‹ Contribution à l'Étude de la Phlébite PneumoniqueChapitre 12 sur 24 · LA SA · texte numérisé non relu

LA SA

Le début de sa maladie remonte à six jours; il na pas été très violent ; il n'y a pas eu de grand frisson, mais une série de petits frissons. Le point de côté est venu quelques heures après. Il siège au-dessous du mamelon gauche. Depuis lors. fièvre, toux quinteuse, expectoration caractéristique.

A son entrée, signes physiques indiquant une hépatisation de la moitié inférieure du poumon gauche, Température 4095. Dés le lendemain. la température commence à s'abaisser progressivement.

Le 24 matin, 3906.

Le 25 matin, 3904.

Le 26 matin. 3%.

Chacun des soirs des jours que je viens d'indiquer, il y a quatre dixièmes de plus que le matin correspondant.

Le 27 matin, défervescence, la température tombe à 37 ; mais, le 25 au soir, il y avait eu une recrudescence critique. L'interne de garde a trouvé le malade très oppressé et a appliqué une grande ventouse de Junot sur le membre inférieur droit.

Les jours suivants, l’état du malade est fort satisfaisant ; la température est normale. Localement la résolution se fait lentement; le souffle tubaire persiste ainsi que la matité. Il y a peu de râles de retour.

Le 30 au matin, c’est-à-dire érois jours pleins après le &ébut de la défervescence, le malade accuse à la visite une douleur dans le ventre qui s’est portée vers la cuisse gauche, surtout vers le canal crural. La cuisse est tuméfiée et dure ; il y a augmentation de la chaleur et coloration de la peau. À la jambe et au pied, l’œdème est mou et n’a pas les caractères d’un œdème inflammatoire.

Par précaution, on n’a pas palpé la région inguinale, siège de la douleur. Cette complication a été traitée par la position du membre et des cataplasmes recouverts d'onguent napolitain.

Le 18 décembre, la tuméfaction avait disparu.

Quant à la cause de la thrombose dans la veine fémorale qui s'élevait peut-être dans la veine iliaque, elle est inconnue. Le Le malade avait été purgé trois jours avant et n'avait pas été constipé pendant le cours de la maladie, plus que ne le sont les pneumoniques. Je rappelle que la ventouse de Junod avait été appliquée du côté droit.

Le malade était très coloré et en apparence un peu sanguin : cependant la numération des giobules qui a été pratiquée le 25 novembre a montré seulement 3.800.000 globules rouges et 14.000 globules blancs (appareil de Malassey).

Le 27, c'est-à-dire deux jours après, on a pratiqué la numération des globules blancs, ceux-là n'étaient pas en plus grand nombre que la veille.

OBsERVATION VIII

(Thèse de Valette.)

Pneumonie lombaire gauche aiguë. Mort subite par embolie pulmonaire droite pendant la convalescence.

Un mois avant son entrée à l’hôpital, ce malade avait eu un rhume violent. Il crachait abondamment.

Le 3 janvier, en se levant, il fut pris d'un point de côté très douloureux, siégeant à gauche, d’un grand frisson, de vomissements et de vertiges qui l’obligent à garder le lit.

Ce même jour et les trois jours suivants il eut des épistaxis répétées mais peu abondantes. Cet état nécessite son entrée à l'hôpital le 5 janvier.

Le 6, jour de l’examen du malade, on trouvait dans le vase de nombreux crachats rouillés. La respiration était anxieuse et rapide, la face colorée et la fièvre très élevée, 39° le matin et 419 le soir.

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A la percussion, matité du côté gauche.

A la palpation on constatait que les vibrations thoraciques étaient à peu près normales sinon diminuées du même côté.

Le poumon droit respirait mal dans toute son étendue. À l’auscultation du poumon gauche on trouvait du souffle tubaire néanmoins peu accentué.

Diagnostie. — Pneumonie gauche. Congestion pulmonaire généralisée.

Traitement. — Sulfate de quinine 1 gr. 50 ; potion à l'extrait mou de quinquina; ventouses sèches et dès le début quelques ventouses scarifiées pour combaltre la douleur du point de côté.

Les jours suivants la maladie poursuit son évolution. Du? au 9, une défervescence progressive incomplète survient. Depuis ce moment la température oscille entre 37° et 38°. Amélioration considérable dans l’état général. Cependant, à l’auscultation, le samedi 15 janvier, les signes physiques de la pneumonie persistaient encore {souffle, matité. diminution des vibrations thoraciques plus évidente que le premier jour.;

Le dimanche 15, les vibrations étaient presque nulles. Elles n’ont jamais été augmentées pendant tout le cours de la maladie. Dès le début on les a trouvées égales et même un peu diminuées, et dans les derniers temps très affaiblies et presque nulles.

