‹ Contribution A L'Etude De La Physionomie Chez Les AliénésChapitre 13 sur 25 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

Sentiments répulsifs ou d’antipathie,

Nous opposerons maintenant aux sentiments attractifs que nous venons d'étudier, les sentiments répulsifs ou d’antipathie. Beaucoup de ces derniers supposent l'existence d'une lutte ou d’une résistance. Là, nous verrons apparaître le froncement des sourcils, rencontré déjà dans l'attention, justifiant ainsi l'opinion de Darwin.

Mais ces sentiments répulsifs n'indiquent-ils pas un peu la souffrance? la douleur? On comprend alors pourquoi le sourcilier se contracte, ce muscle qui, de l’avis de Duchenne (de Boulogne), est le muscle complètement expressif de la douleur.

Nous diviserons ces sentiments répulsifs en deux catégories. L'une contiendra ceux qui résultent de l’extériorisation du moi, comme la crainte, la colère et les sentiments qui sy rattachent; l’autre comprendra ceux qui se passent dans le moi, comme la honte et la culpabilité.

Le sentiment minimum de la première catégorie, la surprise, peut, il est vrai, être agréable et par cela même

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rentrer dans la classe des sentiments de bonheur. D'autre part, il peut être le début de la crainte. Toujours il se traduit par un temps d'arrêt, un moment de suspension des sentiments antérieurs.

C'est un sentiment passager qui s’efface vite pour faire place au sentiment qui doit lui succéder.

La surprise se dessine par l'ouverture de la bouche et des yeux. Les lèvres se transportent un peu en avant et souvent même toute la face se déplace dans ce sens. Les sourcils s’élèvent légèrement; si le sentiment est prononcé, on voit apparaître les contractions du frontal et par suite des rides transversales.

Dans l'attention, les sourcils s'élèvent mais rarement assez pour provoquer des rides horizontales visibles.

La bouche largement ouverte avec sourcils légèrement élevés produit une grimace sans signification, comme la démontré Duchenne (de Boulogne), dans une de ses photographies (mécanisme de la physionomie, 4/0., 1862, p. 42).

Une autre photographie du même auteur représente un vieillard dont les sourcils sont relevés et arqués par la galvanisation du muscle frontal, la bouche étant d’ailleurs ouverte volontairement. Cette figure exprime la surprise avec une vérité saisissante.

Darwin fait remarquer que la bouche n’est pas toujours ouverte, et que souvent aussi la surprise se manifeste en portant les lèvres un peu en avant: on retrouve ce fait, dit-il, quoique beaucoup plus marqué, chez le chimpanzé et l’orang, quand ces animaux sont frappés d’étonnement.

Une personne surprise lève souvent les mains ouvertes audessus de la tête: ou bien, croisant ses bras, elle les porte à la hauteur de son visage. Peut-être ces mouvements sont-ils des actes instinctifs de défense, la surprise provoquant chez un individu un vif changement d'état qui n’a pas lieu sans

une certaine souffrance,

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La face palmaire des mains se dirige vers la personne qui. provoque l’étonnement; les doigts sont étendus et séparés.

Dans la Cène de Léonard de Vinci, on voit deux apôtres. qui, les bras levés, manifestent très clairement leur surprise.

Dans ce cas, cependant, on pourrait expliquer ce geste par l'admiration que provoque le langage divin du Christ.

Huschke décrit (Mimices et physionomices, 1821, p. 18) un geste un peu différent, mais pourtant de nature analogue, qui, dit-il, accompagne chez certains individus l’expression: de l’étonnement. Les individus se tiennent droits, les traits du visage tels qu'ils ont été décrits ci-dessus, mais en étendant les bras en arrière et séparant les doigts les uns des autres. |

Si la surprise se transforme en crainte, les yeux et la bouche restent largement ouverts et les sourcils se relèvent davantage encore. Le corps est immobile, l'individu retient son souffle comme pour cacher sa présence, ou bien cherche à se dérober. La fixité du regard augmente, cherchant l’ennemi, le sourcilier tend à se contracter et à former des plis verticaux (attention) mais l'extrême tension du frontal nuit à son action.

Si la crainte augmente, le cœur bat avec rapidité et violence, la poitrine se soulève; cependant la face pâlit.

