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Quels seront les enfants qui bénéficieront de la séro-prévention?
Il faut frapper là où la maladie atteint son maximum de fréquence et de gravité : dans les services de médecine infantile, dans les collectivités de nourrissons, crèches et pouponnières. Chez le nourrisson de moins de | an, élevé en pouponnière, la séro-prévention devient une nécessité dès l'apparition d'un premier cas de coqueluche. Dans les services de contagieux la séro-prévention peut éviter le danger de voir survenir une coqueluche chez un rougeoleux, un malade aïiteint de grippe épidémique, de diphtérie ou dune autre maladie infectieuse.
La contagiosité de la coqueluche s'étend sur un temps variable, depuis la période catarrhale pré-quingiosité peut même s'exercer par des porteurs de gerteuse jusqu'à la 2ème ou 3ème semaine, cette contames anciens coquelucheux guéris. Il est un autre danger de cette contagiosité, c'est le manque de signes particuliers de la phase catarrhale et la fréquence des formes atypiques (coqueluche frustre du nourrisson dont la toux persistante ne s’accompaune pas toujours de reprises). La contagion peut alors s'étendre sans contrôle possible. Il faudra donc poser le diagnostic dès la phase catarrhale, on s’aidera au besoin si l’on se trouve près d'un laboratoire qualifé, du diagnostic bactériologique par l’ensemencement des gouttelettes projetées par la toux, sur le milieu de Bordet et Gengou.
Il est évidemment très difficile de se procurer du sérum de convalescent de coqueluche car cette maladie frappe essentiellement les nourrissons chez qui on ne peut raisonnablement prélever du sang. Aussi fera-t-on appel au sérum humain de sujets hyper immunisés par vaccinothérapie anticoquelucheuse.
Le sérum humain hyper immunisé :
Ce sérum a été mis au point grâce aux travaux des auteurs américains Cohn, Lapin, Felton, travaux commencés en 1939. En France la première expérimentation a été entreprise dès 1946 à Lyon par Charles Mérieux et ses collaborateurs. On immunise durant 6 semaines un donneur sain (dûment contrôlé au point de vue clinique et sérologique) par une injection hebdomadaire sous-cutanée d’une émulsion concentrée de bacilles coquelucheux fraîchement isolés et stérilisés, puis 10 jours après la dernière injection on prélève 500 ccs de son sang. La préparation de son sérum se fera ensuite comme nous l'avons précédemment indiquée.
Quelles doses de sérum employer?
l” A titre préventif :
Les auteurs francais préconisent les mêmes dases que pour la rougeole, c’est-à-dire de 3 à 5 ccs (il semble que ces doses faibles sont utilisées du fait de la difficulté de se procurer du sérum).
; Les Américains - préfèrent injecter 10 ccs par voie intra-musculaire, à titre préventif. En 1939, Cohn et Lapin signalent qu'aux doses de 5 à 10 ces l'injection de sérum pratiquée dans les 15 jours suivant le contact confère une immunité à 85 % des enfants, alors que la contagion frappe 80 % d'un groupe d'enfants témoins qui n'ont pas recu de sérum.
2° A titre curatif :
Pour agir convenablement les doses doivent être plus élevées. Les Américains recommandent de pratiquer 3 injections de 20 ccs de sérum toutes les 48 heures, par voie intra-veineuse, dès le début de la ma-
LÉ AATES
ladie. Des doses de 50 à 100 ccs peuvent être employées dans les formes graves.
Les résultats semblent être très intéressants s1 nous nous reportons aux statistiques américaines publiées en 1945.
Sur 442 malades 236 n'avaient pas un an et 176 moins de 6 mois, les résultats furent classés de la ma2nière suivante : x
Excellents ou: bons Wen 10,2 % Moyens: Roc EeeRre enr it MODS Mauxate to DER ee 6,6 Morts ce ie ter ES 1,3 %
Le dernier groupe était composé d'enfants morioonds qui ne recurent pas des doses suffisantes.
Il est facile de comprendre que pour utiliser des doses de 60 à 100 ccs de sérum on ne peut s'adresser à des convalescents et que seuls des sujets immunisés au préalable pourront fournir de telles quantités d'où l'intérêt qu'il y a dans notre pays à intensier et améliorer la préparation des sérums dans les centres régionaux de transfusion.
UL. '— LES ORFEILLONS
La maladie ourlienne est généralement bénigne mais son affinité particulière pour la glande testiculaire en assombrit parfois le pronostic du fait des conséquences qui en découlent. En effet, l'orchite ourlienne, négligeant les enfants impubères, frappe les adolescents, les adultes jeunes et vigoureux et peut compromettre irrémédiablement leurs fonctions de reproduction. D'où l'intérêt primordial de prévenir une telle complication. Les sérums de convalescents auront Jà un rôle très important à jouer, bien plus important que dans la prévention de l'atteinte parotidienne elle-même. Ces sérums peuvent également
A An
être judicieusement employés dans le traitement curatif des formes graves à localisation nerveuse ou méningée des oreillons, complications qui sont heureusement rares.
