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ce soit par exérèse classique totale, ou par amputation de la pulpe, [a présence d’un granulome est la marque indiscutable d’une faute paï manquement aux règles de l’asepsie, tout autant, de la même façon et dans les mêmes conditions que l'apparition de fièvre puerpérale après un accouchement normal ou la présence de points de suppuration sur la paroi cutanée après une laparatomie.
LES MÉTHODES TRADITIONNELLES. — Plus d’une fois le praticien déplore ne pouvoir opérer aseptiquement. Mais il faut aussi incriminer le matériel dont il dispose et aussi le mode opératoire souvent périmé qui est quotidiennement utilisé.
I1 faut bien reconnaître qu’en clinique odonto-stomatologique bien des techniques opératoires sont demeurées à peu près ce qu’elles étaient il y a une centaine d’années, ou vers l’époque où Péan opérait en habit et cravate blanche avec les poignets relevés. La tradition est vivace. Depuis, pourtant, bien des modifications ont été apportées dans les techniques des autres branches chirurgicales : de nouvelles sont utilisées pendant que nombre d’autres ont été abandonnées. C’est ainsi que, en obstétrique par exemple, on ne fait pratiquement plus d'application du forceps au détroit supérieur ; plus de césarienne vaginale, plus guère de version par manœuvres externes, si utilisées autrefois. JL. ÿSaceu évolution. Mais en odontologie on persiste à pratiquer la pulpectomie exactement de la même façon qu'il y a un siècle, en dépit de sa difficulté et de ses aléas.
Il faut bien constater aussi que, actuellement, dans l'immente majorité des cabinets dentaires du monde entier les méthodes, l’installation et l’instrumentation utilisées sont très loin d’avoir la rigueur d'asepsie ou d’antisepsie qui sont nécessaires. L’habitude régnante coïduit à se contenter d’une manière d’asepsie concrétisée essentiellement par la profusion de glaces, de nickels ou de chromages qui n’en imposent qu'à des profanes. À notre époque on ne saurait s’en contenter, à beaucoup près.
Généralement le souci dominant est la propreté, mais cette propreté est surtout d'ordre macroscopique seulement et celle-ci n’est pas synonyme d’aseptie. Le matériel instrumental n’est pas réellement stérilisé ;: tout au plus est-il « désinfecté» avec Île seul souci de ne pas en faire un agent de transmission de germes pathogènes spécifiques, tuberculose et surtout syphilis, ce qui est louable certes, mais insuffisant. Cette « désinfection» ne saurait prétendre à porter le nom de stérilisation. Pourtant on considère confusément que c'est assez et on est satisfait de cette apparence de stérilisation qui suffit à tranquilliser à la fois le praticien et le patient.
Mais pour ce qui concerne la prophylaxie qui nous occupe ici c’est notoirement insuffisant. C’est cette absence d’asepsie réelle dans l'exécution de nombre d'opérations dentaires qui explique pourquoi est si élevé le nombre de dents, pourtant soignées avec grande appli-
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cation et qui, quelques mois après, montrent à la radiographie une zone de raréfaction péri-apicale, marque irrécusable d’un microbisme local.
Il est anormal que le nombre des dents, pourtant correctement soignées semble-t-il, que la radiographie montre douteuses, soit si élevé. Il peut et il doit s’abaïisser très notablement.
Le mobilier.
Actuellement le cabinet opératoire du dentiste est la pièce principale de son installation professionnelle. I1 y reçoit à longueur de journée ses patients et les personnes qui les accompagnent et qui les unes et les autres y apportent les poussières de la rue et d’autant plus que la clientèle est plus nombreuse.
