‹ Contribution à l'Étude de la Photosensibilisation: Chez les AnimauxChapitre 24 sur 26 · ADI · texte numérisé non relu

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V. Henri, en 1912, dans les expériences que nous avons rapportées ailleurs à mis en lumière un fait très intéressant: sous le contrôle de l’ultra-microscope, il a noté que les microorganismes absorbent des particules de sélénium de la solution colloïdale dans leurs vacuoles, et que seuls étaient détruits par la lumière les animalcules qui avaient ainsi ere le sensibilisateur à leurs tissus.

De même en ce qui concerne l’homme, Guillaume à montré que l’actinite de sensibilisation localisée aux téguments ne survient que si le photocatalyseur est introduit au contact des cellules du corps muqueux de Malpighi soit par une Âmprégnation directe après décapage, soit par pénétration dans le milieu humoral.

Après décapage de la couche cornée de l’épiderme en certains points du tégument, il fait pénétrer dans le corps muqueux un peu d’une solution de gonacrine, et après une attente d’une heure, il soumet les régions préparées à l’action des radiations lumineuses solaires ou artificielles. I1 à constaté que les parties imprégnées directement par des colorants et soumises à l’action de la lumière étaient le siège d’une actinite très franche et cela après un temps d'exposition assez court; alors que les zones non décapées ne présentaient aucune réaction d’actinite qu’elles fussent colorées où non. Aussi a-t-il pu conclure que « seule Pimprégnation du corps muqueux de Malpighi par le sensibilisateur assure la photosensibilisation.

Il s’en faut que toute substance fluorescente introduite par voie digestive arrive nécessairement et régulièrement à imprégner les cellules du corps malpighien

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de la peau; la nature semble avoir accumulé les barrières au cours de ce long trajet fonctionnel entre la cavité buccale et les téguments; la substance sensibilisatrice peut être altérée, absorbée ou détruite sous diverses influences. Après avoir cheminé dans le canal alimentaire, le corps fluorescent, s’il à réussi à supporter sans grand dommage l’action chimique des sucs digestifs, doit franchir la barrière épithéliale de l'intestin, puis traverser sans atteinte le redoutable filtre hépatique; enfin arrivé dans le milieu humoral, il lui faut encore déjouer les embûches nombreuses dressées sur son passage avant qu’il puisse venir se fixer sur la peau.

Dans d’autres cas, le photosensibilisateur peut échapper purement et simplement à toute absorption restant inclus dans les cellules végétales dont l’enveloppe cellulosique est restée intacte ; il traverse ainsi tout le tube digestif impunément pour être éliminé sans avoir déterminé aucun trouble. Tout ceci nous explique pourquoi la chlorophylle sensibilise relativement peu les animaux et l’homme qui pour tant en absorbent des quantités considérables dans les végétaux les plus divers. Sans doute n’est-elle pas ou peu absorbée, ou n’arrive-t-elle pas à forcer la barrière hépatique, car injectée par voie sous-cutanée ou endoveineuse aux animaux de laboratoire elle se conduit comme un photocatalyseur extrêmement actif.

Cette constatation nous permettra de donner une explication, hypothétique il est vrai, des troubles de photosensibilisation qui surviennent chez les animaux

L'obe après ingestion de fourrages artificiels ou administration d’extrait éthéré de fougère mâle.

Nombreuses sont donc les circonstances qui doivent être réunies pour qu’un corps fluorescent arrive à se fixer sur la peau et à sensibiliser l'organisme, aussi comprend-on que les accidents de sensibilisation exogène digestive ne soient pas plus fréquents, bien que nombreux soient les corps fluorescents introduits dans l’organisme sous forme alimentaire ou médi

camenteuse.

2° Les radiations actives

Les faits de photosensibilisation et les maladies qui sont la conséquence de cet état anormal de sensibilité à la lumière étaient, jusqu’à ces dernières années, interprétés comme le résultat d’une sensibilité toute particulière aux radiations ultra-violettes : on admettait que la présence, du photocatalyseur augmentait lPaction des radiations habituellement actives, en l’espèce les U. V. L'analyse attentive des accidents Ssymptomatiques de la photosensibilisation montre, en effet, qu’ils se présentent dans leur ensemble avec des caractères cliniques analogues, sinon identiques, à ceux des accidents cansés par les rayons actiniques.

Pourtant ce n’est pas les U. V. qu’on doit incriminer. C’est ce que prouve l’analyse des résultats expérimentaux, c’est ce qu'indique l’étude serrée des faits .

cliniques, c’est ce qu'a démontré le premier le Docteur Guillaume dans de remarquables expériences.

L'emploi des sensibilisateurs en photographie a. nous l’avons vu, pour effet de sensibiliser. les plaques, non aux U. V., pour lesquels l’émulsion à une sensibilité maxima, mais d’abaisser le seuil de la sensibilité de l’émulsion pour d’autres radiations de plus grandes longueurs d’onde qui ne l’impressionnaient pas auparavant.

En est-il de même en biologie? Les expériences de Dreyer le font présumer: des infusoires du genre Nassula sensibilisés par l’érythrosine sont exposés à un rayonnement d’arc filtré; ils sont tués en 10 secondes, aussi bien par tout le rayonnement traversant le quartz que par celui que laisse passer le verre ou une solution de bichromate de potassium. Or non sensibilisés, il faut dans les mêmes conditions 100 secon-. des, 9 et 10 minutes pour les détruire. Donc sous l’effet de l’érythrosine, les infusoires sont tués par

les rayons verts et jaunes pour lesquels leur sensibilité s’est accrue plus de 600 fois. |

Les constatations faites par Hertel sur des bacté: ries sont plus suggestives encore: certaines bactéries ne sont pas modifiées après une demi-heure d’exposition aux radiations du spectre visible; si l’on ajoute de l’éosine à leur milieu de culture, elles sont détruites en 70 à 90 secondes, et seules les radiations dont la longueur d’onde est voisine de.5.180 À. se montrent actives. Or l’étude spectroscopique des solutions d’éosine indique justemnt que cette substance absorbe électivement une grande partie dw vert et du bleu,

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c'est-à-dire les rayons situés entre 4.500 et 5.300 A environ. Ceci nous montre clairement que le pouvoir photodynamique de l’éosine est sélectif et correspond uniquement aux radiations du visible absorbées par ce colorant.

Ce que nous savons de Pabsorption des radiations par la peau permet de penser à priori que les substances sensibilisatrices ne peuvent intensifier l’absorption et par suite l’action des rayons ultra-violets, puisqu'ils sont déjà totalement absorbés par de très minces couches d’épiderme. |

Il apparaît donc comme très vraisemblable de supposer que les accidents observés après exposition à une lumière pauvre en rayons actiniques sont dûs, non aux U. V., mais à des rayons de plus grandes longueurs d’onde, qui varient d’ailleurs avec le sensibilisateur.

Guillaume à vérifié cette hypothèse d’éclatante : façon, et la curieuse observation clinique de Rathery et J. Marie prend la valeur d’une démonstration expérimentale.

Dans un hôpital de Paris, une jeune malade reçoit, plusieurs jours de suite, des injections intraveineuses de trypaflavine, composé fluorescent de l'acridine. Quelques jours plus tard, elle présente un érythème intense, exclusivement limité à l’hémiface gauche avec œdème et bouffissure de la paupière. Or cette malade était couchée dans un lit disposé de telle façon que son côté gauche se trouvait en. picine lumière, tandis que le reste de son corps était dans l’ombre, La luminosité de la salle n’influenuça nulle-

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