Date du prélèvement :
Il est assez délicat de préciser à quel moment un malade atteint d'infection ourlienne entre réellement en convalescence, car s’il est facile de reconnaître la disparition de la parotidite, on ne peut pas prévoir l'apparition, une semaine plus tard, d’une orchite ou d'une localisation méningée, complications qui nous montrent que le sang du malade ne possède pas assez d'anticorps pour résister à de nouvelles attaques du virus. Îl serait donc imprudent de prélever ce sang aussitôt après la fin de la parotidite.
Teissier conseille de faire les prélèvements au 16ème au 20ème jour.
— De Lavergne recommande de les pratiquer autour du 20ème jour. Par mesure de sécurité il semble préférable de faire ce prélèvement au moins 10 jours après la fin de la parotidite, ce qui nous donne une marge de sécurité suffisante.
Si par malheur une orchite se déclarait après la prise de sang, la surveillance clinique du convalescent et l'étiquettage des ampoules permettraient alors de rejeter le sérum incriminé.
La séroprophylaxie de lorchite ourlienne :
Le sérum d’un convalescent d’orchite ourlienne est-il aussi actif que celui d'un convalescent de la seule atteinte parotidienne? Pour Teissier, le sérum de convalescent d’orchite semble favoriser la localisation testiculaire des oreillons chez les sujets qui le reçoivent à titre préventif. De Lavergne, au contraire, estime que c'est un sérum de choix pour la pré-
“Pape
vention des orchites. Nous n'avons jamais constaté, pour notre part, de cas d’orchite consécutive à des injections préventives, faites en temps utile, de sérum d'anciens malades guéris d’orchite.
Comme nous l'avons déjà indiqué, la localisation testiculaire des oreillons frappe les adolescents et les adultes jeunes. Il conviendra donc d'instituer la séroprophylaxie dans les collectivités groupant de tels sujets, c'est-à-dire : les collèges, les pensionnats et les casernes. On sait que l’incubation des oreillons est fort longue, de 18 à 22 jours, aussi c'est à partir du I8ème jour après la contamination qu'il faudra particulièrement surveiller le sujet contact, isolé au préalable. La chose est facilement réalisable dans les milieux militaires où l'isolement des suspects (toute une chambrée par exemple) permettra, dès les premières heures de l'apparition de la parotidite chez l’un d'eux, d'injecter le sérum à tous les sujets contacts. De la précocité de cette sérothérapie dépend le succès de la prévention de l'orchite. Une dose unique de 10 à 20 ccs, par voie intramusculaire, est largement suffisante pour la séro-prévention de l’orchite et des complications méningées. Cette séro-prévention n'empêchera pas du reste la parotidite d'évoluer normalement mais évitera la localisation génitale de la maladie. Le sérum peut également quelquefois agir utilement en présence d'une orchite débutante et permettre ainsi d'espérer le retour à l'intégrité des fonctions génitales.
En voici un-exemple d’après l'observation suivante :
CG... H.. 16 ans et demi, Pavillon H.
Début de l'infection le 20 avril 1947 : légère enflure parotidienne gauche, indolore. Le 22 avril : les 2 côtés sont enflés simultanément el la masticalion est gênée dès le matin. L’après-midi, l'enfant fatigué perçoit une douleur au testicule gauche, déjà légèrement enflé. L’enlant passe une nuit agitée. Le 24 avril au malin la tem-
Re: LAS
pérature atteint 39°. On iniecte alors 2 ampoules de 5 ces de sérum de malade guéri d’orchilte ourlienne.
Pendant 3 jours le testicule grossil mais les douleurs disparaissent, la température reste stationnaire entre 38°7 et 3924.
Le 4ème jour au matin (28 avril) apres l'injection du sérum la température commence à décroître 38°4 en même temps que le volume du testicule diminue.
. 8 jours après l'injection du sérum (ler mai) la lempérature est à 36°8 et le testicule gauche a repris la laille de son voisin.
La convalescence sera rapide et sans autres complications. Le malade revu 3 mois plus tard ne présente pas d’atrophie lesticulaire.
Dans cette observation nous/constatons que Pinjection d’une dose de 10 ces de sérum de malade guéri d’orchite ourlienne (sérum préparé en octobre 1946 et conservé pendant 6 mois congelé à -12°) faite le lendemain du début de l’atteinte testiculaire, a eu pour effet d'ameñer la sédation rapide des phénomènes douloureux, d'empêcher l'extension de l’orchite à l’autre testicule et de provoquer un retour à la normale en moins, de 8 jours, sans laisser, par la suite, d’atrophie testiculaire.