‹ Contribution à l'étude de la prophylaxie des endocardites infectieuses, particulièrement de la maladie de Jaccoud-OslerChapitre 25 sur 42 · ARE · texte numérisé non relu

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Observation V- (résumée), (Prof. Lian, Mad. A. Chaput et Sarrazin. «Bull. de l’Acad. de Médecine », 1949, p. 197).

I. — Mile T.., 20 ans, a eu une crise de R.A.C. à l’âge de 10 ans et une récidive à 15 ans. Chaque hiver elle ressent quelques douleurs articulaires.

En avril 1946, élle subit une extraction dentaire difficile avec élimination subséquente d’un petit séquestre trois semaines après. Dans les semaines suivantes, elle maigrit, se sent fébrile. Le 1° mai, elle prend le lit avec une courbe thermique oscillante entre 38° et 39°5. Le salicylate de soude reste sans effet. Elle entre à l'hôpital le 21 mai très dyspnéique ; l’hémoculture révèle du streptocoque viridans avec un index de virulence égal à 1. On donne un million d’Unités-Oxford de pénicilline pendant 17 jours, et ce traitement fait descendre la température aux environs de 36°, 37°5. Cepenuant, vers le treizième jour, les troubles circulatoires et cardiaques S’accentuent. Sur l'exigence de sa famille, la malade rentre chez elle où elle succombe quelques jours après

En résumé : on peut considérer la maladie d’Osler de cette malade comme la conséquence de l'extraction dentaire effectuée trois semaines aupa:avant.

Observation VI. — Homme de 41 ans, entre dans le service du Prof. Lian le 29 juillet 1946 pour température permanente oscillant entre 38° et 3995, avec céphalgie, vertiges et essoufflements.

A l'examen on reconnaît une cardiopathie révélée par l'existence d’un souffle systolique de la pointe dont l’organicité est indiscutable. Par ailleurs le reste de l'examen est très pauvre. En effet il n’existe aucün signe cutané en activité ou cicatriciel, l’aire de persécution de la rate est normale et celleci n’est pas palpable. Le chiffre de l’urée sanguine est normal. Le culot de centrifugation ne contient ni hématies ni cylindres. Le taux des globules rouges est normal. La leucocytose s'élève de 10 à 200 éléments. Par contre la vitesse de sédimentation est accélérée 70. mm la première heure, 122 mm dans les deux premières heures. La fièvre est apparue chez ce Sujet, paraissant indemne de tout passé pathologique notable ; en particulier il ne présenta jamais de manifestation rhumatismale et ne se savait pas porteur d’une cardiopathie.

Mais, fait significatif, le début de cette fièvre qui remontait lors de soñ entrée à deux mois, c’est-à-dire à mars 1946, survint quelques jours après l’avulsion de l’incisive inférieure gauche. Cette extraction faite en ville, semble avoir été banale. Aucune radiographie ne fut pratiquée et le dentiste n'ayant gardé aucune trace de ce malade dans son cabinet.

Une hémoculture fut faite dès l’entrée du malade dans le service, qui permit de mettre en évidence du streptocoque viridans. Celui-ci venait ainsi signer une affection pauci symptomatique et imposer le traitement pénicilliné, ce qui fut fait, à la dose de un million d’unités par jour.

Dès lors l’évolution fut remarquable, la température descend à la normale en 48 heures pour le rester. La vitesse de sédimentation redevient normale ; la leucocytose s’abaisse à 3.600 et toutes les hémocultures faites au décours de ce traitement poursuivi trois semaines, c’est-à-dire après 21 millions d'unités restent négatives. /

Ce malade revu il y a quelques mois était en parfaite santé (loc. cit. p. 197).

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Observation VII - Endocardite maligne due à un virus cardiotrope dentaire (Lesbre et Granclaude). — Homme de 27 ans, a présenté pendant plusieurs mois une température irrégulière oscillant par saccades de 37° à 39°. L'absence de localisation et le passé colonial suscitèrent chez les médecins les plus distingués les diagnostics les plus exotiques.

L’hémoculture nous permit d'obtenir, après quatre jours d’étuve, dans le bouillon uniformément troublé de fins diplocoques en amas d’apparence staphylococcique donnant sur gilose une légère glaçure et dont l’inoculation intraveineuse au lapin le tua en quelques jours avec des lésions endopéricardiques. L'un de nous ayant vu le malade, apprit que, immédiatement avant cette évolution fébrile, le malade avait souffert au niveau d’une molaire, que l’exameñ nous montre mobile dans son alvéole. Dans le suintement purulent relevé au niveau du collet, il fut facile d'isoler par culture presque pure avec quelques staphyloccoques blancs, un germe morphologiquement et en culture identique au germe de la première hémoculture ; Son inoculation dans la «veine marginale tua un lapin en quatre jours avec pullulation au niveau de l’endocarde sous la forme diplococcique. Cependant, le malade, soumis à des influences diverses, refusa l'intervention d’un stomatologiste. Une seconde hémoculture nous donne en 24 heures, le même germe sous une apparence plus nettement streptococcique. Une douzaine d’ampoules d’auto-vaccin furent injectées et parurent provoquer une amélioration de l’état général et de la courbe thermique. Le malade soustrait à ce traitement, succomba rapidement à une localisation endocardique.

