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Os. XXXIIT. — Cardio-sclérose avec crises fréquentes d’'æœdème pulmonaire aigu. — Pseudo-asthme cardiaque. — Asystolie et hypertension artérielle. — Coronarile avec thrombose. — Sclérose rénale. — Polyurie
lactée et médicamenteuse.
M..., 55 ans, entrée salle Claude-Bernard, le 9 mai 1898.
Entre en état de grande asystolie: dyspnée intense, œdème des membres inférieurs, augmentation notable de la matité cardio-hépatique, tachycardie arythmique, oligurie et hypertension artérielle, 23 c.
La crise asystolique une fois passée, sous la triple influence du régime lacté absolu de la digitaline et de la théobromine, la quantité des urines atteint 2 litres à 2 litres 1/2, quelquefois plus et cela pendant 3 mois, la tension restant élevée, 20 à 22, et l’état général satisfaisant.
A partir du mois d'août : accès fréquents de pseudo-asthme cardiaque, et crises d'hyposystolie chaque fois que la malade essaye de s'alimenter un peu même en continuant de boire du lait. Bientôt l'hyposystolie devient permanente avec tachycardie, oligurie vraie et hypertension, 23, malgré l'association au régime lacté, de la digitale et de la ue
Dans les premiers jours d’octobre, outre la dyspnée continue, apparition de phénomènes douloureux: précordialgie avec sensation de barre épigastrique ; crises offrant plusieurs des caractères de l’angine vraie.
Les douleurs précordiales occupent surtout la région de la pointe, et ne présentent pas d'irradiations. A trois reprises différentes, et chaque fois sous l'influence nette d’un effort, la malade éprouve dans toute la région précordiale avec prédominance vers la pointe, une douleur vive ayant les caractères d'une brûlure, irradiant vers le bras gauche et durant 4 ou 5 minutes environ avec angoisse extrême.
La digitaline, administrée à la dose de 1/2 milligramme, provoque du délire avec grande agitation ; une seconde dose donnée 4 jours en y associant la morphine ne détermine plus d’accidents et augmente momentanément la diurèse.
Le 1° novembre, la malade en ’asseyant dans son lit est prise brusquement de suffocation intense avec apnée, puis la respiration reste très fréquente, 50 à 60 par minute, avec tirage sus-sternal. Le pouls est petit, rapide, mais régulier, la tension artérielle atteint toujours 22 à 24.
2 novembre. — Anémie ,extrème des téguments surtout à la face, Sueurs abondantes. Refroidissement des extrémités. Elévation de la température qui monte à 3905
Depuis ce jour, la malade a constamment présenté une hyperesthésie précordiale très vive, augmentée par la moindre pression: et surtout accusée au-dessous et en dehors du mamelon ; la palpation des régions hépatique et splénique réveillait également une vive douleur,
et la malade se plaignait d’une sensation de barre épigastrique permanente et très pénible.
Mort le 7 novembre, la dyspnée et la tachycardie extrême ayant persisté avec hypotension dans les derniers jours, mais sans arythmie.
Une injection de bleu faite dans les premiers temps avait donné les résultats suivants: apparition très retardée, 2 heures ; maximum, 14 heures ; élimination très irrégulière ; durée, 75 heures.
À ce moment, densité, 1010 ; urée, 19 grammes ; traces d’albumine. L'hypoazoturie n'a été constatée que dans les six dernières semaines.
AUTOPSIE. — Reins : réduits de volume ; lobulés ; coloration rouge : consistance ferme, capsule adhérente ; surface granitée ; atrophie des deux substances, surtout de la substance corticale.
Appareil cardio-artériel. — Adhérence pleuro-péricardique légère.
Cœur. — Très volumineux, 450 grammes. Hypertrophie énorme du ventricule gauche. Cavité auriculo-ventriculaire gauche remplie de caillots cruoriques. Epaississement de l’endocarde.
Aorte. — Quelques plaques athéromateuses au niveau de l’orifice des coronaires.
Coronaires.— Coronaire gauche souple, lumière libre ; coronaire droite thrombosée à 3 c. de son origine, totalement oblitérée jusqu'à son entrée dans le sillon inter-ventriculaire postérieur. A ce niveau, plaque d’endartérite.
Histocogre. — Reins. — Néphrite chronique diffuse avec atrophie étendue des glomérules, endartérite chronique avec rétrécissement considérable de la lumière des vaisseaux, néphrite parenchymateuse récente avec exsudats albumineux dans les tubuli.
Cœur. — Ventricule gauche : sclérose diffuse légère, dissociation segmentaire généralisée, diminution et disparition de la striation transversale avec augmentation de la striation longitudinale, dégénération longitudinale, dégénérescence granuleuse des fibrilles, tuméfaction des noyaux.
L'adipose sous-péricardique est très développée.
Septum inter-ventriculaire : on constate les mêmes lésions complexes avec prédominance de la dégénérescence granuleuse des fibrilles.
Ventricule droit : Les lésions sont plus accentuées, certaines fibres musculaires ont perdu toute structure, la trame conjonctive est plus
épaissie.
En certains points, lésions d’endartérite.
Coronaire droite. — Obstruction partielle pouvant être estimée au
quart de la lumière du vaisseau, organisation ancienne du caillot complètement envahi par du tissu fibreux avec nombreux ilots de néoformation.