M. Stuart, l'explorateur bien connu de l'Australie, a donné (The polyglott news letters, Melbourne, déc. 1858, p. 2) une relation frappante de l’effroi stupéfié, mêlé de terreur, que ressentit en l’apercevant un indigène qui n'avait jamais vu un homme à cheval. M. Stuart s'étant approché de lui sans êlre aperçu, el l'ayant appelé d’une petite distance : «IL se retourna, dit-il, et m'aperçut. Je ne sais ce qu’il supposa que je pouvais bien être; toujours est-il que je n’ai jamais vu une personnification plus saisissante de la crainte et de l’étonnement. Il s'arrêta, incapable de remuer un membre, cloué sur place, la bouche ouverte et les yeux fixes... »

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I n’y a qu'un pas à franchir pour passer de la crainte aux sentiments plus prononcés, excessifs et même maxima, qu'on appelle frayeur, terreur, angoisse, qui sont presque synonymes et, quoiqu'on puisse les considérer comme indiquant simplement des nuances dans ces différents états, se traduisent par des mouvements de la physionomie, analogues entre eux.

La peau pâlit', les poils se hérissent, le corps est en tension extrême, le cœur tantôt bat précipitamment, tumultueusement, tantôt s'arrête, et la défaillance survient.

La respiration, haletante, se fait difficilement et cette gène se traduit par un battement des ailes du nez et l’extrème dilatation des narines, phénomène constant dans toutes les gènes respiratoires.

Les glandes salivaires agissent imparfaitement, la bouche devient sèche; elle s'ouvre et se ferme fréquemment.

L'un des symptômes les plus caractéristiques de la frayeur est le tremblement quis’empare de tous les muscles du corps, et qui s'aperçoit en premier lieu sur les lèvres. Ce tremblement, aussi bien que la sécheresse de la bouche, altère la voix, qui devient rauque ou indistinete, ou disparait complètement :

Obstupui, steteruntque comæ, et vox faucibus hœsit.

On trouve dans le livre de Job une description remarquable et bien connue de la frayeur : « Dans les pensées issues des visions de la nuit, lorsqu'un sommeil profond est tombé sur les hommes, la peur vint sur moi, et un tremblement qui faisait claquer tous mes os. Alors, un esprit passa devant ma face; le poil de ma chair se hérissa. Je m'arrêtai,

1. SuakespeARe (Macbeth, Act. III, se. 1v) : « Vous me comblez de stupéfaction, même dans l’état d'esprit où je me trouve, en pensant que vous pouvez contempler de tels spectacles et conserver sur vos joues l'incarnat naturel, tandis que les miennes sont blanches de frayeur. »

mais je ne pus distinguer sa forme : une image était devant mes yeux et au milieu du silence, j'entendis une voix disant: «L'homme mortel sera-t-il plus juste que Dieu? un homme sera-t-il plus pur que son Créateur? » (Job, vr, 43.)

N'est-ce pas là un type de cauchemar avec hailucinations terrifiantes de la vue compliquées d’hallucinations auditives? Mais ce n’est pas tout. Il se produit, dit Sir Ch. Bell, en outre du mouvement convulsif des lèvres, un tremblement des joues qui se creusent, une constriction douloureuse de la gorge.

Les yeux découverts et saillants sont fixés sur l’objet qui provoque l'émotion ou bien roulent incessamment d’un côté à l’autre.

Huc illuc volveas oculos lotumque pererrat.

Les pupilles sont, paraît-il, prodigieusement dilatées et l'œil plus noir. Tous les muscles du corps deviennent rigides, ou sont pris de convulsions. Les mains s'ouvrent et se ferment alternativement, souvent avec des mouvements brusques. Les bras se portent parfois en avant, comme pour écarter quelque horrible danger, ou bien se lèvent tumultueusement au-dessus de la tête.

Dans l'horreur, on rencontre les deux sentiments de crainte ou frayeur et de dégoût. Le corps est dans un état de tension extrème.

Les sourciliers sont énergiquement contractés, mais les yeux étant ouverts et les sourcils relevés par le musele frontal (élément surprise de la crainte), l’action des soureiliers est moins puissante et le résultat moins visible.

