‹ Contribution à l'étude de la préparation et de l'analyse de quelques ampoules pour injections hypodermiquesChapitre 7 sur 20 · STÉRILISATION DES AMPOULES · texte numérisé non relu

STÉRILISATION DES AMPOULES

L'ampoule est remplie et fermée; il reste maintenant à la stériliser. On sait, en effet, que les liquides destinés à être employés en injections hypodermiques doivent être absolument privés de tout germe pathogène, qui pourrait donner des accidents plus ou moins graves.

Par les antiseptiques.

Il était tout naturel de s'adresser aux antiseptiques pour obtenir des ampoules privées de microorganismes, puisque leur rôle est de les détruire. Le nombre des substances capables d’arrêter la vie des microbes est considérable et chaque jour voit s’accroître leur liste, déjà bien longue. Il semble donc que nous péchions par excès de richesse. À y regarder de plus près, on s'aperçoit qu'il n’en est rien, que beaucoup sont loin d’avoir fait leurs preuves et que ceux mêmes estimés les plus puissants ont leurs défaillances et, en tout cas, sont loin de répondre à toutes les indications. Le pouvoir bactéricide est, en effet, une propriété essentiellement contingente variant dans une large mesure suivant l’espèce microbienne, le milieu, etc.

D'une façon générale, les bactéries non sporulées sont beaucoup plus sensibles à l’action des antiseptiques. Les spores, au contraire, présentent une très grande résis-

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Guttmann a observé que les spores du charbon pouvaient végéter après avoir séjourné trente-sept jours dans une solution d'acide phénique à 50 pour 1.000. Le sublimé lui-même à 1/1.000€ met, d'après Truchot, quinze jours pour détruire le virus de la septicémie puerpérale. On sait que le bacille typhique est non seulement épargné, mais isolé par le phénol en solution.

Apres de telles expériences sur des antiseptiques puissants, quelle confiance pouvait-on avoir dans Paction microbicide de substances reconnues beaucoup moins actives, telles que la glycérine, le borax, l'acide salicylique, l’eau de laurier-cerise, l’eau de menthe et de cannelle, la créosote, le thymol, le camphre, que lon employait ordinairement pour les ampoules ?

Mais les antiseptiques offraient d’autres inconvénients. D'abord celui d'introduire dans la circulation des substances plus ou moins toxiques qui pouvaient être nuisibles à certains malades n’éliminant pas bien. De plus, il était souvent difficile d'associer un médicament à un antiseptique, car on se heurtait fréquemment à une incompatibilité chimique pouvant supprimer tout effet curatif.

Donc, stérilisation très relative, action nocive sur l'organisme, voilà deux écueils qui suffisaient à faire abandonner les antiseptiques comme agents stérilisateurs des ampoules. s

Pourtant, dans quelques cas particuliers, ils sont encore employés. Dans certains sérums (Chéron par exemple), quelques préparateurs ajoutent encore une petite quantité de phénol et l’Institut Pasteur, qui introduisait autrefois

dans les sérums antidiphtériques etantitétaniques une parcelle de thymol ou de camphre, emploie encore le phénol pour le sérum de la peste bovine.

On pourrait donc admettre que, dans quelques cas très rares, où l’on ne peut faire une stérilisation complète, on ajoute un agent conservateur qui, s’il ne tue pas toutes les bactéries existantes, aura peut-être l'avantage d’empècher à de nouvelles de se développer.

Aujourd'hui, on a nettement établi la différence entre la notion d’antiseptie et d’aseptie. Un corps est antiseptique quand il tue les microbes et aseptique quand il n’en contient pas, mais n’a aucune action destructive sur eux s’il vient à s’en développer. Il était donc naturel de chercher à préparer des ampoules que l’on priverait de microorganismes au moment de la préparation, sans que l’on ait à ajouter une substance conservatrice, car on sait qu'un milieu aseptique peut sé conserver tel s’il est à Vabri de tout contact extérieur, ce qui semble facile à réaliser pour les ampoules.

Stérilisation par la chaleur.

La chaleur est le mode de stérilisation Le plus sûr, le seul. à peu près qui donne, lorsqu'il est employé convenablement, des garanties absolues au point de vue de la destruction des microorganismes. La seule difficulté du problème réside dans ladaptation de la chaleur aux diverses exigences de la stérilisation. Les conditions, en effet, auxquelles doivent satisfaire les appareils basés sur la chaleur sont doubles et quelque peu contradictoires : obtenir, dans toutes les parties des objets à stériliser, une

température suffisante pour tuer les germes dangereux et pas assez élevée pourtant pour décomposer les substances a stériliser.

C’est pour cette raison que l’on devra, en stérilisant les ampoules par la chaleur, se placer dans des conditions différentes suivant les produits à stériliser.

