IV. — SCARLATINE
L’immunité dans la scarlatine :
La scarlatine est une maladie infectieuse dont la contagiosité s exerce, non seulement pendant toute la durée ce son évolution, mais encore, chez certains sujets, pendant de longs mois après la convalescence. Fort heureusement tous les sujets ne sont pas réceptifs vis-à-vis de cette maladie à si haute contagiosité. Beaucoup se trouveront spontanément immunisés à la suite d'une forme fruste passée inapercue, ou d’une atteinte occulte. Cette immunité n'est pas constante chez un même sujet aux différentes époques de sa vie. (Ce qui explique, dans une certaine mesure, les rechutes possibles de la maladie et les récidives lointaines).
HS AQUE
La scarlatine va conférer à l'organisme des propriétés nouvelles par l'apparition, dans le sang, d’antitoxines spéciales qui sur un plan clinique seront à la base de deux phénomènes biologiques particuliers : la réaction de Dick et le phénomène de Schultz-Charlton.
La réaction de Dick :
L'injection intradermique, chez un sujet à examiner, d'une dose très faible, de l’ordre de 1/10 de cc, d’un filtrat de cultures de streptocoques hémolytiques, isolés du mucus bucco-pharyngé d'un scarlatineux peut :
— Ou provoquer un érythème et une induration locale au bout de 24 heures.
— Ou n'être suivie d'aucune réaction cutanée.
Dans le ler cas la réaction est positive, le sujet est réceptif vis-à-vis de la scarlatine, dans le 2ème cas la réaction est négative, le sujet n'est pas réceptif.
La réaction qui est positive pendant la phase aigué de la maladie devient négative vers le 15ème jour de la convalescence, le virage de cette réaction correspondant à l'apparition d’une certaine quantité d'antitoxines dans le sérum du convalescent. Il existe des sujets qui, tout en n'ayant pas eu de scarlatine, présentent cependant une réaction négative : ces sujets peuvent avoir fait une forme fruste, sans manifestation clinique apparente (immunité spontanée occulte).
Le phénomène de Schultz-Charlton.
— Une injection intradermique de | cc de sérum de convalescent de scarlatine, est pratiquée au point où l'exanthème est le plus intense chez un sujet présentant un érythème suspect dont on veut faire la preuve de la nature scarlatineuse.
1.) S'il s'agit de scarlatine, au bout de 6 à 12 heures, l'exanthème s'efface entièrement sur une largeur grande comme une paume de main, au point où l'injection a été faite.
2.) S'il s'agit d'une autre éruption que la scarlatine l'extinction de l'érythème suspect n'a pas lieu.
Ce pouvoir extincteur n'apparaît dans le sérum d'un scarlatineux qu'à partir de la 3ème semaine de sa convalescence.
Il sera facile de sure pourquoi let -sérum d'un sujet « Dick. négatif », porteur de l’immunité humorale, éteint l’exanthème scarlatineux, et celui d'un sujet « Dick positif », c'est-à-dire réceptif et dépourvu d’antitoxines, ne provoaue pas le phénomène de
Schultz-Charlton.
Epoque du prélèvement 4 sérum de convalescent de scarlatine.
Pour la majorité des auteurs les prélèvements doivent être faits du 20ème au 30ème jour de la convalescence. En cas de doute la négativation de la réaction de Dick et l'apparition du pouvoir extincteur dans le sérum du convalescent aideront à déterminer le moment à partir duquel on pourra faire le prélèvement. Certains auteurs, tels Debré et Lamy préfèrent effectuer ce prélèvement entre les 30ème et 40ème jours de la convalescence, époque où la teneur du sérum en antitoxines atteindrait son maximum.
L'action du sérum de convalescent dans la scarlatine.
La sérothérapie peut être utilisée :
l° À titre prophylactique.
2° Dans un but thérapeutique curatif.
— À titre prophylactique, le sérum de convalescent de scarlatine peut être utilisé, en période d'épi-