Le cabinet dentaire idéal devrait comporter, jouxtant le cabinet d'examen et de prothèse clinique une pièce singulièrement réservée pour les opérations proprement dites de chirurgie dentaire comportant émission de sang. C’est la salle d'opération aseptique qui existe dans tous les centres chirurgicaux modernes et bien installés. Certes, il faut bien reconnaître que les exigences économiques actuelles et les difficultés actuellement si grandes de logement rendent difficile la réalisation de cette disposition. Cependant c’est à quoi il est désirable de tendre, dans l’avenir, et dans la mesure du possible si on veut se placer dans les conditions opératoires optima. Dans cette salle opératoire le matériel doit être restreint le plus possible. C’est ainsi que l’étuve de Poupinel et l’autoclave, qui doivent faire partie de l'installation dentaire, doivent être placés ailleurs que dans cette salle opératoire. Il en est de même des réserves de produits et matériel, du compresseur d'air, etc. ainsi que des appareils électriques d'agents physiques, etc. Le cabinet opératoire dentaire ne doit pas être ni un magasin ni une salle d’exposition d’appareils.
Le matériel et l'instrumentation : Le seul mobilier de la salle opératoire aseptique doit être restreint: un fauteuil opératoire, pouvant prendre la position horizontale totale et même le decubitus inverse, c’est-à-dire la tête plus basse que les pieds ; le crachoir attenant au fauteuil ; le tour électrique ; un dispositif d'éclairage électrique approprié ; un ou deux guéridons sur roulettes ; un lavabo et, à la rigueur, une vitrine à instruments.
L'appareil de radiographie, les appareils d'agents physiques, etc. ne devront être roulés dans la salle opératoire que lorsque le besoin s’en fera sentir, car en réalité ces appareils ne servent pas à longueur de journée. On reste rêveur lorsqu'on voit la place prééminente qui est accordée au galvano-cautère dans les installations dentaires. Pourtant dans notre pratique cet instrument n’est utilisé qu’assez rarement, mais il est à croire que certains de nos confrères d’autres pays doivent passer leur journée à parsemer de pointes de feu les gencives de leurs compatriotes ! :
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Combien est inadéquat le classique « meuble dentaire» avec ses nombreux tiroirs, ses roulements à billes, ses poignées ornementales, ses multiples et ingénieuses cachettes où les poussières trouvent un inviolable abri, etc., etc. ! Cet engin est très avantageusement nor par une classique vitrine à instruments de chirurgie, aussi ample qu’on voudra, dans laquelle seront rangés, à la disposition immédiate du praticien, tous les instruments opératoires enfermés dans des tubes de verre de grosseur appropriée ou des boîtes métalliques, fermés les uns et les autres par du coton non hydrophile et tous ayant passé à l’étuve de Poupinel après avoir été munis d’un tube de stérilisation.
L’Equipement « Unit», ce bloc encombrant et effroyablement coûteux autant qu’inutile gagnera beaucoup à être très amplement simplifié. Son introduction dans le plus humble des cabinets dentaires du plus humble des praticiens n’a pas constitué un progrès comme on pourrait le croire. C’est seulement un bel exemple de ce que peut le génie commercial des constructeurs qui est parvenu à l’imposer aux professionnels, sans discussion. C’est à croire que sans lui il n’est pas possible de soigner correctement les dents !
Ce monstre inamovible présente bien peut-être quelques petits avantages, mais ces derniers sont très amplement compensés par de nombreux inconvénients : ce n’est pas ici le lieu de faire le procès de cet engin prétentieux, ce serait trop facile et trop long. On se bornera à constater qu'il empêche un aide opératoire de s'approcher commodément du patient et que, avec tous ses prolongements, et son hérissement de boutons, de cadrans, de trous et de reliefs en saillie, le tout il est vrai copieusement nickelé, le nettoyage aisé et convenable est pratiquement impossible. Le seul fait, par exemple, que la ficelle de transmission du tour, placée juste au-dessus du plateau à instruments y apporte et y laisse tomber des poussières précisément là où elle est le le plus à redouter, suffirait à en condamner l’utilisation.