Le peaucier, ce muscle de la frayeur pour Duchenne (de Boulogne), agit sur les commissures labiales qu’il attire en bas et en arrière, ce en quoi il est aidé partiellement par le triangulaire des lèvres (élément dégoût). La bouche s'ouvre, le regard est fixe, les narines sont dilatées.

Cette physionomie de l'horreur est complétée par un certain nombre de gestes. Le corps entier se détourne ou tremble, ou bien les bras sont violemment projetés en avant comme pour repousser quelque objet effrayant. On note aussi, dit Darwin, l'élévation des épaules, tandis que les bras sont étroitement serrés sur les côtés ou au-devant de la poitrine comme dans la sensation extrème de froid.

Ces gestes sont pour ainsi dire les mêmes que ceux qu’on rencontre dans la grande frayeur. Il y a cependant une différence, légère il est vrai, mais qui existe. C’est, en effet, bien plutôt devant la face que devant le corps que se portent les bras et les mains. La frayeur fait naître les mouvements réflexes de défense générale, l'horreur fait naître surtout les mouvements de protection de l’organe qui perçoit le spectacle horrible, et qui est le plus souvent l'œil.

Nous pouvons ajouter que les sentiments de surprise, de crainte et d'horreur ont un caractère mimique commun : l'ouverture de la bouche et des yeux, l'élévation des sourcils.

Dans les sentiments de mauvaise humeur, de colère, de fureur, la bouche est toujours non seulement fermée, mais violemment contractée. Les sourcils sont froncés par l’action énergique du sourcilier.

Les contractions de ces différents organes d’ailleurs, sont en rapport avec l'intensité de l'émotion. Quand on suit sur le visage de quelqu'un les modifications de sa physionomie, on voit, lorsqu'il manifeste de la mauvaise humeur, le facieS de ce sentiment naître, puis se développer, se généraliser à toute la face, lentement ou vite, suivant que le résultat devra être un simple mécontentement ou la colère avec emportement.

Ce signe du début de la mauvaise humeur peut être seul, et ne point durer. Il consiste en une contraction rapide du sourcilier, incapable de provoquer des rides, mais suffisante à opérer un léger, presque imperceptible rapprochement des angles internes des sourcils. Il est utile à connaître en physio-

nomie mentale. Il en est de même d’un léger pincement des lèvres.

Le froncement des sourcils, l'occlusion de la bouche, sont accompagnés de l’abaissement, de la dépression des coins commissuraux des lèvres. Si cet abaissement est très prononcé, la lèvre inférieure se renverse et s'avance un peu. Cela constitue la moue, mais non, comme le fait remarquer Darwin, la moue volontaire, grimacière des enfants qui avancent leurs lèvres en tube jusqu’à toucher quelquefois le bout du nez.

L'abaissement des coins de là bouche se produit par la contraction des triangulaires des lèvres. Quelques-unes des fibres de ces muscles sont antagonistes de celles du grand zygomatique (muscle de la joie). Cette disposition est bien en rapport avec l'expression de cette physionomie.

D'autre part, la déviation de la fente buccale est encore augmentée par l’action, amorcée tout au moins, des muscles de la tristesse et des pleurs, soit : le petit zygomatique, l’élévateur propre de la lèvre supérieure et l’élévateur commun, qui attirent légèrement, dans ce cas, la lèvre supérieure, en haut. Comme la bouche est fermée, la lèvre n’est pas déplacée mais la courbe de la fente buccale est augmentée.

Enfin, on voit aussi, dans l'humeur maussade et morose, des plis transversaux se produire à la base du nez, par la contraction du pyramidal du nez. | |

Duchenne (de Boulogne) pense que la contraction de ces muscles donne une expression marquée de dureté agressive, alors mème qu'elle n'est pas accompagnée du froncement des sourcils.

D'après le mème auteur, le muscle triangulaire des lèvres, muscle complètement expressif de la tristessse et du dégoût et complémentaire de l'agression, serait l’un des muscles de la face les moins soumis à la volonté.

