OBSERVATION XX VIII
Actinomycose pulmonaire. Pneumectomie partielle.
(Jakowski. Centralblatt für chirurgie. 1897, n° 28.)
Paysanne de 29 ans, atteinte dans le courant de l’été d’une affection pulmonaire fébrile, avec toux, point de côté, expectorante sanguinolente et purulente. La douleur se fait sentir plusieurs mois, mais avec des degrés d’intensité ; la malade rentre à l'hôpital avec une tumeur de la paroi thoracique. Cette tumeur, développée à droite, s'étend du dos à la ligne axillaire moyenne ; la peau qui la recouvre est normale. Matité dans la moitié inférieure de l’omoplate, avec exagération des vibrations et abolition du murmure vésiculaire. L'expectoration, teintée en rouge, renferme de nombreux corpuscules de pus, mais pas de micro-organismes spécifiques. Rien ailleurs ; les dents sont saines. Au bout de huit jours de mise en observation, on constate de la fluctuation dans la ligne axillaire et la ponction exploratrice ramène du pus caractéristique d’actinomycose.
Large incision transversale, allant de la ligne mammaire à la ligne axillaire postérieure et ouverture d’un vaste abcès souscutané.
Résection des sixième et neuvième côtes et extirpation des muscles intercostaux envahis par le processus. On trouve sur la plèvre, épaissie, une fistule. Le traiet de celle-ci aboutit à uné vaste caverne pulmonaire, comprise entre les lignes axillaires antérieure et moyenne. À l’aide du thermo-cautère, on extirpe complètement les parois de celle-là. On tamponne la
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perte de substance à la gaze iodoformée. Quelques jours plus tard, on réunit secondairement les paroïs avec des points de suture. Guérison parfaite.
L'observation de Heidenhain (45), Obs. XXIX, résection d’un lobe inférieur du poumon, pour bronchiectasie étendue suppurée, est la seule où la conduite chirurgicale ait été couronnée d’un plein succès. On sait combien la mortalité est considérable dans cette affection et le succès opératoire n’est, le plus souvent, que partiel. Les statistiques de Roswel, Park, de Lopez, de Richerolle (46) ne sont guère consolantes.
Heidenhain a eu d’autant plus de mérite qu'il a eu à faire, semble-t-il, à un de ces cas de bronchiectasies disséminées, en chapelet, qui se prêtent mal au traitement opératoire. Ici, la large intervention a eu raison du processus en supprimant, en un seul temps, les parois rigides qui constituent ces dilatations et s’opposent à leur affaissement.