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SIMULATION ET DISSIMULATION

Nous réunirons, dans un même chapitre, l'étude de la simulation et de la dissimulation. La dissimulation en effet est la simulation d’un état qui n’est pas le vrai et qu'on a intérêt à cacher.

La simulation a pour but de produire un état qui n’est pas le vrai et qu’on a intérêt à montrer.

Quoique le but soit différent, les moyens employés sont les mêmes. Dans les deux cas, c’est de la simulation. |

Il peut se présenter quatre cas de simulation de folie. Un individu sain simule la folie pour échapper à une punition, pour éviter une obligation pénible (service militaire), pour se procurer un refuge contre la misère.

Un aliéné simule une folie qui n’est pas la sienne, pour éviter un traitement qui lui déplaît, pour se faire, par exemple, placer dans le service de l’infirmerie où la nourriture est plus choisie, où l’on peut rester au lit plus longtemps.

Un aliéné guéri, ou tout au moins sorti de l'asile, commet une infraction aux lois de son pays et simule la folie pour échapper au châtiment.

Enfin, et c’est là de la simulation involontaire, un individu atteint de maladie aiguë, fièvre typhoïde, pneumonie, méningile, peut présenter des troubles mentaux, analogues au troubles de la folie.

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La dissimulation existe en dehors de l'asile et au dedans.

C’est, dans le premier cas, un malade qui lutte contre des idées obsédantes et qui les dissimule; ou bien un malade qui craint l’internement.

Dans le second cas, c'est un malade qui veut sortir de l'asile.

Ces faits de dissimulation sont rares. N'ayant pas fait de clientèle, nous n'avons pas pu recueillir d'observation de dissimulation hors de l'asile, et n'ayant élé que dans les asiles d’indigents, où les malades ont le plus souvent intérêt à rester, étant mieux là que chez eux, nous n'avons pas eu non plus l’occasion de rencontrer des dissimulateurs.

La simulation nous est plus connue. Nous sommes depuis bientôt six mois dans le service très intéressant de M. Paul Garnier, à l'infirmerie du Dépôt, et nous avons observé deux

ou trois cas de simulation que nous allons décrire plus loin.

Lorsqu'un individu coupable d'un forfait simule, c'est en général après l'arrestation seulement que débute la folie. Nous avons vu combien étaient rares les exemples de début subit de l’aliénation mentale; chez le simulateur non aliéné, le début est toujours soudain. Il faut cependant remarquer qu'à la suite de crimes épouvantables on observe quelquefois de véritables folies à développement rapide, conséquences de l'emprisonnement ou de l'intensité du remords; quoi qu'il en soit, ces faits sont exceptionnels.

On doit done se livrer à une enquête très sérieuse dans ous ces cas de médecine légale où le médecin à une responsabilité considérable, soit qu'il considère à tort le eriminel comme aliéné et qu'il le fasse de cette manière échapper au châtiment qui lui est dû, soit qu'au contraire il laisse condamner un aliéné à une peine infamante pour une faute qu'on ne saurait lui imputer.

Pour éviter toute cause d'erreur, le regretté professeur B. Ball conseillait de faire deux examens.

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L'un direct ou personnel, l'autre indirect (pièces du procès, témoins, antécédents, nature du crime, ete...).

On commence l'expertise par le second examen. Nous ne pouvons ici nous étendre sur les conclusions qu'on peut tirer de cet examen. Disons cependant qu'à lui seul il peut ètre suffisant pour ne laisser aucun doute sur le fait de simulation.

Mais il est des cas où il faut se livrer à l'examen direct et personnel, et c’est là qu'ilest utile de connaître les réactions physionomiques de nos différents états d'âme.

Voici quelques observations qui, nous l’espérons, montreront le rôle prépondérant qu'a joué dans le diagnostic de simulation l'étude des différents états physionomiques présentés par les inculpés.

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