‹ Contribution à l'Étude de la Photosensibilisation: Chez les AnimauxChapitre 20 sur 26 · CHEZ LE CHEVAL · texte numérisé non relu

CHEZ LE CHEVAL

. L’intoxication par le Millepertuis à été maintes fois signalée tant en France qu’à l’étranger ; elle se traduit encore par des manifestations cutanées, nerveuses et digestives qui, selon le Docteur Richert, constituent le syndrôme pellagreux. Paugoué, en 1861, a fait connaître de graves accidents chez deux juments per: cheronnes marquées de ladre, qui avaient consommé de la luzerne contenant du Millepertuis. Hypericum maculatum et Hyp. perforatum ont été incriminés par Chesnut en 1899 dans l’empoisonnement de cinq àhevaux qui avaient mangé du foin en contenant we notable proportion, l’un des cinq succomba.

En 1913, le Professeur Henry communique à la Société Centrale de Médecine vétérinaire une observation inédite de M. Richert, relatant des accidents dûs au Millepertuis, qu’il rapporte à leur véritable cause: la photosensibilisation. Bien mieux, dans une claire vision synthétique, il envisage déjà la généralité du phénomène: « Il est fort probable d’ailleurs, dit-il, que la très curieuse action photopathogène des Millepertuis et celle du Sarrasin ne sont que des cas particuliers d’un phénomène beaucoup plus général. »

Depuis, le Docteur Richert a attaché son nom à l’étude de ces accidents par d'importants travaux ; dans une thèse remarquable il à montré les rapports étroits qui unissent la Pellagre humaine au fagopyrisme et autres phénomènes de photosensibilisation qu’il groupe sous l’appellation de Pellagres animales.

Après l’ingestion de Millepertuis en quantité con-

venable, au bout de cinq, huit, quinze jours et plus, lorsqu'on expose les animaux à la lumière on note l'existence de vives démangeaisons au niveau des régions à peau fine et dépigmentée; les sujets qui présentent des balzanes piétinent sur place, ceux dont la face est tachée de ladre agitent constamment la tête dans un mouvement d’encenser anormal. L’examen des surfaces prurigineuses (listes, pelotes, balzanes) les montre rouge lie-de-vin et hyperesthésiées, cet érythème est suvi bientôt d’un volumineux engorgement: le chanfrein est épais et tendu, les paupières sont œdématiées, les narines représentent des bourrelets tuméfiés qui gênent la respiration. Les malades frappent leurs lèvres gonflées l’une contre l’autre et, pris d’un irrésistible besoin de se gratter, ils se frottent sur tous les objets avoisinants: sur le bout des limons s'ils sont attelés ou sur leurs voisins; tant impérieux est ce besoin que certains sont pris d’une véritable fureur si on les empêche de le satisfaire. Ces frottements produisent des plaies et des excoriations nombreuses ; la peau peu à peu s’épaissit, devient dure et craquelée se recouvrant de croûtes grisâtres. Les animaux cherchent à se soustraire à la cause de leur tourment, et si on les maintient au soleil ils peuvent éprouver une excitation telle qu’on les croit devenus furieux, et ils donnent des coups de pied du devant. D’autres fois les malades, frappés d’hébétude, refusent d'avancer ou de reculer, ou bien ils ont une démarche chancelante, vacillent du train postérieur. Richert à signalé un cas curieux de hoquet chez un cheval, dû au spasme diaphragmatique. Dans ces cas

graves, l’inappétence est totale et l’on peut constater lPexistence d’une stomatite ulcéreuse, les fonctions auditive et visuelle sont presque abolies et l’animal Succombe plus ou moins vite dans le coma. Le plus souvent les chevaux sont conduits à l’écurie, et dans l’obscurité bienfaisante, tout rentre rapidement dans Pordre. Aussi le pronostic de la maladie est-il bénin au début, on à cependant signalé des complications graves de nécrose cutanée et de lymphangite.

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La sémiologie de l’affection est tout à fait superposable à ce qui précède, toutefois, la tuméfaction se montre moins intense, peut-être en raison de l’épaisseur de la peau. En France, des accidents dûs à A. perforatum, ont été signalés par Bigoteau, Ray, Richert, tandis qu’à l’étranger semblables manifestations ont été observées par Kühn, Hutyra et Marek, Chesnut, Dodd.

Chesnut écrit que l’Herbe de la Saint-Jean cause une éruption fâcheuse sur les mamelles et sur les membres des vaches lorsque ces régions sont dépigmentées. Un autre Américain, Dodd, à constaté de véritables chutes de peau au niveau des parties claires de la robe. Enfin Richert signale chez une vache noirpie, ayant la tête complètement blanche et le mufle ladre, l’enflure du nez et des lèvres accompagnée de ptyalisme, après ingestion de Millepertuis. Fait intéressant, cette vache, d’ordinaire en stabulation permanente, mwallait aux champs que depuis cinq jours lorsque les premiers symptômes apparurent,

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