‹ Contribution à l'Étude de la Photosensibilisation: Chez les AnimauxChapitre 4 sur 26 · VAE · texte numérisé non relu

VAE

aqueuse et calcique, la température centrale s'élève tandis que les forces et l’appétit décroissent ; aussi ne demande-t-on un effet thérapeutique qu’à l’action con gestive, sudoripare et éliminatrice locale. Les infrarouges en application locale calment les douleurs névralgiques, activent la prolifération cellulaire et provoquent la phagocytose. Les résultats expérimentaux de Benoît et Heilbronner, de Pech et Ramain, de Guillaume montrent que l’irradiation I. R. faite en même temps ou après l’exposition aux radiations cour: tes atténue l’intensité et la gravité des désordres cutanés. Il se produit un raccourcissement du temps de latence de l’érythème secondaire, avec abréviation de la durée et diminution de l’intensité de la lésion locale. Cet effet atténuant des I. R. sur les U. V., selon Guillaume, n’est pas lié à un antagonisme physique de ces rayons, mais est la conséquence d’un antagonisme indirect dû à l’effet vaso-dilatateur local des rayons longs, qui assure une élimination plus rapide des produits toxiques nés de l’atteinte cutanée par les U. V. Cette action des I. R. nous explique que le coup de soleil soit si fréquent et si grave aux altitudes élevées, sur l’eau ou au bord de l’eau : dans ces conditions, le refroidissement provoque une vaso-constriction péri. phérique.

Dans ces cas la chaleur rayonnante joue à l’égard de l’organisme un rôle protecteur ; il n’en est pas toujours ainsi, et chacun sait, que lorsque l’irradiation se fait trop intense ou dure trop, la chaleur peut créer des lésions qui vont depuis le simple érythème jusqu’à l’escharification, en passant par toutes les variétés de

brûlures. Nous ne nous étendrons pas sur la description de ces lésions, mais nous signalerons les accidents généraux qui peuvent se produire au cours de brûlures étendues. Leur pathogénie à été fort discutée, il semble qu’ils résultent d’une intoxication de l’organisme par des substances parties du foyer mortifié. - Cependant, comme on n’a jamais pu isoler ces substances, il semble bien qu’on doive admettre la théorie de M. A. Lumière, selon laquelle ces accidents relèvent de précipitations plasmatiques par mélange de colloïdes. La chaleur rayonnante peut entraîner des accidents généraux sans lésions locales, connus sous le nom d’insolation ou coup de chaleur : le plus souvent, le sujet éprouve une sensation de faiblesse, il a du vertige accompagné de gêne respiratoire, la face est couverte de sueur, le cœur est bondissant; d’autres fois, sans prodrôme bien net le sujet pâlit, perd connaissance et la mort peut survenir rapidement; mais le plus fréquemment l’état syncopal est annoncé par les signes cités plus haut. Ces accidents graves sont favorisés par la fatigue, les infections, les excès alimentaires. Comme les premiers, ils semblent dûs à la résorption dans le milieu humoral de substances toxiques nées de la désintégration cellulaire; mais en réalité, ils relèvent d’une floculation des colloïdes tissulaires et

humoraux.

20 Les rayons ultra-violets

Ces radiations commencent là où notre œil ne perçoit plus le violet, cette limite supérieure en raison de

l’imperfection de nos sens est fixée vers 4.000 A., leur limite inférieure a reculé avec les progrès de la science et Schumann, Lyman et Millikan l’ont placée successivement à 2.900, 600, puis 140 A. C’est leur action sur la plaque photographique qui à permis à Wollaston de les découvrir.

Toutes les sources de lumière blanche les fournissent en proportion d'autant plus grande que leur température est plus élevée ; le soleil en est la source naturelle et on les produit artificiellement au moyen de l’arc électrique ou de la lampe de quartz à vapeur de mercure. |

PROPRIÉTÉS PHYSIQUES. — D’une façon générale, les rayons ultra-violets (U, V.) sont très fragiles et très facilement absorbés par nombre de substances, et d’autant plus que leur longueur d’onde est plus courte.

Une épaisseur d'air de 1 cm arrête toutes les radiations au-dessous de 1.800 A. et l’atmosphère terrestre ne nous laisse parvenir que les rayons au-dessus de 2.925 A.,7 % de l’irradiation U. V. étant arrêtés. L’eau distillée absorbe sous 2 em d’épaisseur 9 % de la longueur d’onde 2.500 A., et l’eau de mer, les solutions colloïdales ne laissent passer que des rayons de À supérieure à 3.000 A. Le verre ordinaire si transparent pour la lumière ordinaire est opaque aux U. V. biologiquement actifs, aussi l’utilise-t-on comme écran protecteur ; le verre de Wood à base d’oxyde de nickel laisse filtrer les radiations voisines de 3.660 A. Les ultra-violets sont arrêtés facilement par les vêtements et selon L. Hill, seule la soie artificielle les laisse tra verser, Cette grande faiblesse de pénétration des

Los

rayons actiniques aurait rendu leur étude peu fructueuse s’il n’existait des exceptions ; le quartz et surtout certains échantillons incolores et très rares de fluorine se laissent traverser Sans trop de résistance, 1 m/m de quartz est traversé par les rayons dont la x est supérieure à 1.500 A.