I existait aussi de la broncho-égophonie, Le souffle était plus doux que le souffle pneumonique.

Dans le poumon droit la respiration se faisait mieux que les jours précédents, mais elle n'avait pas les caractères de la respiration supplémentaire. Les crachats étaient toujours abondants, un peu purulents el rayés de stries sanguinolentes.

Le dimanche matin le malade se sentait très bien : le soir il s'endort très paisiblement à une heure du matin. Le lundi 17, l'infirmier de garde est appelé auprès de son lit. L..., se plaint d’étouffer et crie : ( J'étouffe ! J’étouffe ! On applique des sinapismes et cinq minutes après l’arrivée de l'interne le malade expire, la face pâle, 14 physionomie tranquille.

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- Autopsie. — Le 18 janvier, à l’autopsie, on constate qu il existe dans les deux poumons, au sommet, à la base et au niveau du diaphragme, des adhérences pleurétiques ne constituant pas une symphyse. mais simplement des attaches de 2 à 3 centimetres de longueur.

Examen des organes : Poumon gauche. — Symphyse presque compléte des deux lobes. La partie antéro supérieure du lobe supérieur paraît normale ; sur des sections transversales de ce poumon on remarque que le lobe inférieur et le lobe supérieur dans une assez grande étendue sont durs, colorés en rouge brun, ne crépitent plus. c'est-à-dire sont encore en état de pneumonie. La surface du poumon est lisse : beaucoup de lobules sont colorés, hémorragiques même ; quelques-uns sont plus päles. Dans toutes les parties du poumon qui crépitent, il existe une coloration d'un rouge vif, preuve d’une congestion pulmonaire intense. Les bronches et les artères sont libres. La plèvre renferme de 120 à 150 grammes de sérosité sanguinolente.

Poumon droit. —- En détachant le poumon droit, on rencontre, à la section de l’artère pulmonaire, au niveau du hile, un énorme caillot sanguin oblitérant l'artère pulmonaire et ses principales branches. En sectionnant transversalement ce caillot, on voit qu’il est formé d’une concrétion sanguine roulée sur ellemêfne et composée d'une masse cruorique centrale et d’une lame de fibrine phériphérique. Tout lé parenchyme pulmonaire est d’un rouge vif, fortement congestionné et crépitant encore.

Cœur droit : ventricule. — En ouvrant le ventricule droit on trouve un gros eaillot en boudin cylindrique n'ayant aucune adhérence ni aucune intrication dans les piliers; couché dans le ventricule au niveau de l'artère pulmonaire et se prolongeant jusqu’au hile du poumon droit. [l n'y a pas d'autre caillot dans les piliers et le ventricule droit ne renferme qu un-peu de sang. Il est donc certain que ce caillot ne s’est pas formé dans le ventricule, mais qu'il y a été transporté. La section transversale nous le montre formé comme celui du hile du poumon qui n’en est qu'un fragment, d’une masse eruorique centrale et

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d'une lame de fibrine périphérique, de couleur grisâtre parais-

sant plus ancienne.

Oreillette. — Rien d’anormal.

Cœur gauche. — Intact.

Veine cave. — En poursuivant la dissection de ce vaisseau

on trouve à la bifurcation des deux veines iliaques un caillot cruorique exactement construit sur le même type que celui du cœur droit. La périphérie est faite de fibrine un peu décolorée et le centre de sang brunâtre, comme si le caillot avait été formé par une couche périphérique intra-vineuse un peu ancienne;, ayant déterminé une coagulation sanguine centrale plus récente. L'apparence des tuniques des deux veines est sensiblement la même, etl’examen histologique est nécessaire pour démontrer s’il y à endophlébite. Ce fait, d'une concrétion sanguine récente, ou datant d'un jour ou deux, n'avait donné lieu à aucun symptôme pouvant faire mettre sur la voie de la thrombose des deux veines, iliaques (pas de douleur, pas d ædème, pas de troubles de la circulation.)

Reins : Congestionnés mais sains.

Foie : Rouge très congestionné.

Rate : Grosse, assez consistante.

OBSERVATION IX Vulpian in thèse Valette.

Pneumonie principale du côté droit. Thrombose du même côté

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