‹ Contribution à l'étude de la phlébite goutteuseChapitre 18 sur 31 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Pronostic.

Ce serait revenir sur nos pas que redire longuement l'histoire des complications de la phlébite gout‘euse. Aussi nous passerons brièvement sur ce chapitre que nous avons cru cependant nécessaire pour bien affirmer les particularités dangereuses d’une évolution variable d’un moment à l'autre.

La durée des accès phlébitiques est très incertaine. Où, d’ailleurs, trouver l'indication précise du début ou de lafin d’une affection aussi tacite, multiple et récidivante ? Toutefois notre observation I parait indiquer

la moyenne de cette durée : dix à douze jours pour la

période aiguë, puis, rétrocession progressive et complète à la fin de la troisième semaine. Il ne faut pas perdre de vue que les symptômes sont ordinairement bénins. (1)

1. Les récidives sont souvent plus graves et de plus longue durée.

La terminaison par résolution est la plus fréquente. La douleur cède d'abord, puis lædème disparait à son tour, les mouvements normaux peuvent être exécutés. Quelque temps encore on perçoit un cordon résistant, formé par la veine. Il est rare que cette induration persiste, mais les veines sous-cutanées restent dilatées et le membre demeure plus faible.

On ne peut guère citer qu'une complication, c’est l’'embolie pulmonaire. Viccaji prétend qu'elle est de règle. Mais M. Vaquez n'eut aucune peine à établir que c'était là une opinion exagérée. L'’embolie pulmonaire est un danger toujours menaçant, e le est fréquente, mais elle est loin d'annoncer toujours l'issue de la maladie. Lorsqu'elle survient, les choses se passent ainsi : le caillot, s'étendant toujours, finit par atteindre l’embranchement de la veine avec une autre veine. La violence du courant sanguin peut alors fragmenter la masse fibrineuse et emporter une parcelle du caillot au cœur droit et à l'artère pulmonaire. Il se produira quelquefois une oblitération complète et la mort presque subite en sera la conséquence. Mais souvent aussi le caillot s’émiettera et on assistera à tous les symptômes de l’infarctus pulmonaire sans que la mort arrive. Tuckwell cite un de ces cas (Voy. observ.). L’embolie pulmonaire dans la phlébite goutteuse semble moins

constamment fatale que dans les autres phlébites.

CNE

Page 1