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CHAPITRE IX

Traitement.

M. Edgar Hirtz, dans son article sur le traitement de la phlébite goutteuse du Traité de thérapeutique, pose la question de savoir si l’on peut essayer, devant une crise de goutte veineuse imminente, la méthode abortive. Il répond par l’affirmative et, pour cela faire, on devra administrer la teinture de colchique, à dose de 40 à 60 gouttes par vingt quatre heures. A côté de ce traitement abortif par l’action générale anti-goutteuse du colchique, M. Hirtz indique la méthode métastatique. Nous avons eu le bonheur d'entendre le maître nous recommander directement à nous-mêème cette pratique dont il ne parle pas dans son excellent article.

Depuis longtemps on se demande si l’on doit traiter la goutte articulaire; car cette manifestation locale a été naturellement considérée comme la plus bénigne. Et l’on a vu de très sérieux partisans de l’expectative, de l’abstention, par crainte des accidents viscéraux très graves de la goutte remontée. On pourrait envisa-

re

ser ainsi l’accident articulaire comme un pis-aller ou, plutôt, comme un exutoire sans danger, lorsque l’on croit entrevoir la menace d’une crise de goutte viscérale. Les phlébites goutteuses, nous lavons vu, quoique d’allure bénigne, sont une sérieuse menace d'embolie.

D'autre part, les crises articulaires qui se produisent naturellement dans le cours d’une phlébite goutteuse ont manifestement un rôle salutaire. Elles déplacent l'intoxication, si l’on peut ainsi dire, et les symptômes veineux ne tardent pas à régresser. L'indication serait donc de favoriser la production de cet heureux déplacement. On y arrivera souvent en appliquant une révulsion assez énergique sur le point où l'on veut obtenir la métastase ; l’action de la teinture d’iode semble particulièrement recommandable. Le lieu d'élection sera le gros orteil qui est le lieu d'élection de la diathèse ellemème dans la goutte articulaire. L'appréhension du malade, dont les souffrances lors d’un accès articulaire antérieur ont été très aiguës, seront quelquefois un obstacle qu'il faudra essayer de vaincre.

Lorsque la phlébite a débuté, peut on espérer une rétrocession ? « Non, répond M. Hirtz, et le colchique est impuissant devant la plus petite coagulation ». Néanmoins, comme il arrive quelquefois que la périphlébite existe seule, — cas rare — le traitement par le colchique pourra très efficacement agir et opérer

même la rétrocession des symptômes.

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