OPPORTUNITÉ DE MODIFIER LES TECHNIQUES OPÉRATOIRES
Pour ce qui est; particulièrement, des traitements intra-dentaires on peut leur adresser le grave reproche d’être dominés par un souci de mécanique comme il y a plus de soixante ans; alors que devrait dominer le point de vue physiologique et pharmacodynamique. C’est bien le cas de souscrire pleinement à l’opinion exprimée par le Professeur R. Leriche que «la chirurgie n’est pas réductible à un code de technique. Ce qui la domine ce sont les œuvres de l'esprit ».
D'autre part, pour opérer aseptiquement, lorsqu'il s’agit d’intervenir dans. la dent vivante, il est indispensable, en plus de la stérilisation des instruments et du rite chirurgical inévitable, d'opérer à l'abri de la salive, strictement.
(1) Observons que le mot « dentisterie » n’est que la traduction simpliste du terme «dentistry» ou «operative dentistry ». Le mot «dentisterie» ne figure pas au dictionnaire français. On lui a reproché non sans humour son assonance métallique qui rime fâcheusement avec «serrurerie». Même, à Toronto, en Amérique pourtant, on a villipendé la « serrurerie d’or ». Proprement, c’est de la « médecine opératoire» dont on pourra délimiter le champ en y adjoignant l’épithète « dentaire ».
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L’exclusion de la salive est relativement facile à obtenir par le spécialiste qui a à sa disposition divers moyens : champ imperméable en caoutchouc isolant la dent opérée (dénommé : digue) ; bourdonnets d’ouate disposée à l’orifice des canaux excréteurs de la salive ; aspirateurs ; automaton, etc. La présence d’une infirmière habituée est fort utile pour veiller à ce que le patient ne referme pas la bouche au cours de l’opération sitôt que le chirurgien cesse d’y avoir des instruments en action ou se retourne pour un motif quelconque. On peut aussi s'aider de l’effet de l’atropine. La belladone agit puissamment contre la salivation qui serait jugée excessive. On donnera par exemple une potion de 60 grammes d’infusion de menthe contenant 10 grammes de sirop de belladone.
L'opération doit être conduite avec sûreté, rapidement, sans perte de temps inutile et la cavité opératoire refermée de façon étanche avant que le patient soit autorisé à refermer la bouche.
L'extraction des dents est un peu plus difficile à réaliser de façon strictement aseptique. Cependant il faut y tendre le plus possible.
Même l'enlèvement du tartre chez les cadiaques, doit tendre à diminuer le plus possible l’inoculation opératoire, encore que ce soit l'opération où l’asepsie est la plus difficile à serrer d’assez près. C’est pourquoi ici l’antisepsie doit être largement utilisée au cours de l’opération et les détersions antiseptiques abondantes, fréquentes, presque continues.
On obijectera que c’est là beaucoup exiger ; que toutes ces précautions sont bien difficiles à prendre ; que le public n’y est pas habitué parce qu’il considère que les opérations dentaires sont en dehors de la médecine et de la chirurgie ordinaire, etc. Nous répondons que le risque de déclencher chez un sujet prédisposé une maladie de Jaccoud-Osler est un risque redoutable, qu’il suffit que le risque existe, si faible que puisse être le pourcentage de probabilité, pour justifier que toutes dispositions soient prises pour en protéger le patient.
On n’entend pas prétendre ici que l’asepsie suffit à la pratique de la thérapeutique dentaire chirurgicale comme elle est nécessaire et généralement suffisante en chirurgie générale. On prétend seulement que la méthode aseptique est ind'quée, en certains cas, pour l’exécution de certaines opérations de chirurgie dentaire soit isolément, soit conjointement avec l’utilisation de l’antisepsie.
Nous avons vu que, pour ce qui concerne la pulpectomie systématique (1) sur une dent vivante l'indication de l’asepsie est formelle.
(1) Nous dénommons pulpec:omie systématique, l’évidement pulpaire réalisé à jour dit, sur une dent vivante et saine, en vue d’une utilisation prothétique ou orthodontique. s ;
Nous ré:ervons la dénomination de pulpectomie de nécessité à l’exérèse d’une pulpe encore douée de sensibilité mais atteinte d’un microbisme tel que la conservation de l'organe pulpaire est jugé imprudente ou impossible. C’est le cas le plus fréquent et, bien faite, c’est une excellente opération qui permet la conservation de bien des dents pour de longues années. 7:
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Mais il est d’autres cas. C’est ainsi que lorsque, en présence d’une pulpite même subaiguë où la thérapeutique curative impose la pulpectomie de nécessité l’asepsie est encore indiquée mais ici conjointement avec l’antisepsie.
C’est sous couvert de l’antisepsie que se fera la résection des tissus durs altérés ; que sera protégé contre l'invasion microbienne le moignon radiculo-pulpaire destiné à être enlevé dans sa plus grande partie. Mais ce temps exécuté il est indispensable que le péri-apex ne soit abordé qu'avec du matériel aseptique, car à ce niveau les tissus vivants doivent rester vivants et ils ne sauraient sans inconvénient subir l'effet d’antiseptiques quels qu'ils soient. De plus ils doivent être rigoureusement protégés contre l’inoculation directe des germes quelconques, sous peine de risquer l’apparition possible de réactions péri-apicales variées.
Il en est de même dans la gangrène pulpaire tant que le processus est localisé à la cheminée radiculo-camérale et que le péri-apex n’a pas encore été touché par l'infection.
C'est une manœuvre effarante que la manœuvre classique qui consiste à faire traverser un magma putride au fin cathéter qui est susceptible de dépasser les foramina radiculaires !
En breî, tout ce qui est manœuvre intra-radiculaire peut, et souvent doit, être réalisé de façon antiseptique, mais tout ce qui doit porter au delà du filet radiculo-dentaire doit être fait de façon aseptique. Et bien entendu tout le matériel utilisé pour les injections gingivales : aiguilles, seringues, solutés, doivent être aseptiques ou aseptisés.
Au surplus toutes les précautions ci-dessus ne sont-elles pas suffisantes lorsque le dentiste doit opérer un sujet prédisposé à l’endocardite infectieuse. Il faut encore et de plus, faire appel aux ressources de la pharmacopée.
Prémunition pharmacclogique de l'infection valvuiaire au cours des opérations dentaires
Pour exposer clairement l’utilisation des antibiotiques fungiques en vue de la prémunition qui nous occupe, il nous paraît à propos de remémorer le mode d'utilisation qui est fait de ces produits lorsqu'on a en vue la thérapeutique curative. Ainsi il sera plus simple d’exposer ensuite le mode d’utilisation possible de ces précieux agents en vue de la prémunition médicamenteuse qui nous intéresse ici.