II. LA DYSTOCIE N’A PAS ÉTÉ PRÉVUE
C’est surtout dans ce dernier cas que se posent les problèmes. les plus angoissants, car le plus souvent le travail a débuté lorsqu'on s'aperçoit de la dystocie pelvienne. Des examens consciencieux sans doute, mais peut-être trop répétés ont été pratiqués, quelquefois même avec une asepsie douteuse ; des manœuvres. d'extraction ont pu être tentées. Que faut-il faire?
De ce que nous avons lu et observé, il semble résulter que ces
cas sont moins favorables que les autres, témoin notre observation
XXXIme, où l’on voit que sept examens avaient été pratiqués au
dehors, après la rupture de la poche des eaux. La femme succomba
après l'opération. Il en fut de même pour la parturiente de Schäfer,
examinée neuf fois par des étudiants, la poche des eaux étant
rompue. Cependant, Gaïfami a pratiqué la césarienne basse plu-
sieurs fois dans des conditions au moins aussi défavorables et a obtenu d'excellents résultats.
Incontestablement nous sommes arrivés au point le plus épineux du débat, car c’est un problème dans la solution duquel intervient une inconnue difficile à trouver. En effet, que s'est-il passé exactement avant le moment où on se trouve en présence d'une femme dont le travail a évolué sans résultat et chez laquelle on diagnostique une dystocie pelvienne? Quelle garantie d’asepsie apporte l'entourage, d'autant plus que dans les bassins rétrécis, la rupture de la poche des eaux se fait assez souvent d’une façon précoce, et par conséquent la suppression de la barrière constituée par les membranes, augmente encore les risques d'infection.
Dans ces situations encore davantage on ne peut pas formuler une règle de conduite générale. La solution du problème résultera de la combinaison de nombreux facteurs particuliers. Peut-être, avec une plus grande expérience de la césarienne basse, arrivera-t-on à pouvoir poser des limites plus nettes à cette intervention. Dans tous les cas il ne saurait être question de mettre la césarienne basse en balance avec la césarienne classique tardive. Il suffit pour justifier notre opinion de jetter un coup d’œil, non sur quelques statistiques. heureuses isolées, mais sur un grand nombre de communications concernant la césarienne tardive ; l’on verra, que quoique les cas malheureux ne soient pas tous publiés, cette intervention donne des résultats nettement inférieurs à ceux de la césarienne basse pratiquée dans les mêmes conditions.