PRÉPARATION DES SOLUTIONS
La préparation des ampoules comporte une série de manipulations qui doivent être effectuées minutieusement. Et, tout d’abord, il s’agira de préparer les solutions. Elles s’obtiennent, pour chaque corps, au moyen de dissolvants appropriés indiqués par la théorie et l'expérience. Je parle de solutions, mais, pour certains médicaments insolubles, on doit se contenter de suspensions dans des véhicules convenables.
Il faut, en tous cas, se servir de produits chimiquement purs; les impuretés peuvent avoir, en effet, une action toute différente de celle du médicament que l’on veut administrer, et même, dans certains cas, être toxiques.
L’eau récemment distillée doit être vérifiée au point de vue de l’absence de sels minéraux. On verra plus loin l'importance de la présence de sels alcalins.
Pour les solutions ou suspensions huileuses, on se sert de l’huile d'olives, d’arachides où d'amandes douces.
re
Mais, quelle que soit l’huile employée, elle doit être purifiée, c’est-à dire débarrassée des acides gras. Pour ce faire, le Codex indique le procédé suivant :
Huilé d'olives PES RL 00 Alcool 2:95 degrés RER 60
Mettez l'huile dans un flacon de 250 centimètres cubes environ, ajoutez 30 grammes d’alcool, mélangez et laissez en contact trois jours en ayant soin d’agiter de temps en temps. Décantez l'alcool surnageant ; ajoutez le reste de l'alcool, agitez et décantez à nouveau aussi complètement que possible. Chauffez l'huile dix minutes dans une capsule de porcelaine au bain de sable à une température qui ne devra pas dépasser + 115 degrés.
D’après Lesure, l’huile ainsi traitée ne présente pas un indice d’acidité tout à fait nul. Dans la pratique, on doit pouvoir s’en contenter.
On se sert, quelquefois, de corps gras autres que l'huile. Pour l'huile grise, par exemple, on emploie la vaseline et la lanoline. Ces deux produits doivent répondre aux essais du Codex et la vaseline devra être absolument neutre.
Quoi qu'il en soit, les solutions ou suspensions doivent être faites avec beaucoup de soins et le plus vite possible. On comprend aisément que la stérilisation sera d'autant plus difficile qu'on opérera plus lentement, car plus la manipulation sera longue, plus on aura de chances d’y laisser introduire des microbes.
On à recours le moins possible à la chaleur comme agent dissolvant, de façon à ne pas altérer les produits et à ne pas concentrer les solutions.
ER
Certains corps ont besoin d’adjuvants pour se dissoudre : la caféine, par exemple, exige du benzoate ou du salicylate de soude, l'iodure mercurique de l’iodure de potassium, le benzoate de mercure du chlorure de sodium ou du benzoate d’ammoniaque, etc. Il est évident que l’on doit se conformer, pour effectuer ces solutions, aux formules admises. Nous ne pouvons les passer en revue parce que cela nous entraînerait trop loin et aussi parce qu’elles existent dans tous les formulaires. |
Voici donc notre solution faite. Est-elle absolument limpide ? N'y a-t-il pas dans les corps dissous ou même dans l’eau distillée de petits corpuscules ? C’est ce qui arrive souvent. On doit donc filtrer la solution pour qu’elle soit rigoureusement limpide. On se sert à cet effet de coton hydrophile répondant aux essais du Codex, c’esta-dire qu’il ne contient pas de sels minéraux et ne présente aucune trace d’acidité. On peut employer aussi le papier filtre, mais 1l est recommandé de se méfier de certains qui contiennent des sels de fer et quelques-uns sont si alcalins que, d’après Lesure, la morphine serait précipitée dans les solutions de chlorhydrate de morphine. Notons en passant que si l'on se sert de la bougie comme moyen de stérilisation, la solution n’a pas besoin d’être filtrée.