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Ogs. XXXIV. — Artério-sclérose. — Myocardite chronique hy pertrophique et insuffisance miîtrale, — Asystolie avec hypertension artérielle et polyurie relative. — Insuffisance tricuspidienne fonctionnelle. — Coronarite avec thrombose. — Sclérose rénale. — Polyurie due au lait et à la teinture dé strophantus. — Mort par asystolie pleurale (ayant fait le sujet d'une leçon clinique de M. MERKkLEN).
P..., tonnelier, 65 ans, entré salle Larochefoucauld en août 1898.
Antécédents personnels. — Bronchites nombreuses et, depuis plusieurs années, dyspnée d'effort, vertiges, pollakiurie et polyurie. Ethylisme très accusé.
Le malade entre une première fois au mois d'août 1898, en état d'asystolie complète avec hypertension artérielle. Sous l'influence du régime lacté et de la digitaline, diurèse abondante et amélioration rapide.
Le malade quitte l'hôpital et revient le 18 octobre, présentant de nouveau les signes de la grande asystolie avec hypertension artérielle légère, 19, el polyurie relative 2 1. La digitaline provoque une diurèse abondante en même temps qu’une diminution dela tension artérielle qui de 19 tombe à 15. L'affection reste à demi compensée grâce à la polyurie persistante due au régime lacté, à la digilaline fréquemment administrée, et surtout à la teinture de strophantus donnée pendant 5 et 6 semaines à la dose quotidienne de 8 gouttes par jour ; la suppression du médicament était aussitôt suivie d'oligurie et de dyspnée.
Le malade sort en décembre et revient quelques jours après avec une asystolie permanente et cette fois irréductible. On constate une hypertension notable, 25, les urines atteignant à peine 1 litre; l'auscultation du cœur révèle toujours un souffle systolique mitral, mais de plus il existe une insuffisance lricuspidienne nette avec pouls veineux hépatique et jugulaire. En outre, l’arythmie, qui jusque là avait toujours persisté, a disparu complètement. On constate des signes d'épanchement à la base droite, épanchement révélé par une submatité légère avec affaiblissement du murmure respiratoire, mais surtout par le déplacement de La matité en avant dans les positions couchée et assise.
Une ponction donne 700 grammes de liquide séreux. A la suite de la ponelion et de la diurèse produite par la théobromine, la tension artérielle tombe à 19, la théobromine et la digitaline entretiennent encore avec le lait une polyurie moyenne, mais l’épanchement pleurétique se produit, aggravalion rapide et mort subite.
Les examens d'urine et l'épreuve du bleu de méthylène avaient révélé une imperméabilité rénale très accusée.
AUTOPSIE. — Appareil pleuro-pulmonaire. — Hydrothorax droit abondant, pas de néomembranes, congestion ædémateuse des poumons.
Foie. — Cirrhose bi-veineuse assez accusée ; stase sus-hépatique et dégénérescence graisseuse des cellules hépatiques dans un grand nombre de points.
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Reins volumineux, 340 grammes et 240 grammes ; consistance très dure, coloration rouge ; capsule adhérente ; granulations rosées à la surface.
Hisrocogie. — [lots corticaux cunéiformes de néphrite interslitielle caractérisés par des plaques scléreuses avec glomérules fibreux et par des accumulations de cellules embryonnaires, on constate en outre, par places la dégénérescence granuleuse et réticulaire de l'épithélium des tubuli contorti. Enfin, il existe de l'endartérite et de la périartérite.
Appareil cardio-aortique. — Hydropéricarde, cœur très dilaté, 500 gr., adipose sous-péricardique.
Cœur gauche. — Orifice mitral laisse passer 4 doigts, indurations athéromateuses des valves qui sont rétractées, ventricule très dilaté, dilatation en dôme ; parois hypertrophiées et plaques de sclérose visibles, aortite chronique sus-sigmoïdienne respectant l'orifice des coro-
naire.
Cœur droit. — Surcharge adipeuse, dilatation auriculaire, caillots ftibrineux dans l’oreillette.
Coronaire gauche. — Nombreuses plaques d'endartérite et oblitération complète à 2 centimètres de son origine.
Coronaire droite. — Endartérite chronique, rétrécissement de la lumière aussitôt après l’origine.
Hisrococie. — Ventricule qauche. — Sclérose diffuse et par ilots, sur-
tout marquée au niveau des piliers et sous le péricarde, sclérose plus accusée autour des vaisseaux, adipose sous-péricardique interslitielle moyenne, œdème interstitiel, dissociation segmentaire, dégénérescence du plus grand nombre des fibres musculaires caractérisée par la disparition de la striation transversale et la transformation de la substance musculaire en blocs amorphes.
Au niveau de la cicatrice d’infarctus : sclérose presque totale avec disparition des fibres musculaires sauf en quelques points où : dégénérescence pigmentaire el vacuolaire.
Ventricule droit. — Sclérose diffuse inter et intra-fasciculaire sans ilots comparables à ceux du ventricule gauche. Dans beaucoup de points, et en particulier sous le péricarde, on constate la dégénérescence granuleuse des fibres musculaires avec disparition de la striation transversale. Dans l'épaisseur du myocarde, au contraire, beaucoup de fibres ont conservé leur apparence normale, présentant simplement des noyaux tuméfiés. Les lésions dégénéralives reparaissent au voisipage de l’endocarde où l’on constate, indépendamment de la dégénérescence granuleuse. un certain degré de dégénérescence vacuolaire.
Il existe aussi de l’œdème interstitiel.
Oreillette droite. — Adipose sous-péricardique très accusée et légère adipose interstitielle, artérite et péri-artérite, sclérose diffuse et œdème interstitiel, dégénérescence granuleuse et vacuolaire d'un grand nombre de fibres.