vous a fait voir l'agent de la vaccine dans une goutte de virus. Mais nos guérisons sont là ».

Et le docteur Charette a rappelé certaines expériences qu’il estime concluantes : celle d'Ozanam, auquel la découverte du spectroscope par Kirchoff et Bunsen permit, en 1862, de démontrer la présence de la substance dans une 9* dilution décimale ; celle de Lancien, directeur du laboratoire bio-physique de Paris qui, en 1914, avec un spectrographe de son invention, put déceler la présence du cuivre dans un centième de cilution centésimale.

N'est-il pas établi, en outre, que le professeur Gabriel Bertrand a prouvé que la croissance de l’aspergillus niger est heureusement influencée par la présence d’un milligramme de manganèse dans 10.000 litres de milieu de culture ; et aussi que le professeur Richet à fait voir en 1905 que le formol agit sur la marche de la fermentation lactique à la dose invraisemblable ce 1 millième de milligramme par 1.000 litres ? « Si surprenant que cela paraisse, disait à ce propos le célèbre physiologiste, nous devons constater que cette action des doses faibles est générale ».

Rien ne démontre d’ailleurs que l'homme ne puisse être impressionné par d’'imperceptibles agents impondérables. Le docteur Alexandre Chargé (2) cite à ce propos le cas d’un pharmacien militaire de Marseille qui était obligé de s’enfermer dans son appartement hermétiquement clos, toutes les fois que, dans son laboratoire, on pulvérisait de l’ipecacuanha. || suffisait que, bien loin de là, par une fenêtre ouverte, lui parvint un relent, perceptible pour lui seul, pour qu'il fût pris de vomissements incoercibles. Et pourtant, à pareille distance, la

(1) Ouvrage cité.

(2) L'homéopathie et ses détracteurs à l’occasion de l'épidémie de choléra de Marseille (Paris 1856).

quantité d'ipécacuanha qu'il pouvait absorber était certainement infime.

Que leurs médicament, si dilués soient-ils, sont capables d'agir, les homéopathes s'efforcent aujourd'hui de le démontrer scientifiquement; sans faire seulement état des résultats obtenus par eux. C'est ainsi que la revue « L’'Homéopathie Moderne » a rendu compte (1) des travaux exécutés par le docteur W.-M. Person dans le laboratoire officiel ce Léningrad.

Ayant expérimenté l'action de l’Iris Versicolor et de l'acide phosphorique employé par les homéopathes dans les troubles digestifs, il a reconnu que ces substances sont douées d'une action très nette sur les glandes sécrétant la thypsine, l'un des trois ferments du suc pancréatique, et en outre que les sixièmes dilutions décimales de ces substances sont plus actives que les teintures mères ? :

Et l'efficacité des doses infimes à également fait l'objet de recherches entreprises par le docteur Farricot, ex-chef de laboratoire à la Faculté de Médecine de Lyon (2). En employant tour à tour l’adrénaline, l’atropine, la vératrine, etc. il a expérimenté l’activité des trentièmes dilutions décimales et reconnu notamment qu'une telle dilution de vératrine augmente, chez une grenouille dont on soumet les deux gastrocnémiens à des excitations faradiques, la puissance moyenne ces contractions musculaires du côté où l'injection a été faite.

Ces expériences de chimie et de physiologie ne sont que des exemples des nombreux travaux poursuivis pour démontrer scientifiquement la puissance des doses infinitésimales. || est d’ailleurs à noter que ceux même qu'on qualifiait au siècle der: nier d'Hahnemanniens « purs » n’estimaient pas que les hautes dilutions fussent applicables à toutes les maladies et à tous les médicaments.

Dans les commentaires dont il a fait suivre l’Organon, le docteur Léon Simon père ne manque pas de signaler qu'il ne peut y avoir à ce sujet de règle fixe et que les distinctions s'imposent suivant qu'il s'agit de maladies aigües ou chroniques de substances végétales ou minérales. Citons le passage : du chapitre où il aborde ce sujet :

(1) ler février 1935.

(2) L'homéopathie moderne, 15 octobre 1935.

RENAONE

« Quant au choix de la dilution, il n'y a rien d'arrêté en homéopathie, et rien ne peut l'être. Si quelques-uns ont eu le tort d’attacher à cette question une importance telle qu'ils en ont fait critérium de fidélité ou d’infidélité aux principes de la doctrine, il faut dire qu'ils n’ont pas été précédés ni suivis en cela par aucun des maîtres en l’art homéopathique. Dans sa pratique et dans son enseignement, Hahnemann recommandait, il est Vrai, d'user le plus souvent de la trentième atténuation, mais il ne se croyait pas condamné à n’user que d'elle; et ses conseils se rapportaient bien plus au traitement des maladies chroniques qu’à celui des maladies aigües.

« Aujourd'hui, la question des dilutions a pris une plus grande étendue, depuis que les préparations de Korsakoff et celles de Jenichen ont jeté dans la pratique homéopathique dans l'emploi de très hautes dilutions. Mais la discussion reste ouverte sur ce point comme sur bien d’autres, sans qu'il soit possible de dire d’une manière définitive quelle règle il convient de suivre dans le choix des atténuations. On s’est demandé s’il fallait préférer les très hautes dilutions, ou les moyennes ou les basses, sans tenir compte de la différence que présentent les maladies, non plus que de la différence des médicaments et du degré de susceptibilité des malades. Il était impossible, cependant, d'arriver à des notions positives à l'égard des dilutions sans tenir un compte rigoureux de ces trois éléments ».

De ce que nous venons d'exposer, il ressort que l'homéopathie s'efforce aujourd'hui très justement de remédier aux reproches qui lui furent faits par ses cétracteurs de délivrer des remèdes que l'on ne peut ni vérifier ni doter, les hautes dilutions échappant aux méthodes de contrôle scientifiques.

Pharmacie Homéopathique 1

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