VI. — Ænquête médico-légale du D° Billod
J... est un homme de vingt-huit ans; sa physionomie est intelligente et d'une mobilité qui trahit l'habitude d’une certaine exeitation; elle paraît empreinte d’une véritable énergie brutale, et l'égarement qu’elle nous présente d'abord nous parait trahir l'effort, et n'avoir rien de réel et de spontané. Le regard d'ailleurs semble éviter de se fixer sur l'interlocuteur.
Vu d’abord à travers le judas de la porte de sa cellule, il nous paraît agité ; tourné vers la fenêtre, il semble s'adresser à un être imaginaire auquel il montre le poing, puis il se promène avec agitation en secouant de temps en temps la tête et en frappant du pied. Pendant qu'il exécute d’ailleurs tous ces mouvements désordonnés, i/ évile, avec un soin suspect, de diriger son regard vers La personne présente.
Cessant ensuite de parler, il continue à marcher avec vivacité et je crois alors remarquer qu'il jette de temps en temps un regard en dessous.
Dans l’entrevue suivante, je retrouvai un tout autre homme, et si je fus moins frappé du changement qui s'était opéré dans la physionomie de J.., c'est que l'égarement des traits chez les simulateurs de la folie n'ayant rien que de factice el d’apparent,