Observation IX (communiquée par le docteur Siguier, médecin des Hôpitaux). Endocardite consécutive à une inoculation opératoire dentaire. — Jeune fille de 16 ans, salle Duchêne, lit 23, entrée dans le service le 16 octobre 1950 pour état fébrile survenu sur -un terrain particulier et dans des conditions spéciales.

Le terrain -est représenté par le fait que, à l’âge de 13 ans, la malade a souffert d’une crise de rhumatisme articulaire aigu qui a laissé une cardiopathie orificielle du type insuffisance aortique.

Entre 13 et 16 ans, la malade n’a rien ressenti d’anormal et son état de santé lui donnait satisfaction.

Les circonstances spéciales sont représentées par l'extraction d’une dent qui a été effectuée une quinzaine de jours auparavant parce que cette dent avait provoqué un abcès dentaire. Cette extraction semble avoir été banale, sans difficulté particulière ni précautions spéciales.

Dès le lendemain de l'intervention, la malade ressent des frissons avec légère fièvre, persistante depuis ce moment autour de 39°, sans transpiration. Au début, rien ne permet d'expliquer la persistance de cette température. La malade perd l'appétit et maigrit un peu, progressivement.

À l'examen, l’état général semble excellent. Tous les organes ou spharèls apparaissent normaux sauf les remarques ci-après : On remarque en effet une splénomégalie incontestable, un souffle systolique en jet de vapeur au foyer mitral se prolongeant vers l’aisselle gauche et un souffle diastolique vers le foyer pulmonaire ; la tension artérielle est remarquable en ce que la Ma. est à 13 et la Mi. sensiblement autour de zéro.

De plus, on observe sur le tégument des plaques d’allure purpurique rouges, d'environ un cm. de diamètre, légèrement en saillie et sensibles au toucher, peu nombreuses et qui disparaissent en quelques jours.

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La vitesse de sédimentation globulaire est de 8,17 et 85 mm. La numération et la formule sanguine donnent : globules rouges, 4.550.000 ; globules blancs, 4.700, lesquels se répartissent en 79 % de polynucléaires (Neutro 77 et Eosimonophiles 2) et 21 % de mononucléaires.

L'examen des urines montre quelques hématies non altérées, pas de cylindres ni de germes constatés dans le culot de centrifugation.

Une hémoculture faite en aéro et anaérobiose se révèle positive avec du streptocoque viridans. La Fibrinhémie est de 4,9 pour mille.

L'examen cyto-bactériologique montre le germe isolé assez peu sensible à la pénicilline (0,6 unités/c.c.) ; résistant à la streptomycine (60 y/c.c.) ; sensible à l’auréomycine (1 y/c.c.) ; moyennement sensible à la chloromycétine (3 y 6/c.c.). Dès le début un traitement par antibiotiques est instauré.

La malade quitte le service très améliorée le 22 décembre 1950.

Revenue se montrer à la consultation le 17 janvier 1951, elle est restée pratiquement apyrétique depuis sa sortie (compte tenu d’un petit épisode grippal sans suites) et il n'y a aucune splénomégalie, qui a entièrement disparu.

Le diagnostic d’endocardite de Jaccoud-Osler paraît donc être certain et confirmé par les épreuves de laboratoire et par le traitement.

L'origine opératoire dentaire est pratiquement incontestable.

Observation X-(Dr Siguier). — Jeune femme de 23 ans, sans antécédents rhumatismaux, en parfaite santé apparente. En août 1938, ablation d’une dent de sagesse douloureuse : manœuvres pénibles, fracture de la dent, extraction à la troisième tentative. Le lendemain de cette dernière intervention, frisson brusque et hausse de la température, sans signes locaux permettant d'expliquer cette élévation thermique.

Développement ultérieur, en mai 1938, d’une maladie d’Osler typique avec hémoculture positive au viridans. Evolution d’une seule tenue vers la mort le 6 octobre 1938.

Observation XI-(Dr Siguier). — Homme de 23 ans, ayant eu trois crises de RAA dans ses antécédents. Lors d’une quatrième crise, en 1939, on lui conseille de faire procéder à l’avulsion de six dents infectées et ces avulsions sont réalisées parallèlement à un traitement sulfamidé. À la quatrième extraction, qui a été banale, sans manœuvres particulières, petit frisson et température qui s'élève pendant les 3 ou 4 jours suivants. Une maladie d’Osler typique se développe, qui entraîne la mort en 13 mois.

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