La fièvre n’y est pas constante
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vaisseau, sans les intervalles que laisse indemnes sa congénère. Au reste, là comme dans la goutte, la phlébite peut être multiple et mème métastatique ; l’œdème est, aussi, peu marqué et la périphlébite est fréquente.
Un grand caractère différentiel à signaler, c’est que l’'embolie pulmonaire n’a presque jamais été observée dans la phlébite rhumatismale, ainsi que le prétendent MM. Widal et Bezançon. Dans la phlébite goutteuse elle est très fréquente.
La phlébite syphilitique est encore peu étudiée. Elle semble appartenir à la phase secondaire. Chez elle aussi, les phénomènes réactionnels sont modérés. Charvot a observé le caractère nocturne des douleurs et la régression des lésions sous l'influence du traitement. Elle n'aurait pas de siège de prédilection.
Les phlébites blennorrhagiques auraient ce point de commun avec les phlébites goutteuses, c’est qu'elles se localiseraient sur plusieurs segments de veines, mais on trouve ordinairement une arthrite gonococcique concordante. Elles peuvent aboutir à la suppuration.
Les varices se compliquent souvent de phlébites qui n’ont pas de tendance à la purulence, mais qui aboutissent à la phlébosclérose, c'est-à-dire à la transformation scléreuse de la paroi veineuse et au rétrécissement de la lumière du vaisseau. Elles peuvent être superficielles et légères ou profondes et s’accompagner
de grands œdèmes et de désordres trophiques. Leur évolu-
ET
tion est lente et elles doivent figurer en bon rang parmi les phlébites que l’on a décrites sous le nom de phlébites chroniques.
A côté de cette première catégorie de phlébites à symptômes assez atténués, nous placerons les phlébites purement infectieuses, celles qui donnent lieu à une température élevée, à un état général plus ou moins grave, et qui se compliquent d'accidents infectieux à distance comme l’endocardite ulcéreuse ou d'infections du voisinage, phlegmon périveineux, gangrène, lymphangite et adénite. Aucune de ces complications ne se rencontre dans la phlébite goutteuse. MM. Widal et Bezançon voient bien dans la multiplicité des lésions un caractère d’'analogie avec les phlébites hyperseptiques mais une fièvre modérée et l’absence de suppuration leur paraissent évidemment inconciliables avec une infection assez profonde pour produire des lésions veineuses simultanées en divers points de l’organisme.
L’érysipèle a quelquefois été suivi de phlébites (Achalme). Celles-ci siègent le plus souvent sur les sinus craniens. D’autres fois elles se localisent sur les membres et ont une remarquable tendance à la suppuration.
La grippe et lafièvre typhoïde donnent souvent lieu à des phénomènes d'infection veineuse. Les troncs profonds sont surtout atteints et il y a un œdème con-
sidérable. Phlébites ordinairement bénignes. A noter,
cependant, que chez les grippés elles surviennent provoquées par un accident broncho-pulmonaire ou une tare antérieure.
Les nodules que l’on trouve dans les phlébites suppurées, ircégulièrement espacés et destinés à devenir des poches purulentes, pourraient, si on ne regardait la courbe thermique, occasionner des erreurs de diagnostic.
La goutte donne rarement lieu à la phlegmatia alba dolens, du moins en dehors de la période asthénique, cachectique. Les cachexies — de mème que les vieilles cardiopathies — offrent des œdèmes remarquables par leur bilatéralité et leur indolence. Lorsqu'on se trouve en face de ces œdèmes on se demande où et quand a commencé la phlébite. Elle existe cependant souvent, bien que le cordon induré ne puisse ètre senti; une embolie pulmonaire vous en avertit trop tard. À côté de celles-ià il est d’autres phlébites cachectiques remarquables par l'intensité de la douleur, les phlycetènes et l’ulcération de la peau due à sa surdistension. De plus, les troubles trophiques du côté des muscles et des articulations y sont fréquents. Tout cela n’a rien de spécial à notre sujet et lorsqu'on constate tous ces désordres chez un goutteux avéré on ignore encore la part qui revient à l’uricémie. Il y a quelquefois une autre affection causale. .
Viccaji attire l’attention sur la possibilité de confon-
dre la phlébite d’un cancer de l'estomac ignoré avec