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tique la congestion intense de tous les organes, il favorise encore la diurèse en augmentant l'énergie des systoles et par suite, la rapidité du courant sanguin.
Fraser introduit le premier le médicament dans la thérapeutique des maladies du cœur, et dans ses expériences sur le chien, il constate simplement une augmentation de l'énergie systolique sans modification du côté des vaisseaux.
Au contraire, Gley et Lapicque (Soc. de Biol.,1887),observent à la suite des injections de strophantine, une vaso-constriction générale.
Bovighi (Reforma publica,1887) insiste particulièrement sur la diminution de la tachycardie et de l’arythmie sous l'influence du strophantus.
Enfin, M. Bucquoy (Acad. de Méd., janv. 1889) met en évidence l’action diurétique du médicament déjà constatée par Fraser et niée ensuite par Germain Sée.
Administré dans la grande asystolie, le strophantus provoque rarement une débâcle urinaire (Huchard) analogue à celle de la digitale ; aussi trouve-t-il plutôt son indication à la période hyposystolique de la myocardite chronique hypertrophique. Nous avons employé dans ces cas la teinture alcoolique de strophantus au 5e à la dose de 8 gouttes par jour et cela pendant plusieurs semaines et même plusieurs mois avec de rares intervalles, sans observer le moindre inconvénient. Toutefois, il convient de faire quelque réserve sur sa parfaite innocuité puisqu'on lui a attribué plusieurs accidents graves qui à vrai dire n'étaient peut-être que de simples coïncidences.
La diurèse qu’il provoque est constante et de moyenne intensité ; atteignant environ 2 à 3 litres dans les 24 heures. Souvent elle ne persiste que quelques jours après la cessation du médicament, et avec l’oligurie, l’hyposystolie reparaît. Il suffit alors de l’administrer à nouveau pour que tout rentre dans l’ordre ainsi que nous l’avons maintes fois constaté, spécialement chez deux cardio-scléreux dont l’observation sera rapportée plus loin. Chez ces malades, la teinture de strophantus à permis d'éviter l'emploi réitéré de la digitaline, et dans un cas même, le strophantus à merveilleusement réussi
alors que la digitale était restée sans action.
En résumé, le strophantus est un médicament de soutien, à la fois toni-cardiaque et diurétique. Il entretient une diurèse constante et augmente l'énergie cardiaque sans toutefois élever la tension artérielle, en outre, nous avons plusieurs fois constaté son influence fa-
vorable sur la tachycardie et en particulier sur l’arythmie.
B. — Polyuries nerveuses.
On peut en décrire deux variétés distinctes, à savoir :
19 La polyurie douloureuse.
29 La polyurie nerveuse sans association de phénomènes douloureux.
1° Polyurie douloureuse. — Non spéciale aux cardiaques, elle a été particulièrement signalée au cours de la névralgie sciatique par MM. Debove et Rémond.
Dans un certain nombre de cas, nous avons pu constater chez des malades atteints d'affection cardiaque ou artérielle, l'influence très nette des douleurs sur la production et sur l'entretien de la polyurie, Plusieurs de ces observations nous ont paru intéressantes, aussi les résumerons-nous rapidement.
Une de nos malades était atteinte d’aortite chronique avec dilatation uniforme nettement révélée par la percussion, En outre, elle présentait une insuffisance rénale notable, constatée à plusieurs reprises par des analyses complètes d'urine et par l'épreuve du bleu de méthylène sur laquelle nous aurons hientôt l’occasion d’insister longuement. Chez cette malade, Papparition de phénomènes douloureux d’une extraordinaire intensité fut immédiatement suivie d’une diurèse très abondante, les urines atteignant 3 à 5 litres dans les 24 heures. Les localisations de la douleur étaient multiples ; il y avait à la fois : polynévralgies cervico-brachiales et intercostales avec douleurs à la pression sur le trajet du phrénique ; névralgies lombo-ubdominales, et précordialgie. De plus, la malade accusait des accès pseudo-angineux fréquents et parfois des crises d’angine vraie avec sensation de
brûlure et de constriction rétro-sternale et irradiation vers le bras MaABTIN 2
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gauche. Il est difficile on le voit d'imaginer un type douloureux plus complet. Nous n’avons pas à décrire ici le mécanisme de ces douleurs. disons seulement qu’elles ont augmenté rapidement d’intensité pour devenir bientôt très vives, continues, et tenaces au point de résister à toute intervention thérapeutique.
Quel rapport y avait-il maintenant entre ces phénomènes douloureux et la polyurie observée ? ;
Nous avons dit que notre malade était atteinte de sclérose rénale avancée ; en outre, elle suivait un régime alimentaire spécial, mangeant peu et buvant dans les 24 heures trois litres environ dont un litre et demi de lait. Il y avait donc là deux causes bien connues de polyurie ; toutefois nous pouvons dire que dans ce cas, les douleurs ont exercé sur la diurèse une influence des plus caractéristiques. En effet, tout d’abord la polyurie abondante a fait défaut pendant une première période malgré l'existence des deux causes que nous venons de rappeler, et c'est au moment où les phénomènes douloureux ont revêtu un caractère d'intensité non constaté jusqu'alors, que l’hydrurie a notablement augmenté. En second lieu, nous avons, pas toujours il est vrai mais du moins fréquemment, observé une recrudescence marquée de la polyurie coïncidant avec l’exaspération des douleurs.
