POULE
résolution n'ait pas été aussi complète et aussi rapide
que d'ordinaire.
Observation XI
Arthritique qoutteux hérédilaire. Phlébites spontanées des deux jambes. Marche ascendante. Rechutes et récidives.
(Dr Poulain).
M. N..., 57 ans, est un homme vigoureux à tendances
congestives. En dehors des poussées eczémateuses fréquentes, il n’a pas eu d’autres manifestations arthritiques. Jamais d’attaque de goutte.
Son père était goutteux, sa mère est atteinte du diabète.
En avril 1891, première phlébite sans cause appréciable.
Point douloureux et cordon induré sur le trajet de la veine saphène interne au niveau de la partie inférieure du mollet droit ; ascension progressive par saccades jusqu'au tiers moyen de la cuisse ; toute la portion veineuse envahie était parfaitement dessinée par une (rainée rougeâtre, large d’un centimètre environ, { as de douleurs, pas de réaction fébrile. Guérison en cinq semaines,
En janvier 1894, phlébite des veines profondes de la jambe droite, avec œdème considérable, Repos au lit pendant trois mois. Au lever, la marche était pénible, L’enflure du membre ne disparaissait pas pendant la nuit,
En juin 1894, nouvelle manifestation douloureuse sans cause
— 81 — connue et induration en avant de la malléole interne du pied gauche. Dans l'intervalle d'un mois, cinq poussées se succédèrent, en élage, depuis le premier point envahi jusqu'au tiers moyen du mollet. Pas d'œdème. Séjour au litpendant deux mois et consécutivement impotence fonctionnelle très accentuée.
Au début du traitement, en septembre 1894, M. N..., accuse les troubles fonctionnels suivants : le membre inférieur droit est constamment froid, la marche n’est possible qu'avec des béquilles, la jambe droite est en poteau, les saillies malléolaires sont à peine sensibles, Tout le membre, depuis le pied jusqu'au genou, est bleui en maints endroits et couvert de veinules dilatées. A gauche, on trouve facilement les indurations dont nous venons de parler. Il n'existe pas d'æœdème.
Après trente-cinq bains, le malade constate une amélioration
considérable, L’œdème a presque complètement disparu ; Ja
marche, quoique limitée, n’est nullement pénible; la sensation permanente du froid n'existe plus. Les dilatations veineuses superficielles sont beaucoup moins appréciables,
Deux saisons successives en 1895 et 1896 procurent une gué-
rison complète.
Remarques. — La diathèse arthritique est donc bien une tare indélébile, puisque ses manifestations les plus variées, comme l’eczéma, le diabète et la goutte, peuvent atteindre les membres d’une même famille.
Bien mieux, l’une de ces manifestations : la goutte,
peut ètre transmise à un descendant sans que celui-ci Duc. 6
an ES
s'en aperçoive de longtemps. La goutte peut rester larvée, comme l’a si bien démontré Rendu.
L'ascension progressive de la phlébite goutteuse est prise sur le fait.
La traînée rougetre si nettement dessinée, plaide un peu en faveur de la périphlébite ; il n'y aurait pas lieu d'en être surpris, puisque cette périphlébite est d'une extrème fréquence.
Pas de douleurs, pas de réaction fébrile. — Tout se passe sournoisement. Nous avons insisté, en étudiant l'aspect clinique, sur cette évolution parfois surprenante.
Et comme cette observation permet bien de caractériser la marche par poussées et par étages de la phlegmasie veineuse ! L'absence d'æœdème estégalement remar. quable et confirmeles opinions connues sur la bénignité des symptômes.
Le séjour au lit, pendant deux mois, paraît avoir favorisé des troubles circulatoires considérables dont: témoignent la sensation continuelle de froid et l’appa-
rition de nombreuses veinosités.
Observation XII
Arthritique qoutteux héréditaire, — Phlébite des petites veines de la partie postérieure du mollet. — Rechute., — Varices consécutives (D' Poulain).
M. D... âgé de 45 ans, n’a jamais présenté d’attaque de
goutte, ses antécédents personnels sont absolument nuls, en
dehors d’un psoriasis généralisé survenu à l’âge de 22 ans. Il n'existe pas de varices. Son père était goutteux, sa mère rhumatisante chronique, avec des varices très développées à la jambe gauche,
En mars 1894, attaque de phlébite sans cause connue.
Localisation de la douleur à la partie postérieure du mollet droit dans les pelites veines, tributaires de la saphène externe,
Malgré la douleur qui était particulièrement violente pendant l’ascension d’un escalier, M. D... continua son genre de vie habituel.
Au bout de huit jours, il dut garder lelit ; il existait alors un peu d’œdème péri-malléolaire, la douleur était beaucoup plus vive, elle se manifestait même au repos.
Le lendemain, on constatait, outre l’enflure du membre, existence d’un cordon induré sur tout le trajet de la veine saphène externe, depuis le tiers moyen du mollet jusqu’à la partie postérieure du genou.
Après un repos au lit de quarante jours, M. D.., put se lever et marcher avec des béquilles dans son appartement, La jambe était lourde et l'œdème reparaissait chaque soir au pourtour des malléoles.
C’est dans ces conditions que M. D.., vient suivre un traitement à Bagnoles en juillet 1894.
A l’arrivée, nous constatons d’abord une augmentation légère du volume du membre, particulièrement nette au niveau du mollet, et aussi, l'existence de varices sur toute la partie postérieure de la jambe. depuis les malléoles jusqu’au genou.
Le malade nous déclare alors que ces varices ont remplacé
Eye en partie les peliles veines primitivement envahies par la phlébite. Il existe un cordon induré sur tout le trajet de la saphène externe.
Après une série de trente bains, l’ædème a totalement disparu la marche est facile avec l’aide d’une canne.
Les dilatations veineuses superficielles qui étaient très appré-
ciables au début, sont à peine sensibles, le cordon induré a
considérablement diminué,
Remarques.— Cette observation est, elle aussi, intéressante à cause de la détermination phlébitique à type essentiellement goutteux, chez un malade n'ayant jamais présenté d'attaques de goutte. Mais le père du sujet était affligé de la diathèse goutteuse. Paget signale bien, en effet, des cas de ces phlébites constitutionnelles chez les héréditaires. Notons aussi ce psoriasis généralisé qui est l'indice de l’arthritisme du sujet.
Ici la douleur était violente ; nous avons signalé cette grande variabilité dans les manifestations de la souffrance et les causes mécaniques qui la réveillent. La phlébite débute par les veines superficielles tributaires de la saphène externe, et ces tipetes veines sont devenues variqueuses dans la suite et atteintes de phlébo-selérose. Nous avons énoncé la possibilité de ce fait, dans le chapitre du pronostic.
La phlébite était résolutive, comme dans les cas nor-
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* Une petite exception aux cas communs : l'œdème
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D avait-il une histoire variqueuse où cardio-rénale mal
Co reparaissait chaque soir. Peut-être y. 7 SR
élucidée.
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