Les téguments opposent aux rayons chimiques une barrière presque infranchissable ; :les expériences de Nogier et Vignard montrent que sous une épaisseur de 2 */* 5 la peau humaine arrête toutes les radiations inférieures à 4.358 A.; Hasselbach à confirmé cette opacité, et Saidman à montré plus récemment que l’ensemble des téguments ne laisse passer que des traces de 3.650 A. Les rayons U. V. sont également très fragiles à la réflexion, les miroirs ordinaires n’en renvoient qu’une faible quantité. Les radiations courtes véhiculent un potentiel d'énergie très élevé qui est libérée et employée à des fins variées si un obstacle les arrête. Ainsi l’irradiation des sulfures de zinc et de cadmium provoque leur phosphorescence,ils produisent également la fluorescence du sulfate de quinine, de la fluorescéine et de corps très nombreux, en particulier des tissus: l’énergie absorbée est restituée sous forme de radiations visibles.

Les rayons actiniques déchargent les corps électrisés . négativement, provoquant la mise en liberté d’élec- .trons (rayons cathodiques), c’est l'effet Hertz-Hallwachs.

PROPRIÉTÉS CHIMIQUES. — Ces curieuses propriétés des U. V. ne sont qu’un aspect de leur activité inlas-

Bas

sable, c’est dans le domaine de la chimie qu’ils se révèlent de prodigieux virtuoses; leurs talents chimiques les ont même trahi puisqu'ils ont marqué leur empreinte sur la plaque sensible à l’obscurité. À cette action réductrice ces invisibles rayons opposent leurs propriétés oxydantes : ces magiciens combinent l’oxyde de carbone à l’oxygène pour donner du gaz carbonique; mais sous certaines conditions ils déterminent la réaction inverse, c’est le remarquable phénomène de la réversibilité. Enfin certaines ondes courtes polymérisent l'oxygène en ozone, tandis que d’autres décomposent 0° en ‘O0.

La haute qualité énergétique des rayons actiniques a été mise à profit par D. Berthelot et Gaudechon pour reproduire ce mécanisme merveilleux de restauration d'énergie chimique qu’est l’assimilation chlorophyllienne ; à partir d’eau et de gaz carbonique, ils ont pu avec leur aide réaliser {a synthèse de l’aldéhyde. formique et des sucres végétaux. Avec leur aide encore ils ont effectué la décomposition du glucose, des graisses, des protéines, montrant par cette photolyse que Ja lumière rend possible par l’énergie qu’elle apporte des réactions qui sans elle ne se produiraient pas spontanément.

Ce n’est pas là le mode d’action le plus fréquent des rayons U. V., le plus souvent ils jouent le rôle de l’allumette qui sert à incendier le bûcher, ne faisant qu’accélérer une réaction très lente à l’obscurité, et agissent au titre de catalyseurs. Le chlore, qui dans l’obscurité est sans action sur l'hydrogène, se combine à la lumière avec ce gaz si brusquement qu’une explo-

sion se produit. Par leurs propriété chimiques les U. V. se rapprochent des enzymes.

C’est aux rayons chimiques que la lumière doit son action affaiblissante sur les enzymes, toxines et anticorps. Leur action est entravée par l’état colloïdal, aussi convient-il de les diluer; Pazza à pu ainsi par exposition au soleil détruire l’activité de la toxine diphtérique, Courmont et Nogier ont atténué et détruit par irradiation U. V. la toxine tétanique. Sous l’action des U. V. le sérum antidiphtérique perd son pouvoir protecteur contre la toxine, Ces rayons chimiques détruisent aussi les diastases.

ACTION SUR LA CELLULE VIVANTE ET SUR LES ORGANISMES. — Les résultats de l’irradiation varient suivant la longueur d’onde des radiations utilisées, suivant lin: tensité et la durée de cette irradiation et dépendent également de l’organisme auquel appartient la cellule. Si dans des conditions données on soumet la cellule vivante d’un organisme donné à l’action de rayons de plus en plus courts, on constate d’abord une exaltation croissante de l’activité cellulaire; cette action biotique qui détermine l’utilisation des U. V. les plus longs en thérapeutique, arrive à um maximum. À partir de ce moment, ils se montrent nocifs pour la cellule qui subit de graves perturbations, sa structure colloïdale est bouleversée et si l’action abiotique se prolonge, la rüine de l'édifice cellulaire survient.

Ce sont les propriétés destructrices des radiations chimiques qui donnent à la lumière son pouvoir bactéricide depuis longtemps connu. C’est Downes et Blunt,

Page 1