‹ Contribution à l'étude de la polyurie chez les cardiaquesChapitre 22 sur 30 · Cœur: Diam. v., 9 c. — Diam. tr., 9 c. — Foie, 22 c · texte numérisé non relu

Cœur: Diam. v., 9 c. — Diam. tr., 9 c. — Foie, 22 c

On constate toujours les mêmes signes stéthoscopiques à savoir : arythmie, souffle systolique mitral, souffle systolique tricuspidien avec pouls veineux hépatique et jugulaire et pouls lent, 60 à 70 ; la tension artérielle est de 23 c. et les urines atteignent 3 litres.

Jusqu'au 13 septembre, grande irrégularité dans la courbe des urines qui oscillent entre 2 litres 1/2 et 5 litres, la tension artérielle restant élevée de 22 à 25 et le régime alimentaire étant toujours le même : 3 litres 1/2 à 4 litres de liquide par jour dont 2 litres 1/2 de lait.

Du 14 septembre au 10 octobre : polyurie plus régulière, #4 à 5 litres; tension artérielle plus élevée, 28 à 30.

Dans la nuit du 10 octobre : frissons, courbatures, céphalalgie, et en même temps : douleurs précordiales assez vives. On constate des signes de congestion pleuro-pulmonaire double sans température ; les urines tombent à 3 litres et même moins pendant quelques jours, la tension restant très élevée.

entré chez lui, le malade reprend l'alimentation normale. La dyspnée continue reparait aussitôt avec orthopnée et douleurs précordiales vives surtout au niveau de la pointe avec irradiations au bras gauche.

II revient le 8 novembre en état d’hyposystolie avec œdème des membres inférieurs, dyspnée et stase pulmonaire.

9 novembre. — Mêmes signes cardiaques et veineux. Cœur, Diam, v. 43 c. — Diam. tr., 16 c. — Foie, 45 c.

Les urines des 24 heures ne dépassent pas 500 grammes et la tension artérielle est de 28.

11. — Polyurie lactée abondante, 4 litres, et disparition de la dyspnée.

D JR ne

Cœur : Diam. v., 42 ©. — Diam. tr., 16 c. On donne le soir 1 gr, 30 de théobromine.

12. — UÜrines, 5 litres 3 ; le malade boit environ 4 litres, dont 3 litres de lait.

19. — Depuis deux jours, variations de la tension sans oscillations correspondantes des urines. Depuis cette époque, on a toujours constaté les mêmes signes à savoir : polyurie lactée, 3 litres 1/2 à 5 litres ; hypertension notable, 25 à ‘18 ; bradycardie, 60.

La recherche de l’urée, plusieurs fois pratiquée, a révélé une élimination normale.

Trois injections de bleu de méthylène ont été faites : 1"° injection en 1897, élimination normale.

2° injection, avril 1898 : appaïition normale, une intermittence probable, quelques irrégularités légères, durée 48 heures.

3° injection, décembre 1898 : apparition légèrement retardée, élimination irrégulière, une intermittence vraie, durée 72 heures.

O8s. XXIV. — Myocardite chronique atrophique et parenchymateuse aiquë. — Insuffisance tricuspidienne permanente par symphyse péricardique. — Rétrécissement mitral. — Asystolie et hypertension artérielle, puis hypotension permanente. — Polyurie digitalique et lactée (ayant fait l'objet d’une leçon clinique de M. MerkLeN).

La nommée X..., garde-malade, âgée de 60 ans, entre salle Claude- Bernard le 12 novembre 1890, en état d’asystolie complète.

Antécédents héréditaires. — Père mort d'affection cardiaque.

Antécédents personnels. — Pas de maladies infectieuses antérieures. En 1896, chute assez grave dans une cave, et à la suite, dyspnée d’effort légère. Au commencement de 1897, second accident (la malade est renversée violemment par une bicyclette) ; augmentation de la dyspnée d’effort et bientôt dyspnée continue avec orthopnée nocturne. in août 1898 : première crise, asystolie vraie qui cède à la digitale et au régime lacté absolu. Depuis cette époque, à la suite d'émotions violentes et de privations continuelles, la dyspnée revient avec la toux et précordialgie.

Examen à l'entrée. — Dyspnée extrème dans laquelle entre un élément nerveux assez accusé, œdème considérable des membres inférieurs avec anasarque, Cardio-hépato-mégalie, insuffisance tricuspidienne avec pouls veineux hépatique et jugulaire, tachycardie arythmique très accusée, stase pulmonaire notable, oligurie et hypertension 22 à 23.