Si les contractions des muscles de la mauvaise humeur

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sont plus énergiques, on obtient le facies de la colère; si à ce dernier sentiment s'ajoutent les symptômes des grandes émotions, tels que le tremblement général du corps, la dilatation des narines, les troubles circulatoires et respiratoires, on constate le sentiment maximum de celle série d’émotions : la fureur.

Le cœur et la circulation sont toujours impressionnés. Le visage devient rouge ou pourpre, et les veines du front et du cou se gonflent.

. Quelquefois, au contraire, la fureur entrave le fonctionnement du cœur, au point que le visage devient pâle ou livide.

La poitrine se soulève, la respiration est affectée, les narines se dilatent et frémissent. Tennyson a dit : « Le souffle violent de la colère gonflait ses narines de fumée. »

De là viennent les expressions « respirer la vengeance » et « fumer de colère ».

La dilatation des narines, dit Piderit, a pour but de permettre la respiration, tandis que la bouche est fermée et les dents serrées. Ch. Bell attribue cet état à une synergie habituelle de tous les muscles respiratoires.

Les deux explications nous paraissent justes, cependant nous ferons remarquer que même lorsque la bouche est grande ouverte les narines sont dilatées, comme nous venons de Le voir dans la frayeur, et d'autre part, qu'il est possible que cette dilatation et ce frémissement des mains, qui n'ont lieu en somme que dans les émotions violentes, se produisent dans le but de faciliter et de régulariser l'entrée et la sortie de l'air, rendues si irrégulières par les mouvements saccadés et spasmodiques du thorax dans ces mêmes émotions.

La bouche ordinairement est fermée, à moins que la fureur ne s'accompagne de cris; les dents serrées frottent Les unes sur les autres; des mouvements de latéralisation ont lieu dans la mâchoire inférieure; le masséter, muscle com-

es pe

plémentaire de la fureur pour Duchenne (de Boulogne), saille sous la peau.

Fréquemment les bras se soulèvent et les poings se ferment, non plus dans un sentiment de défense, comme dans la frayeur, mais dans le but de frapper.

La conséquence d’une fureur excessive est fréquemment le tremblement (comme dans toutes les émotions violentes); les lèvres paralysées refusent d’obéir aux ordres de la volonté et la voix s'arrête dans la gorge.

Le sourcilier se contracte avec énergie, l'esprit est tendu, les yeux sont grands ouverts, brillants, remplis de flammes, injectés de sang; ils semblent sortir de leur orbite.

D’après Gratiolet, les pupilles sont constamment contractées chez les gens furieux.

Parfois, aucun muscle du front n’entre en action, et le front est lisse, mais Le regard est toujours vif et étincelant. «Les dents se découvrent et imitent symboliquement, dit Gratiolet (p. 369), l’action de déchirer et de mordre. »

Ce fait n’a lieu que quand la bouche est entr'ouverte, et cette ouverture est immobilisée par la contraction limitée et presque simultanée des muscles dilatateurs de la bouche.

Nous citerons, pour compléter cette description de la fureur, deux exemples que nous avons trouvés dans Darwin.

L'un est tiré de Shakespeare (Henri V, acte 1IT, sc. 1) : « En temps de paix, rien ne sied mieux à l’homme qu'une « douce tranquillité, qu'une allure modeste; mais quand le «vent de la guerre souffle à nos oreilles, alors il faut faire

«comme le tigre : raidir ses tendons, exciter son sang, «donner à ses yeux un aspect terrible, affermir ses dents, «dilater ses narines, respirer à pleine poitrine et tendre à «la fois tous les ressorts de son être! Sus, sus, nobles

« Anglais! »

L'autre exemple cite une gravure d’une des merveilleuses peintures de Hogarth, où l'on voit, dit Darwin, l'expression

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de la colère représentée d’une manière frappante par les. yeux brillants et grands ouverts, le front plissé et les dents découvertes.

Il nous reste à considérer dans cette seconde classe de sentiments répulsifs ou d’antipathie, ceux qui, comme nous. l’avons dit au début de ce chapitre, se passent au dedans de nous-mêmes.

Tels sont la honte et la culpabilité d’une part, le dédain qui conduit à l’orgueil d'autre part.

