‹ Contribution à l'Étude de la Phlébite PneumoniqueChapitre 14 sur 24 · DE TO · texte numérisé non relu

DE TO

Depuis le 15 jusqu'au 20 juin, la malade alla mieux, à partir de cette époque elle alla plus mal: grande faiblesse; muguet sur les parois des joues et sur la langue ; sensation de vive cuisson du creux épigastrique augmentée par l’ingestion des aliments et des boissons.

Le 9 juillet rien ne paraissait cependant annoncer sa fin imminente.

Le 10 au matin elle se lève pour aller à sa chaise percée, se recouche et meurt immédiatement.

Autopsie. — Le 11 juillet 24 heures après la mort.

C'avité cränienne. — Pas de lésions de la dure nère ni du crâne. Poids de l’encéphale. 1.080 grammes.

Un coup d'œil superficiel jeté à la surface de l’encéphale n’y fait découvrir aucune lésion apparente. Les vaisseaux de la base sont fortement athéromateux. On enlève la portion des hémisphères qui recouvre les véntricules et sur la surface des coupes on ne voit aucune lacune ni aucune autre lésion. Plusieurs petites lacunes dans les deux corps striés, mais pas de grande cavité.

Rien dans les couches optiques.

Une petite lacune de volume d’un grain de chénevis dans la protubérance annulaire à droite de la ligne médiane et à peu près au milieu de l'épaisseur et de la longueur de la protubérance. Ov coupe et on recoupe en tous sens les ANeEEeS parties de l’encephale, et on ne trouve rien.

: Poumon droit. — Vaste [pneumonie, occupant à peu près tout le lobe moyen et presque tout le lobe supérieur et une partie du lobe inférieur. Cette pneumonie est granuleuse, d’une teinte grisâtre ; mais on voit qu elle n'est pas franchement passée à la suppuration.Dans le lobe supérieur,deux ou troiscavernules entourées d’un tissu grisâtre, induré, carnifié, véritable pneumonie chronique.

Poumon gauche. —- On trouve le quart supérieur également carnifié, résistant, pneumonie chronique au milieu de laquelle se voient plusieurs petits tubercules grisâätres assez nombreux ;

TES A de volume égal, placés à des distances presque égales les unes des autres.

Cœur. — Plaque laiteuse sur la face antérieure du péricarde .

viscéral ; le cœur a un volume un peu plus considérable que le cœur normal ; pas d’hypertrophie notable des parois : calcification des valvules aortiques sans rétrécissement prononcé.

Apparel circulatoire. — L’aorte était altérée à un point tel que M. Vulpian ne l'avait jamais vu aussi malade ; dans l'aorte descendante, près de l’origine des gros vaisseaux de la tête et des bras, il y avait un amas de matière athéromateuse, sèche, à nu dans l'intérieur du vaisseau ou recouverte encore dans une partie de son étendue, par des débris de la membrane interne, irrégulièrement calcifiée. Puis, dans toute la longueur de l'aorte thoracique.on trouve presque toute la surface interne du vaisseau inégale repoussée par des dépôts athéromateux ou des calcifications, dans certains points des ulcérations commencent à se former.

L'altération de l'aorte ne fait que croître dans la portion abdominale : là, ce sont de grandes plaques de calcifications, d’épais dépôts athéromateux tout à fait ramollis, dont les uns sont encore recouverts de la membrane interne et dont les autres sont mis à nu par de vastes ulcérations. La paroi aortique affaiblie en certains points par ces malformations morbides a commencé à céder et à former de légères dilatations.

Dans un grand nombre d’endroits la matière athéromateuse a pris une teinte noirâtre. Calcifications, athéromes dans presque toute la surface interne des artères iliaque et crurale.

Dans la branche supérieure de l'artère pulmonaire droite (côté correspondant à la pneumonie), on trouve un caillot adhérent à la paroi, évidemment ancien, ayant une teinte gris rougeâtre et un aspeet un peu grenu ; du côté qui regarde le cœur, ce caillot se termine par une tête libre et lisse d'une teinte gris jaunâtre ; sa forme est hémisphérique un peu allongée ; la palpation y fait percevoir une fluctuation du faux pus liquide, visqueux, gris, un peu verdâtre.

Mo ES

La paroi qui l'entoure est très mince. L’artère pulmonaire au niveau des points d’adhérence de ce caillot, ne présente qu'une très légère alteration, un peu de rougeur. |

Dans la branche inférieure de l’artère pulmonaire droite, il y a encore un caillot, non tout à fait récent, mais de date cerlainement bien moins ancienne que le précédent ; il est encore rouge, commence pourtant à se décolorer ; mais il n'a pas encore l'aspect désagrégé de l’autre caillot. Il n'offre pas de poche hystique.

OBsERvATION XI (Résumée).

(Communiquée par M. Hayem, in Thèse d'agrégation - de Troisier.)

Pleuro-preumonie. Phlegmatia alba dolens. Guérison.

X..., 24 ans, garçon de cuisine, entre le 26 octobre 1874 à l'hôpital de la Charité, dans la salle Saint-Jean-de-Dieu, n° 16.

Cet homme n’a jamais été malade dans sa jeunesse.

Deux atteintes de rhumatisme articulaire subaigu, l’uneen juin, l’autre en octobre 1874. Amélioration.

Le 22 octobre au matin, il ressentit tout à coup un point de côté très violent siégeant dans la région thoracique droite, puis, dans la soirée, il fut saisi d’un frisson violent. Depuis ce moment, il resta couché!

A son entrée à l'hôpital, on constata l'existence d’une pleuropneumonie du côté droit, caractérisée par des râles sous-crépitants au sommet, de la matité et de l’égophonie à la base : du côté gauche, on ne trouvaitque quelques râles sous-crépitants ; à la pointe du cœur, on entendait un bruit de souffle systolique.

Le 27, il s'est formé un peu d'épanchement dans la plèvre gauche. On constate de ce côté de la matité et de l’égophonie.

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