L'examen des urines révèle une hypodensité et une hypoazoturie très marquée avec albuminurie légère, et cependant l'épreuve du bleu de méthylène donne une élimination normale.

Sous l'influence de la digitaline associée à la théobromine et du régime lacté : diurèse abondante et abaissement considérable de la tension artérielle qui de 23 tombe à 12, amélioration rapide, élévation de

NT

la densité et du taux de l’urée qui redeviennent peu à peu normaux. Depuis on a toujours constaté une hypotension notable : et, même dans l'intervalle des crises asystoliques, les signes cardiaques et veineux de l'insuffisance tricuspidienne ont toujours persisté.

Grâce au régime lacté absolu et à la digitaline administrée de temps en temps, la quantité des urinesse maintient entre 1 litre 1/3 et 2 litres et l’état de compensation s'affirme.

L'amélioration s'accentuant, on met la malade au 2° degré d’alimentation qu'elle peut supporter à la condition de boire du lait.

4 mois après son entrée : grippe intense avec congestion pleuro-pulmonaire ; oligurie extrême malgré le lait et les diurétiques ; albuminurie abondante, mort.

Auropsik. — Appareil pleuro-pulmonaire : Adhérences diaphragmatiques et médiastines, symphyse pleuro-pulmonaire bilatérale, congestion et œdème des bases, lésions de broncho-pneumonie gauche.

Cœur. — Symphyse péricardique totale, dilatation extrême du cœur droit, oreillette surtout. L’orifice tricuspidien admet 5 doigts, pas d’endocardite ni d’athérome valvulaire,rétrécissement de l’orifice mitral et athérome valvulaire, caillots fibrineux dans la cavité ventriculaire gauche dont les parois sont hypertrophiées, pas de sclérose appréciable à l'œil nu. Quelques plaques d’aortite chronique respectant l’orifice des coronaires qui sont saines.

Reins. — Volume normal, coloration violacée, capsule peu adhérente, surface légèrement granitée, diminution de la substance corticale, mais peu accusée.

HisrocoGie. — Cœur : ventricule gauche présente à l’examen deux ordres de lésions :

1° Lésions interstitielles anciennes. — Adipose sous-péricardique et interslitielle par ilots, sclérose disséminée, prédominant autour des artères atteintes d'artérite et de péri-artérite. De ces foyers principaux partent des réseaux scléreux inter et intra-fasciculaires mais qui n’existent pas partout.

Lésions interstitielles récentes. — Entre les faisceaux musculaires, on voit de nombreux éléments leucocytaires tendant à former en quelques points, de petits nodules infectieux. Ils sont surtout abondants autour des ilots scléreux.

2° Lésions parenchymateuses. — Myocardite atrophique et granuleuse typique sans vacuole, disparition complète des striations transversale et longitudinale, dégénérescence granuleuse et granulo-pigmentaire de la substance musculaire ; enfin, dissociation segmentaire très accusée dans presque tous les points.

En résumé : adipose sous-péricardique et interstitielle ancienne avec sclérose disséminée, myocardite aiguë, récente, parenchymateuse et interstitielle.

Oreillette gauche. — On constate les mêmes lésions: adipose souspéricardique, sclérose interstitielle, endocardite chronique, dégénéres-

= ttes

cence granuleuse, atrophie et dissociation segmentaire, dégénérescence vacuolaire beaucoup plus accusée que dans le ventricule.

Ventricule droit. — La lésion prédominante est l’adipose sous-péricardique et interstitielle, peu ou pas de sclérose, myocardite parenchymateuse avec léger degré de myocardite interstitielle aiguë.

Oreillette droite. — Pas de sclérose, myocardite parenchymateuse et interstitielle aiguë.

Reins. — Néphrite interstitielle aiguë et ébauche légère de sclérose interstitielle. Néphrite parenchymateuse caractérisée par : dégénérescence granuleuse de Pépithélium et exsudat réticulaire.

O8s. XXV. — Artério-sclérose. — Myocardite chronique hypertrophique. — Asystolie avec hypertension artérielle et polyurie relative. — Sclérose rénale, polyurie digitalique qui est lactée.

X..., tailleur, 65 ans, entré salle Larochefoucauld le 13 juillet 1898.

Antécédents personnels. — Pas de maladies infectieuses, éthylisme, depuis plusieurs années: pollakiurie et polyurie, en février 1896 : bronchite et albuminurie, depuis cette époque : dyspnée d'effort, bronchites multiples, albuminurie persistante. En février 1898 : aggravation notable : dyspnée au moindre effort, accès de pseudo-asthme cardiaque.

