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CHAPITRE II

La Photosensibilisation en pathologie humaine

L'analyse des faits rapportés par l’observation elinique humaine et vétérinaire démontre l'existence d’un bon nombre d’affections qui toutes témoignent d’une aptitude particulière de l’organisme à réagir à des doses lumineuses habituellement sans effet. Les nombreux travaux suscités par ces constatations ont montré que ces faits sont moins disparates qu’il ne semble tout d’abord et relèvent d’une commune origine : la photosensibilisation.

Chez l’homme, comme chez les animaux domestiques, la sensibilisation à la lumière se traduit par une aptitude toute particulière à organiser des accidents locaux érythémateux très analogues à ceux du coup de soleil, des accidents généraux toxiques et des accidents de dermatite aiguë secondaire associés ou non

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aux précédents, cela dans des conditions d'exposition à la lumière qui d'ordinaire ne déterminent aucune manifestation locale ou générale. L’analyse attentive des conditions qui se trouvent réunies chez un individu présentant des accidents de sensibilisation à la lumière, . au moment où se produisent ces accidents, a permis de distinguer

A) des accidents exogènes provoqués accidentellement ou thérapeutiquement par voie humorale ou par voie cutanée ;

B) des accidents endogènes où spontanés.

À) Sensibilisations exogènes

Dans cette forme de sensibilisation, l’abaissement du seuil de la photosensibilité est provoqué par lintroduction dans l’organisme d’un photocatalyseur et peut avoir lieu par voie humorale ou par voie cutanée.

1° PAR VOIE HUMORALE. — Dans cette catégorie de sensibilisation rentrent les hccidents observés chez des individus qui ont ingéré dans un but thérapeutique ou accidentellement certains produits colorants, ou chez lesquels on à pratiqué des injections intracirculatoires de ces mêmes substances colorantes.

a) Le photosensibilisateur peut donc être introduit par voie digestive, et passer dans le torrent circulatoire, après avoir traversé l’épithélium intestinal et le filtre hépatique sans être détruit et venir imprégner les tissus.

C’est suivant ce processus qu’ont eu lieu les acci-

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dents d’érythème et d’œdème cutanés des régions exposées à la lumière, observés par Prime, en Alle- magne, sur des épileptiques auxquels il administrait par la bouche des doses progressives non toxiques d’éosine, colorant fluorescent. Il semble bien aussi qu’on doive attribuer à une sensibilisation exogène les accidents toxiques et cutanés provoqués par l’ingestion de certains anesthésiques (sulfonal, véronal). Ces produits de la série barbiturique provoquent de l’hématoporphyrinurie. Le toxique se fixe sur le sang et les hématies produisant l’hémolyse et fait apparaître par désintégration de l’hémoglobine l’hématoporphyrine (Fabre et Simonnet). C’est aussi à la .photosensibilisation qu’il faut rapporter les accidents cutanés de l’arsenicisme, Dumas à signalé l’exanthème dû à la quinine après exposition au soleil, le bleu de méthylène pourrait également produire des accidents de même nature.

Enfin la pellagre humaine est en relation nette avec l’activité solaire, aussi différents auteurs ont émis la séduisante théorie d’une sensibilisation du malade à la lumière consécutive à l’ingestion de maïs : La maladie apparaît en effet au printemps, l’érythème rouge sombre siège toujours sur les parties découvertes qui se pigmentent, desquament et sont le siège de troubles trophiques. Raubitschek et Horbaczewski nourrissant des souris avec du maïs ont provoqué des lésions cutanées qui survinrent après l’exposition au «soleil et guérirent à l’obscurité. De plus, l'extrait alcoolique de maïs possède des propriétés fluorescentes. | ;

Quoique tous ces arguments plaident en faveur de

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la précédente hypothèse, la certitude n’est pas acquise encore et «la maladie solaire qu’est la pellagre n ’est pas à coup sûr la conséquence d’une photosensibilisation démontrée » (Jausion).

b) Le photosensibilisateur peut être introduit par voie parentérale surtout endoveineuse. — L'introduction de la trypaflavine ou gonacrine en thérapeutique a appelé l’attention sur les.« coups de lumière » auxquels les dérivés accridiniques fluorescents exposent les malades. Le Professeur Jausion, le Docteur Marceron, dans de remarquables travaux, ont apporté sur ce sujet des données d’une grande précision qui ont suscité de nombreuses et fécondes recherches sur la sensibilisation à la lumière (Guillaume).

