VII. - EVOLUTION ET PROGRES
Il faut convenir que ce n'est pas sans raison que l’on a longtemps reproché à l'homéapathie de manquer d'une solide organisation scientifique. Jusqu'en 1930, elle n'eut pas d’enseignement vraiment accessible à tous. « L’instruction homéopathique, a pu écrire M. Marcel Vallée (1), était ainsi une question d'expérience personnelle qui durait toute la vie et, bien entendu, ne pouvait que difficilement être transmise à un successeur ».
Les controverses qui divisaient entre eux les médecins homéopathes, notamment au point de vue des hautes dilutions, intangible aux yeux des uns, et critiquées par d’autres, qui partaient en guerre contre les « excés infinitisimaux », les polémiques entre Société rivales, firent incontestablement du tort à l’homéopathie qui, après une période de progression sous le Second Empire, vit la médecine officielle organiser contre elle une sorte de conspiration du silence.
‘ Les divergences d'opinions et de pratique, entre homéopathes, à propos de l’emploi des remèdes étaient-elles d'ailleurs aussi profondes qu'on a pu le dire ? M. le docteur Duprat, dans sa réponse au professeur Mauriac (2), estime pour sa part qu'elles étaient de petite importance. « Combien n'en trouverions pas d’infiniment plus troublantes, écrit-il, en comparant les prescriptions de médecins allopathes poursuivant un même but ? Je me garderai d’irriter le professeur Mauriac en lui détaillant l'expérience faite par un malade qui consulta vingt praticiens éminents, dix homéopathes, dix allopathes, ces derniers faisant dix ordonnances différentes, sinon discordantes, les premiers prescrivant tous le même remède ».
(1) Ouvrage cité.
(2) Article cité.