Examen à l'entrée. — Dyspnée continue, œdème et anasarque, augmentation notable de la matité cardio-hépatique ; cœur D.v. 10 centimètres, D.tr. 16 centimètres, foie 16 centimètres; pas d’altération du rythme et pas de souffle ; mais, bruit de galop net, pouls régulier et assez bien frappé 84, le malade dit avoir uriné beaucoup moins la veille.

Traitement. — Lait, ventouses scarifiées, eau-de-vie allemande, théobromine.

15 juillet. — Réduction partielle de la matité cardio-hépatique, la

tension artérielle restant la même, 22 à 23 c. : elle était à 21 la veille ; urines : Q = 2 litres, D = 1013, ÜU = 7 grammes ; trace d’albumine et de sucre.

17. — L'œdème a entièrement disparu mais la dyspnée persiste.

25. — Hydrothorax droit expliquant la persistance de la dyspnée, la ponction donne 400 grammes de liquide séreux renfermant des flocons de fibrine, un demi-milligramme de digitaline le soir.

26. — Nouvelle ponction qui donne 1 litre de liquide séro-fibrineux ; urines : Q = 2 litres 4, D — 1017, U = 25 grammes, À — traces, sucre — traces. Le malade quitte l'hôpital et revient le 15 août en état d’asystolie avec hypertension notable, 25 centimètres, et polyurie relative ; la diurèse augmente sous l'influence de la théobromine : les jours suivants: gangrène du gros orteil qui nécessite ’amputation.

Dans les premiers jours de septembre : infection bronchique, glycosurie et albuminurie abondantes, pouls assez bien frappé mais hypotension relative, 18.

Traitement.— Caféine, sérum artificiel. Aggravation rapide, stase pul-

eee

monaire très accusée, dyspnée extrême, tachycardie et oligurie, reproduction de l’épanchement pleural après une troisième ponction, coma et mort.

Le régime lacté absolu avait produit et entretenu pendant quelque temps une polyurie moyenne, l'oligurie et la dyspnée se reproduisant rapidement chaque fois que le malade essayait de s’alimenter un peu.

L’autopsie n’a pu être faite.

O8s. XXVI. — Myocardite chronique. — Asystolie d’origine rénale et pulmonaire avec polyurie relative et hypertension, puis hypotension permanente. — Sclérose rénale.

G..., manœuvre, 55 ans, entré salle Larochefoucauld le 28 octobre

Le malade entre en état d’asystolie complète avec hypertension artérielle notable, 24 à 25, et polyurie relative, 1300 grammes.

Examen des urines fait par M. Guégnen: Q — 1300, D — 1018, U — 8 grammes, Ac. ph. — 1 gr. 7, À — traces légères. :

Pendant les 3 premiers jours: respiration de Cheyne-Stokes, qui disparaît avec les phénomènes asystoliques sous l’influence du lait et de la digitaline.

Abaissement brusque et très accusé de la tension artérielle qui tombe de 24 à 11. Depuis, il y a toujours eu hypotension légère et polyurie, 2 litres 1/2 à 3 litres en moyenne par 24 heures.

La polyurie a toujours persisté même avec le régime alimentaire normal, l’affection restant dans un état de demi-compensation.

Les examens d'urine, pratiqués presque chaque jour pendant 5 ou 6 semaines au point de vue de la densité et de l’urée, ont donné les résultats suivants :

Densité, 1011 à 1016, — Urée, 16 à 24 grammes.

Bleu : une seule injection ; apparition retardée, irrégulière et légèrement prolongée.

Os. XXVIL. — Myocardite chronique hypertrophique. — Asystolie avec hypertension artérielle et polyurie relative. — Polyurie théobromique.

H..., 52 ans, cuisinier, entré le 18 octobre 1898, salle Larochefoucauld.

Antécédents personnels. — Pas de maladies infectieuses antérieures, éthylisme très accusé depuis de nombreuses années, depuis 4 ans: dyspnée d’effort devenue continuelle dans ces derniers mois.

Examen à l'entrée. — Obésité extrême, cyanose généralisée, dyspnée très vive même au repos, œdème considérable des membres inférieurs avec anasarque. Augmentation notable de la matité cardiaque, D. v. 10 c., D tr. 15 c., quelques irrégularités sans arythmie vraie, absence de stase pulmonaire coïncidant avec l'existence d'une insuffisance tricuspidienne nette. Hypertension, 29 et polyurie, 1500 grammes en 18 heures sans médicament.

Re TU Le,

Le malade dit uriner beaucoup plus habituellement. Sous l'influence de la théobromine donnée pendant 12 jours, il se produit une diurèse abondante de 3 litres 1/2. La digitaline administrée deux jours après n'exerce pas son action diurétique habituelle, les urines tombent à 1700 grammes et la tension reste élevée, 22. On reprend la théobromine qui produit durant 3 semaines une diurèse constante de 2 litres 1/2.

