‹ Contribution A L'Etude De La Physionomie Chez Les AliénésChapitre 19 sur 25 · Damerow. — Alligemeine Zeitschrift für Psychiatrie · texte numérisé non relu

Damerow. — Alligemeine Zeitschrift für Psychiatrie

jalousie où le front est sillonné de rides, les sourcils sont fortement inclinés sur le nez et cachent le regard.

Dans l'expression de mépris de la manie ambitieuse, du délire des grandeurs, les sourcils se froncent.

Il en est de même dans les affections mentales accompagnées d’anxiété.

Après les yeux, dont nous parlerons en dernier lieu, la bouche est la plus expressive de toutes les parties du visage. Les mouvements de l’âme qu’elle est chargée de reproduire, dit Lebrun, sont d’un rang moins élevé. Son rôle est relatif surtout aux passions et aux appétits.

Dans la lypémanie, les angles de la bouche sont entr'ouverts.

S'il intervient des hallucinations effrayantes, la bouche éprouve presque des mouvements convulsifs, mais comme dans la terreur de l'homme sain, se maintient ouverte et comme contracturée. Au contraire, elle est fermée, laissant dépasser la lèvre inférieure, dans l'expression du mépris.

Chez le démonomaniaque, des rides sillonnent les joues, principalement autour de la bouche.

Les yeux et le regard donnent des renseignements nombreux et de première importance.

En général, toute excitation intellectuelle se traduit par des yeux largement ouverts et un regard brillant: il en est de même de toute émotion violente.

Les yeux sont scintillants, le blanc de l'œil est coloré dans la frayeur du lypémaniaque. Son regard semble égaré. Nous avons vu ce même aspect à l’étude de la physionomie normale. L'œil est presque rouge, le regard ardent dans la jalousie et le désespoir. Les pupilles sont contractées.

Le regard est vif et brillant dans la manie aiguë ; fier et protecteur dans l’expression d’orgueil du délirant ambitieux.

L’aliéné à tendances homicides se reconnaît à son regard ardent et cruel,

Te

Par contre, les yeux sont plus ou moins fermés, le regard plus ou moins voilé ou vague dans les cas de dépression mentale, comme la mélancolie, la confusion mentale, la démence et la stupidité.

L'aliéné qui poursuit des idées de suicide a souvent le regard sournolis et furtif, la sclérotique terne.

« La timidité, dit Belouino', baisse les yeux avec une certaine grâce facile à reconnaitre, la bonté les incline vers la terre: la fierté les porte vers le ciel; la colère les allume, les rend menacants, l’espérance les dirige doucement en haut; l'amour les rend plus brillants, les voile un peu et les projette en avant. » |

Nous avons trouvé chez différents aliénés ces variétés de regard en rapport avec leur situation émotionnelle du moment. Chez certains malades à idée durable, à délire

persistant et non variable, on rencontre un facies perma-

nent ou presque, et qui est analogue à celui qu'on peut constater chez les personnes saines qui ressentent les mêmes émotions. Chez ces dernières, le facies est fugace comme l'émotion.

C'est pourquoi chez.les aliénés chroniques a-t-on signalé l'existence de rides perpendiculaires à la direction des fibres des muscles qui interviennent dans les expressions mimiques en rapport avec tel où tel ordre d’hallucination.

«On ne doit croire, dit Damerow, à une guérison qu'autant qu’on a vu disparaître toute trace des modifications de la mimique, qui trahisse encore la virtualité des émotions morales compliquant l'affection. »

La physionomie de l’aliéné qui guérit se modifie paralelement à la modification des sentiments qui étaient provoqués par le trouble mental. Et lorsque la physionomie est devenue normale, c'est que les émotions maladives ont disparu et que les émotions normales ont reparu.

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