4° Chaleur sèche.

L'air chaud ou chaleur sèche est le procédé auquel on a eu recours tout d’abord et c’est sur le modele du four Pasteur qu’ont été construites les premières étuves.

Les étuves qui utilisent la chaleur sèche peuvent se ranger en deux catégories :

a) Etuves à liquides (eau, huile).

b) Etuves à gaz.

a) Etuves à liquides. — Ge sont des récipients à double paroi dont la cavité centrale constitue le bain d’air ou étuve et dont l’espace compris entre deux enveloppes contient un liquide, eau ou huile. Les plus connues sont celles d'Arsonval et de Gay-Lussac.

L’étuve à eau ne permet pas de dépasser 100 degrés et nous verrons que cette température est souvent insuffisante.

Quant à l’étuve à huile, elle est tres longue à chaufter et doit être surveillée de près pour que la température ne dépasse pas Le degré voulu.

b) Etuves à gaz. — Elles sont formées d'une enveloppe métallique simple ou double dans laquelle circule l'air chaud. Il en existe différents modèles (Coulier, Soulard) plus où moins perfectionnés. Ces appareils permet-

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tent d'atteindre des températures très élevées. Mais ils doivent être munis de régulateurs de températures pour ne pas décomposer les ampoules à stériliser. Ils exigent des thermomètres spéciaux pour les températures élevées (250 degrés et plus).

Voilà donc des appareils où l’on peut obtenir des températures élevées, que l’on peut régler à sa convenance, et pourtant ils sont à peu près abandonnés pour la stérilisation des ampoules. C’est que l’air, en effet, en raison de sa faible conductibilité, ne s’échauffe pas de proche en proche. Il n’agit guère que par convection, par transport d’une molécule directement chauffée à une molécule froide. Il en résulte que le calorique ne se répartit pas uniformément. Il existe des différences très notables de chaleur, suivant les parties de l'appareil. Il en résulte que certaines ampoules ne seraient pas parfaitement stérilisées, tandis que d’autres seraient décomposées, car si on veut être sûr de la destruction complète des microorganismes dans toutes Les parties de l'appareil, il faut atteindre des températures de 160 degrés. Or, il existe fort peu de produits chimiques qui ne seraient pas décomposés.

Il paraît donc que la stérilisation des ampoules par la chaleur sèche, qu’on se serve d’étuves à liquides ou à gaz, est un procédé peu recommandable. Sans parler de la dépense de combustible on s’enferme dans ce dilemne : ou bien la température n’est pas assez élevée et la stérilisation est incomplète, ou bien elle l’est trop, et les produits sont décomposés. Il est à peu près impossible de se tenir à la température strictement suffisante, puisque dans ce cas certaines parties de appareil ne seront pas assez chauffées.

2 Ébullition, Bain-Marie bouillant.

Nous laisserons de côté l’ébullition, qui est un procédé à envisager par les hygiénistes, mais qui ne peut convenir pour la stérilisation des ampoules. Il faudrait faire bouillir les solutions et les enfermer dans les ampoules stérilisées. Mais cette pratique aurait pour inconvénients de concentrer les solutions et d’exiger un transvasement dans les ampoules qui aurait de grandes chances de laisser pénétrer des microbes.

Le bain-marie bouillant est le procédé indiqué par le Codex pour stériliser les solutions destinées aux injections hypodermiques. 11 donne le mode opératoire pour les solutions de caféine.

« Pour stériliser le soluté interposez un fil entre le goulot et le bouchon, afin de prévenir l’adhérence et de permettre la sortie de l'air. Placez le flacon dans l’eau froide jusqu’à la naissance du col, puis portez l’eau à l’ébullition, que vous maintiendrez pendant un quart d'heure ; laissez refroidir et fermez ensuite exactement. »

A-t-on là un bon procédé ? On peut se demander si un quart d'heure d’ébullition au bain-marie est suffisant pour assurer une aseptie parfaite des ampoules. M. Moreau prescrit pourtant de les stériliser de cette façon quand il s’agit de substances facilement altérables. Le bain-marie bouillant n'est peut-être pas un procédé parfait. On ne peut songer à l’utiliser pour opérer l'asepsie des ampoules de longue conservation comme les ampoules massives de sérums artificiels. Néanmoins, il pourra rendre de réels services dans les cas où l’on ne pourra se servir de l'autoclave,

3° Vapeur d’eau.

La vapeur d’eau est un bon véhicule du calorique. Elle possède une capacité calorifique élevée, plus élevée que celle‘ de l’eau bouillante. On peut l'utiliser de deux façons :

a) Vapeur d’eau à pression ordinaire sous forme de courant. |

b) Vapeur d'eau sous pression.

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