Ces auteurs traitant par la gonacrine une série. de militaires atteints de blennoragie, ont constaté chez ces sujets la production d’un état de sensibilité extrême à la lumière, se traduisant par l’apparition de lésions cutanées érythémateuses au niveau des régions découvertes, sous l’influence de doses infimes de lumière. Ces & coups de soleil acridiniques » ont été bien étudiés par Marceron qui a constaté « que l’injection intraveineuse de gonacrine abaisse le € seuil de l’érythème et celui de la vésication, et qu’à (la suite d’injections répétées de gonacrine la sen- « sibilité à la lumière va en s’accentuant, témoignant « d’une imprégnation par la teinture et d’un pro- (cessus daddition des phénomènes de photosensibi. @ lisation ».

Jausion et Marceron ont noté que la courbe d’évolution de la photosensibilité acridinique est en paral-

lélisme complet avec la courbe d’élimination rénale du colorant, ce qui concorde avec les observations de médecins étrangers concernant d’autres dérivés acri- . diniques. Ils ont constaté que la péau se colore fortement en jaune et reste colorée pendant 48 heures, que les colorants pénètrent dans les liquides de l’œdème. - Quoiqu'il soit dangereux de généraliser des notions de connaissance trop. récente, il faut, semble-t-il, rapprocher de ces faits les accidents toxiques observés à la suite de la pénétration dans l’organisme d’autres teintures employées en thérapeutique anti-infectieuse ou dans l’industrie (dérivés de l’aniline et de l’acridine). :

2° PAR VOIE CUTANÉE. — Les faits de cet ordre constituent la photosensibilisation transcutanée (Jausion) ; dans ce cas la substance photodynamique est déposée à la surface des téguments exposés à la lumière.

Lewin a décrit des accidents dus au goudron de houille. Dans une usine où ils maniaient des câbles enduits de goudron, les ouvriers se plaignaient de brûlures et de prurit du visage, du cou et des mains, les lésions érythémateuses se compliquant dans certains cas d’ulcérations.

Herxeimer et Nathan ont observé la production d’une dermatite vésiculeuse, après badigeonnage des téguments avec une préparation goudronnée et seulement dans les parties exposées à la lumière.

Dans le goudron et ses dérivés deux substances ont été incriminées : l’arsenic et la trypañlavine. Jausion et Guillaume ont d’ailleurs pu observer quelques

accidents consécutifs à l'application de pommades à l’acridine.

Il vient naturellement à l’idée de rapprocher ces affections du cancer du goudron; en fait l’association du goudron et de la lumière détermine à la longue certaines lésions précancéreuses et même cancéreuses, aussi n'est-il pas illogique de penser que la photosensibilisation morbide ou accidentelle puisse jouer un rôle dans la genèse de certains cancers.

Outre le goudron, de nombreux produits fluores- cents et riches en carbures cycliques ont été accusés

d'accidents de sensibilisation à la lumière, tels sont la vaseline, les huiles de graissage.….

B) Sensibilisations endogènes

La connaissance des accidents précédents à attire l'attention des chercheurs sur certains faits d’observation fréquente, qui témoignent de l’existence d’une sensibilité tout à fait anormale vis-à-vis des radiations lumineusés. Mais les plus patientes investigations n’ont pas permis de reconnaître une cause exogène à cette hypersensibilité. Toutefois, si dans la plupart des maladies classées par les auteurs sous la rubrique de photosensibilisation spontanée l'agent photodynamique est inconnu, il est quelques affections où la ténacité des chercheurs a pu le déceler.

; cette maladie supposerait une fragilité hémoglobique quasi constitutionnélle d’où résulte le clivage de la

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C’est le cas de l’hématoporphyrinurie spontanée ;

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