‹ Contribution à l'étude de la préparation et de l'analyse de quelques ampoules pour injections hypodermiquesChapitre 6 sur 20 · REMPLISSAGE DES AMPOULES · texte numérisé non relu

REMPLISSAGE DES AMPOULES

Voici nos ampoules prêtes à être remplies. Comment va-t-on effectuer cette manipulation? Disons tout de suite un mot des grosses ampoules (sérums artificiels). On peut les remplir directement par pression ou par aspiration, à l’aide d’un tube de verre et de caoutchouc. Pour laspiration, on se sert d’une trompe à eau en reliant une extrémité de l’ampoule à la trompe et l’autre au récipient contenant la solution.

Pour les petites ampoules, il existe de nombreux procédés.

Si on a un petit nombre d’ampoules à préparer, on peut opérer de plusieurs façons :

1° Les ampoules sont ouvertes à leurs deux extrémités ;

pe on les remplit par aspiration au moyen de la bouche ou d’une poire en caoutchouc et par l’intermédiaire d’un tube de caoutchouc ;

2 Un moyen pratique et qui n'exige aucun appareil spécial est le suivant : on porte successivement le corps de chaque ampoule ouverte à une seule extrémité dans la flamme d’un Bunsen pendant quelques secondes et on plonge cette ampoule dans un récipient contenant de l’eau distillée filtrée à une hauteur inférieure à celle de la pointe de l’ampoule. La contraction de l’air, pendant le refroidissement, produit une diminution de pression à l’intérieur de l’ampoule et une petite quantité d’eau y pénètre. On retire l'ampoule en la renversant, de façon à ce qu'une partie du liquide vienne mouiller la pointe fermée; puis on chauffe de nouveau l’ampoule, d'abcrd dans sa partie médiane, ce qui produit l’ébullition de l’eau; la vapeur émise chasse le liquide voisin de l’ouverture. À ce moment, en imprimant une légère secousse ou encore en chauffant la pointe fermée, la petite quantité d’eau qui y restait adhérente s’échappe et arrivant au contact de la paroi chaude se vaporise et sort en fusant hors de l’ampoule. C’est à ce moment précis que celle-ci doit être plongée dans la solution médicamenteuse par sa pointe ouverte ; pendant le refroidissement qui s'ensuit, le remplissage de l’ampoule se fait immédiatement. Il ne reste plus qu’à fermer au moyen d’un Bunsen la pointe ouverte après avoir chassé la petite colonne de liquide qui reste dans cette pointe.

Nous venons de voir deux procédés pratique quand on ne doit préparer qu’un petit nombre d’ampoules, nous allons passer en revue les appareils spéciaux qui per-

nn — mettent le remplissage rapide de beaucoup d’ampoules.

Le procédé le plus répandu utilise la cloche à vide. On dispose sous celle-ci les ampoules dans un cristallisoir, la pointe brisée tournée en bas. Un bouchon qui obture la cloche est percé de trois trous : l’un donne passage au tube à robinet de la trompe à eau; un autre, habituellement .entonnoir à brome, sert à l'introduction du liquide ; le troisième, tube à robinet, communique avec l’air extérieur. On fait le vide jusqu'à environ 70 centimètres de mercure. On ferme le robinet de communication. On laisse tomber la solution dans le cristallisoir et enfin on ouvre lentement le robinet de communication avec l’air extérieur dont la rentrée dans la cloche donne une pression suffisante pour faire monter la solution dans les ampoules.

On a construit beaucoup d’appareils basés sur ce procédé. Je n'en décrirai qu’un : celui de Leune, de Paris, qui peut être considéré comme type général. IL se compose :

1° D'un dessiccateur fermé par un couvercle à douille et pourvu, latéralement, d’un ajutage auquel sera adapté un tube à robinet muni de coton ;

20 D’un système porte-bougie (pour les solutions qu’on stérilise par filtration) ;

3 D’un vase intérieur stérilisable.

Fonctionnement. — 1° On ouvre le vase intérieur ; on dispose les plaques de porcelaine perforées qui supportent les ampoules, la pointe brisée tournée en bas ;

20 Le vase intérieur qui a été stérilisé au besoin est descendu dans le dessiccateur ; le système porte-bougie est adapté au haut de l’appareil (inutile de dire que, si on ne se sert pas de bougie, elle est remplacée par un appareil

quelconque, un entonnoir à robinet ou une boule à décantation) et on place le couvercle sur le tout’;

3 On met le tube latéral en communication avec la

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trompe et onopère comme pour la cloche à vide ordinaire (voir précédemment) ;

4° Pour faire sortir les gouttelettes de liquide qui restent toujours dans l’extrémité de l’ampoule, on ouvre le

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dessiccateur, on sort le vase intérieur et on le retourne d’un seul coup sens dessus dessous. On replace le vase retourné dans le dessiccateur, on remet le couvercle et on fait agir la trompe pendant un instant. Les gouttelettes sont aspirées au dehors. On laisse de nouveau rentrer l’air et l’on n’a plus qu'à sceller les ampoules à la lampe.

M. Moreau donne la manière de confectionner un appareil pratique et peu coûteux. Il se compose d’un bocal ordinaire avec un couvercle en étain qui se visse et fermant le mieux possible. On peut assurer la fermetureen recouvrant la jonction couvercle et vase par un anneau de caoutchouc souple approprié. Le couvercle est percé d’un orifice dans lequel est fixé un bouchon de caoutchouc à trois trous, dont l’un laisse passer un tube coudé à angle droit communiquant avec la trompe ; l’autre, le tube d’un entonnoir à décantation avec robinet et contenant la solution à répartir. Le troisième laisse passer un tube coudé à angle droit et muni d’un tube de caoutchouc fermé par une pince de Mohr. Les ampoules, dont une extrémité seule est ouverte, sont placées dans le bocal, la pointe ouverte en bas, et l’on opère au moyen de la trompe comme dans l'appareil précédent.