La première émotion de l'homme, et la plus simple, quand il porte son attention sur lui-même, est la modestie; elle se traduit par de la rougeur fort souvent et donne lieu à la timidité. Si cette attention découvre un sentiment pénible ou mauvais, elle provoque la honte. Au contraire, si elle constate ou croit constater des causes de satisfaction et de contentement, elle donne naissance à l’orgueil.

Que de pages ont été écrites sur la rougeur ! Elle semble due au relächement des parois musculaires des petites artères, qui permet aux capillaires de se remplir de sang. Cette expansion vasculaire dépend elle-même de l'excitation des centres vaso-moteurs appropriés.

Mais ce phénomène est bien inconstant; le jeune enfant ne rougit pas, l’homme mûr ne rougit pas. Seuls, les individus très émotifs rougissent, et en premier lieu les femmes. On peut donc conclure que la rougeur est exclusivement sous la dépendance de l’impressionnabilité de l'esprit.

La volonté est impuissante à provoquer la rougeur..

Sénèque, cité par Darwin, fait remarquer (Epistol. XI, 5) que « les acteurs de Rome, lorsqu'ils veulent exprimer la honte, baissent la tête, et tiennent leurs regards fixés sur la terre, mais sont incapables de rougir ».

Si l'individu honteux baisse la tête, détourne son regard, c'est qu'il ne peut guère soutenir Le regard d'autrui.

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Shakespeare (Titus Andronicus, Act. IT, sc. v) fait dire par Marcus à sa nièce : « Ah! maintenant la confusion te fait détourner le visage. »

Lorsqu'une personne confuse, très timide, honteuse, rougit beaucoup, son cœur se met à battre rapidement.

Le mème phénomène peut se produire sans qu'il y ail rougeur, mais il y à sensation de chaleur à la face, et souvent le corps se couvre non pas d’une sueur froide comme dans la terreur, mais d’une véritable transpiration.

La physionomie, dans ces différentes émotions, honte, timidité et pudeur, est presque immobile. I y a comme une espèce de concentration de l'individu, une retenue générale qui l’empèche de manifester un sentiment par une mimique.

Lorsqu'au sentiment de la honte s'ajoute la culpabilité, l'attitude générale se modifie peu, la tête reste baissée, la paupière est mi-close, mais le regard est furtif, mobile et non fixé à la terre. Les yeux sont dirigés obliquement.

Souvent même, le sourcilier se contracte légèrement, indiquant la contrariété; cette contraction a aussi pour but de contribuer à dérober le regard.

[I y a dans l'orgueil deux sentiments inséparables : le contentement de soi-même et le mépris d'autrui. La physionomie de l’homme orgucilleux résultera done du mélange des physionomies des deux sentiments précédents.

L'homme content de lui-même marche le corps droit, la tèle haute et porte sur son visage un air de défi souvent aCCOMpagné de ricanement.

Ea lèvre supérieure est élevée partiellement (élévateurs propre et commun) et unilatéralement, ne laissant apercevoir que la canine d’un seul côté, le regard est un peu porté en haut, et un peu à côté de la personne qui provoque cette attitude.

Darwin fait remarquer que l'apparition de la dent canine,

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sous l'influence de certains états d'esprit, est le résultat d'un double mouvement. L’angle où la commissure de la bouche est un peu attiré en arrière (buccinateur) et en mème temps agissent les muscles élévateurs de la lèvre supérieure, d’un seul côté.

La contraction de ces muscles élévateurs produit un sillon très apparent sur la joue et des rides bien accusées au-dessous de l'œil, principalement près de son angle interne.

Nous ajouterons à cela l'intervention du triangulaire des lèvres qui, abaissant les extrémités de la fente buccale, accusera l’expression de dégoût, et de la houppe du menton qui, en élevant légèrement le menton, ajoutera une nuance de dédain.

Le dégoût, à proprement parler, se manifeste de différentes façons, soit par une ouverture brusque de la bouche, avec recul de la tête, soit par un bruit guttural, une simulation d'effort de vomissement, de nausée, par l'élévation des épaules et léversement très notable de la lèvre inférieure (carré du menton).

Dans l’orgueil enfin, la bouche est souvent fermée, pincée si l’on veut, exprimant la décision, indiquant l'entière confiance que l'homme arrogant possède en lui-même.

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