Quelle a été l’action de la douleur sur la tension artérielle ?
Chez tous nos cardiaques, la tension artérielle a été fréquemment prise au sphygmomanomètre de M. Potain, et autant que possible aux mêmes heures et dans les mêmes conditions. On sait en effet combien la pression est susceptible de varier même à l’état physiologique sous l'influence de causes multiples telles que : la digestion, la station debout, le décubitus dorsal, l'effort, les émotions, etc.
Pour nous mettre en garde contre ces variations, nous la prenions généralement le matin avant le repas et toujours dans la position couchée.
Notre malade était artério-scléreuse et avait constamment présenté de l'hypertension même avant l’apparition des douleurs, mais la pression artérielle qui était alors de 20 à 22 est brusquement montée
à 28 et 30 sous l'influence des phénomènes douloureux, et comme
do.
pour la diurèse nous avons maintes fois constaté simultanément l'exaspération des douleurs et la surélévation de tension.
Dans le cas que nous venons de décrire brièvement, il s'agissait d’une aortite chronique avec insuffisance rénale très accusée ; disons maintenant quelques mots au point de vue spécial qui nous occupe, de l’aortite aiguë où subaiguë sans altération très marquée de la perméabilité du rein.
Parmi les malades réalisant ce type clinique, deux ont été particulièrement intéressants à observer.
Porteurs d’une double lésion orificielle de laorte déjà ancienne, et compliquée chez l’un de rétrécissement mitral, ils sont entrés à l’hôpital pour de vives douleurs rétro-sternales accompagnées de dyspnée légère surtout au moment de l'effort. À l'examen, on constatait une augmentation assez accusée de la matité absolue du cœur avec dilatation de l'aorte qui dépassait le bord sternal de 4 à 2 centimètres environ dans le second espace intercostal droit. Les malades accusaient à la région rétro-sternale supérieure une sensation de brülure avec irradiations aux nerfs intercostaux et jusque dans le bras gauche, à certains moments du moins. Cette douleur était continue avec paroxysmes provoqués par les efforts et surtout par les mouvements d’abduction entraînant l’élongation brusque du plexus brachial ; elle était augmentée par la pression profonde de la région préaortique qui présentait une hyperesthésie cutanée très vive.
Là encore nous avons pu constater l'influence nette des phénomènes douloureux sur la diurèse et sur la tension artérielle. Chez l’un, la polyurie moyenne observée a cessé brusquement avec la disparition des névralgies cardiaques et aortiques, bien que le régime alimentaire n'eût pas été modifié. Chez l’autre, l'exaspération des douleurs a provoqué à plusieurs reprises une élimination d'urine nettement plus abondante. Dans les deux cas enfin, on a noté plusieurs fois pendant la période douloureuse, une élévation de la tension artérielle qui atteignit 22 à 23 c. de mercure.
D'après ce qui précède, on peut il nous semble décrire chez ces malades un syndrome spécial caractérisé par l'ensemble des signes
suivants : dilatation cardio-aortique, aortite subaiguë et péri-aortite,
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névralgies cardiaques ou névrite douloureuse avec irradiations intercostales et cervico-brachiales, enfin, polyurie moyenne et hypertension sans imperméabilité rénale manifeste.
Dans les 2 cas que nous venons de signaler, les analyses chimiques d’urine et l'épreuve du bleu de méthylène avaient en effet dénoté une perméabilité normale ou peu altérée du filtre rénal.
En rapportant ces différentes observations de polyurie douloureuse nous ne prétendons pas établir de règle fixe et affirmer son existence constante. Il s’en faut de beaucoup en effet que cette influence se fasse toujours sentir, et nous pourrions citer plusieurs cas dans lesquels la quantité des urines n’a subi aucune modification malgré l'existence de crises névralgiques parfois très vives.
Nous tenions seulement à rappeler qu'il existe souvent un lien étroit entre la polyurie et la douleur.
2 Polyurie nerveuse non douloureuse. — A côté de la polyurie douloureuse, nous voulons décrire dans ce chapitre des polyuries nerveuses, une variété spéciale susceptible de se produire dans le cours des péricardites aiguës sèches non accompagnées de douleur, ainsi qu'il nous a été donné d’en observer un cas.
Il s'agissait d’un jeune homme de 16 ans entré à l'hôpital pour une angine légère compliquée au bout de quelques jours, d'érythème polymorphe avec purpura des membres inférieurs et arthralgies peu intenses. Quelque temps après la disparition des douleurs articulaires, nous constations des signes de péricardite sèche, à savoir : l'existence d’un frottement caractéristique au niveau du troisième espace intercostal gauche, frottement léger mais nettement perçu et augmenté par la pression du stéthoscope ; en même temps la zone de matité absolue du cœur était accrue, la dilatation portant sur les deux diamètres vertical et transversal qui mesuraient chacun 9 centimètres environ. Le malade n’accusait aucune douleur spontanée ni provoquée, de plus il n’y avait pas d’élévation de température. Pendant plusieurs jours, les urines qui jusque-là atteignaient 2 litres à 2 litres 1/2 furent très abondantes, la quantité moyenne étant de 4 litres environ par 24 heures. En même temps, la tension artérielle consi-
dérablement élevée atteignit 30 à 35 et même davantage, les signes