Le crachoir est indispensable, mais il doit être attaché au fauteuil et en suivre les mouvements verticaux. Il doit être simplifié au maximum. Ses canalisations doivent être simples et faites seulement d’un tuyautage tel qu’il soit facilement lavable d’un coup d’éponge. Surtout il doit être enfin démuni du traditionnel guipage de coton multicolore qui prétend l’orner (?). Un cabinet opératoire n’a pas à être « joli » :
il faut et il suffit qu’il soit adapté à son utilisation.
Le lavabo doit fournir non seulement l’eau froide de la ville mais aussi l’eau stérilisée chaude et froide. En tous cas il doit pouvoir se manœuvrer au coude ou par pédale.
Le cabinet du praticien de la clinique odonto-stomatologique ne réclame rien de plus mais rien de moins que les exigences requises pour cabinet opératoire de l’Ophtalmologiste ou de l’'ORL. Tout comme lui ces chirurgiens utilisent FaSpANen, l'air comprimé, la galvano caustie, l’endoscopie, etc...
Complication n’est pas toujours nécessairement synonyme de perfectionnement, tant s’en faut, et on l’oublie trop dans linstrumentation dentaire. À rendement égal le véritable perfectionnement c’est la simplification et surtout la possibilité de stérilisation et la facilité de nettoyage. C’est ce souci qui doit ou devrait être prédominant et culminer entièrement toute autre préoccupation dans cet ordre d’idées.
En réalité jusqu’à présent l’asepsie, en thérapeutique chirurgicale dentaire, est peu recherchée en général : on juge plus simple d'admettre qu’elle n’est pas réalisable dans la bouche et on s’en tient, tout au plus, à l’antisepsie.
Or, c’est là une assertion à démontrer. Il est parfaitement possible de se mettre à l’abri de la plupart des germes et en tous cas il est indispensable d'arriver à éviter linoculation opératoire de germes microbiens, et par dessus tout, du streptocoque viridans.
Combien rares sont les cabinets dentaires où est utilisée une étuve de Poupinel ? Et plus rares encore ceux qui possèdent son complément normal l’autoclave chirurgical. En l'absence de ces appareils il est évident que toute asepsie opératoire est impossible.
S'il faut donner un exemple de ce renoncement à l’asepsie il suffit de suivre l’ouate utilisée pour les pansements dentaires ou pour éponger les plaies opératoires. Elle est mise à la disposition du praticien dans un porte-coton métallique, cylindrique, muni d’un ressort en spirale, qui, presque toujours est soudé à l’étain. Pratiquement on puise à même de l’ouate dans un paquet en vidange trouvé en réserve dans un quelconque tiroir et avec les doigts, qui peuvent être propres, on la met en place en la bourrant dans le récipient qui n’est pas davantage stérilisé. C’est ensuite directement dans ce récipient que le praticien puise louate dont il a besoin au cours de ses interventions. Or, il faudrait que ouate et récipient soient systématiquement passés au Poupinel, ce qui très généralement n’est pas fait, pour ne pas dire jamais.
De même les instruments sont bouillis après usage et avant d’être replacés dans les tiroirs du « meuble ». Au moment de leur utilisation ils sont souvent déposés à même la « tablette » ad hoc. Or, même si elle est propre macroscopiquement, cette tablette est bien loin d’être aseptique. Et si, ce qui chez quelques-uns est l’habitude, les instruments sont déposés sur un plateau, il est bien rare que ce dernier ait préalablement subi un flambage efficace.
L’infirmière dentaire est également un élément indispensable du bon fonctionnement de l’activité du dentiste chirurgien qui au cours de ses interventions aseptiques, doit indispensablement disposer du secours des mains d’une infirmière, avec ou sans diplôme, mais ayant la claire notion de son rôle et possédant la compétence nécessaire.
Sans douit la plupart des cabinets dentaires comportent-ils bien une collaboratrice à laquelle, on ne sait pourquoi, on donne la dénomination d’ «assistante ». Pqurquoi « assistante » ? Serait-ce pour concrétiser qu’elle n'intervient pas pour aider effectivement le praticien et