Le malade quitte alors l’hôpital n'ayant plus qu'une très légère dyspnée d'effort, mais le cœur reste augmenté dans ses 2 diamètres.

Os. XXVIIL. — Artério-sclérose et sclérose rénale ancienne. — Asustolie d'origine rénale due à une poussée de néphrile aigue épithéliale. — Hypertension artérielle. — Polyurie lactée.

X..., cuisinière, 65 ans, entrée salle Claude Bernard le 24 novembre

Examen à l'entrée. — Dyspnée extrême. OEdème des membres inférieurs avec anasarque Augmentation notable de la matité cardiohépatique. D. v. 12 €. — D. tr. 18 c. Oligurie et albuminurie abon-

dante, Hypertension artérielle, 23 c.

Sous linfluence de la digitaline précédée d’une médication déplétive (révulsifs et eau-de-vie allemande) : diurèse abondante et abaissement de la tension artérielle qui de 23 tombe à 22, 20, 19 et 17.

La diurèse se prolonge ensuite pendant tout le séjour de la malade, c'est-à-dire pendant plus d’un mois sous l’influence du régime lacté.

O8s. XXIX. — Myocardite chronique légère et myocardite parenchymateuse aiguë très accusée. — Double lésion aortique et rétrécissement mitral. — Asystolie pleuro-pulmonaire et rénale. — Hypertension énorme, — Légère polyurie théobromique et surtout lactée.

B..., cocher, 60 ans, entré salle Larochefoucauld le 9 décembre 1898.

Antécédents personnels. — Dysenterie en 1875, influenza en 1892; depuis bronchites fréquentes et dyspnée d’effort, pollakiurie et polyurie. Dans ces derniers temps dyspnée vive mais sans orthopnée.

Examen à l'entrée. — Signes de bronchite généralisée avec ædème des bases ; rétraction très marquée des derniers espaces intercostaux à droite et à gauche. Légère augmentation de la matité absolue du cœur dans les deux diamètres. Insuffisance et rétrécissement aortique. Rétrécissement mitral, pas de dyspnée au repos, pas d'œdème des membres inférieurs. Oligurie.

11 décembre. — Urines : Q — 1200 grammes; le malade avait bu 1 Litre 1/2 de lait ; D — 1015 grammes ; U — 14 grammes, ni sucre ni albumine.

13. — Quelques intermittences sans arythmie vraie. D. v. 8 c. — D.tr. 8 c. Foie, 11 c.

Le souffle d'insuffisance aortique n’est percu qu’à la pointe. Soulevement de la crosse de l’aorte. Dilatation aortique (1 c. en dehors du

bord sternal), danse des artères, double souffle crural, tension artérielle énorme, 35 et plus.

15. — Le soir, crise de dyspnée violente avec orthopnée. Le malade qui jusque là était au régime lacté absolu avait commencé la veille à s’alimenter un peu.

16. — Urines, 300 grammes, le malade est remis au lait, les urines remontent progressivement et atteignent 1 litre ; le 22 décembre la dyspnée a cessé. Tension, 27 à 30.

23. — Urines, 4500 grammes. Boit 3 litres de lait. Tension toujours très élevée. l

26. — Urines, 2 litres 2, boit 3 litres. Les jours suivants urines 2 à 3 Litres par 24 heures. Pas d'abaissement de la tension artérielle.

3 janvier. — Le malade s’est remis à manger la veille, tout en buvant du lait ; les urines tombent à 1200 grammes el la dyspnée revient.

4. — Oligurie et tachycardie. Léger souffle d'insuffisance tricuspidienne avec pouls veineux hépatique et jugulaire. Le malade est remis au lait.

6. — Le malade a bu { litre 1/2 de lait et pris la veille 1 gr.50 de théobromine. — Urines, 700 ; tension toujours aussi élevée. Sous l’influence de la théobromine et du lait, les urines remontent à 2 litres pendant quelques jours.

18. — L'oligurie réapparait et avec elle, retour de la dyspnée qui est continuelle. Persistance de la tachycardie et de l'hypertension. Suppression de la théobromine.

20. — Persistance de la dyspnée. Submatité à la base du poumon droit en arrière. En avant et à droite, la limite de la matité se déplace de deux travers de doigt dans les positions couchée et assise.

Une ponction donne 400 grammes de liquide séro-fibrineux. On donne le soir un demi-milligramme de digitaline.

Page 1