Berlioz et Dufflocq indiquent un appareil qui est formé d’un récipient en métal nickelé, dans lequel on introduit le liquide. Par-dessus est disposé un diaphragme percé de trous, par où s'engagent les pointes ouvertes des ampoules qui, tournées en bas, plongent dans le liquide. Le couvercle, percé d’un trou, laisse passer une tige munie d’un anneau. On laisse vingt minutes à 120 degrés à l’autoclave. Apres refroidissement, l'appareil est placé sous une cloche à vide où l’on fait le vide au moyen de la

of trompe. On ferme le robinet de communication, on laisse rentrer l'air filtré sur du coton stérilisé et les ampoules se remplissent comme précédemment.

M. H. Reddé vient de présenter dernièrement un appareil destiné à remplir les ampoules pour l’hypodermie au comptoir même de l’officine sans aucune installation accessoire. C’est une pissette à répartition de forme spéciale ; un flacon muni d’un bouchon en caoutchouc percé de trous dans lesquels passent :

Un tube deux fois recourbé à angle droit, à l'extrémité extérieure duquel est soudé un tube droit en platine d’un diamètre assez petit pour pouvoir entrer dans la pointe d’une ampoule et assez gros toutefois pour que le liquide puisse y passer facilement ; ce tube plonge jusqu’au fond du flacon ;

Un deuxième tube, deux fois recourbé également, et ne plongeant pas dans le liquide, pourvu d’une poire sur la panse de laquelle est percé un trou rond que l’on peut obturer avec la pulpe du pouce en appuyant pour exercer une pression d’air dans l'intérieur du flacon. Ce trou a pour but, si l’on veut opérer aseptiquement (le tube portant la poire étant muni d’un tampon de coton et le tout ayant été autoclavé), d'empêcher la rentrée de l’air par l'aiguille lorsqu'une portion du liquide a été chassée dans les ampoules.

Le troisième trou est muni d'une baguette de verre servant de bouchon dans les cas ordinaires. On peut la remplacer par un entonnoir à robinet dont la manœuvre facilitera le remplissage du flacon dans les cas de préparation d’une assez grande quantité d’ampoules. C’est sur ce trou également qu'on pourra fixer une bougie filtrante

ne — dans les cas de liquide ne supportant pas la stérilisation par la chaleur. Il est alors nécessaire de stériliser préalablement les ampoules et l’appareil à l’autoclave. Mode d'emploi. — La solution étant préparée, la filtrer dans le flacon sur lequel on ajuste le bouchon muni de ses tubes. Mettre le flacon dans le support comme l'indique la figure. Prendre alors une ampoule de la main droite et en introduire l'extrémité effilée ouverte sur le tube de platine

d'un mouvement vertical, en appuyant l’extrémité des doigts le long du support pour se guider. Appuyer sur la poire de la main gauche en obturant le trou avec la pulpe du pouce : l’ampoule remplie, lâcher la poire et placer l’ampoule, l'extrémité ouverte dans une des encoches du couvercle retourné, et qui sert par conséquent de support pour les ampoules remplies. Il n’y a plus qu’à fermer les ampoules à la lampe et les stériliser.

Get appareil n’est pas destiné à l'industrie, mais au pharmacien, à son officine, où il lui rendra des services du même ordre que le cacheteur ou le pilulier.

Cazaux, pour le remplissage, se sert tout simple-

NS ment de l’autoclave, où il place les ampoules, la pointe ouverte plongeant dans le liquide. On laisse le robinet d'échappement ouvert jusqu'après le premier Jet de vapeur. On chauffe à la température et pendant le temps nécessaire à la stérilisation. On laisse refroidir l'appareil ; le vide s’est produit dans l’autoclave et les ampoules. Il suffit d'ouvrir peu à peu le robinet pour que, l’air pénétrant et faisant pression sur le liquide, les ampoules se remplissent.

Ce procédé a deux inconvénients. La condensation de la vapeur d’eau dans l’autoclave vient modifier la composition du liquide injectable et, d’autre part, la rentrée de l'air non stérile peut contaminer la solution. Aussi Gérard recommande-t-il de placer les ampoules dans un flacon à large goulot qu’on recouvrira d’un entonnoir dont la douille sera obstruée par un tampon de coton. Mais encore ce ne sera pas un procédé parfait, car la base de l’entonnoir pourra laisser passer de l’air contaminé.

On peut éviter cet inconvénient, d'apres Lesure, en se servant de l’autoclave de Sorel, dans lequel la rentrée de l'air se fait par un tube de platine pouvant être chauffé au rouge.

Paillard se sert d'un appareil spécial, le remplissodoseur, dans lequel la solution passe dans de petits tubes gradués à robinets et auxquels les ampoules sont adaptées. Cet appareil a l'avantage de ne mettre dans l’ampoule que juste la quantité voulue, 1 centimètre cube par exemple, ce qui est un avantage pour les ampoules autoinjectables. Pour les autres ampoules qui sont le plus souvent employées, il sera utile d'introduire une quantité de liquide un peu supérieure (1 cc. 1/3) à celle que l’on

= 0) — devra employer, la mesure devant se faire dans la seringue. Cet excès à pour but de compenser les pertes dans le transvasement du liquide de l’ampoule dans la seringue.

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