‹ Contribution à l'étude de la prophylaxie des endocardites infectieuses, particulièrement de la maladie de Jaccoud-OslerChapitre 31 sur 42 · LES PREMIÈRES TENTATIVES DE TRAITEMENT CURATIF · texte numérisé non relu

LES PREMIÈRES TENTATIVES DE TRAITEMENT CURATIF

Bien longtemps la thérapeutique curative de la maladie de Jacoud- Os'er a été négative.

On a été tenté par l'inmunothérapie et essayé la vaccinothérapie, mais cette voie s’est bientôt manifestée comme illusoire. L’insuffisance

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de cette méthode est explicable parce qu’il s’agit, dans le cas particulier, d’un germe qui n’émet pas de toxine spécifique à proprement parler comme c’est le cas pour la diphtérie ou le tétanos, par exemple. Dès lors il ne peut provoquer la formation d’anti-corps spécifiques. D'autre part, bien qu’il sécrète une toxine hémolytique (streptolysine) étant donné qu’il existe plusieurs races de streptocoques cette pluralité rend fort difficile la préparation d’un sérum polyvalent.

Chimiothérapie. Après les vaines tentatives d’immunisation, on a tenté la chimiothérapie. Successivement on a essayé le mercufochrome en injections intra-veineuses ; les colorants aniliques ; la salicylate de soude, etc. Toutes ces tentatives s’avérèrent vaines.

Sulfamidothérapie. Ce n’est qu'avec les sulfamides qu’on eut enfin un espoir de détenir une arme permettant d'agir utilement. Malheureusement les sulfamides n’assurent pas la guérison mais seulement des rémissions dans l’évolution.

On sait que les composés sulfamidés ne sont pas, proprement, des antiseptiques, mais seulement des bactériostatiques, dont Wood a établi le mécanisme d'action : l'acide para-amino-benzoïque est un agent indispensable au métabolisme vital du germe avec l’enzyme que ce dernier utilise pour sa nutrition. Au cours de la sulfamidothérapie le sulfamide s’insinue dans le complexe : enzyme + acide p-aminobenzoïque et élimine ce dernier pour se substituer à lui; mais étant impropre à être utilisé par le germe, cette substitution a pour effet d'empêcher le développement et la reproduction de ce dernier.

Le streptocoque agent de l’endocardite infectieuse s’est montré l’un des germes les plus sensibles à l’effet des colorants azoïques (RubiazOÏ Il). Le Rubiazol ayant été abandonné on a utilisé à sa place les composés soufrés et en particulier le 1.162 ou Carboxy-sulfamide chryzoïdine que venaient de découvrir M. et Mme Tréfouel et Nitti ; le sulfapyridine, ou sulfathiazol. L’insuffisance relative de ces produits était avérée lorsqu’apparut la pénicilline.

Mycothérapie. On sait que la pénicilline elle non plus, n’est pas davantage un antiseptique. C’est un antibiotique qui agit en inhibant la mono-nucléidase, ce qui a pour résultat d'arrêter les réactions enzymatiques de dégradation qui font partie du cycle catabolique de l'acide ribo-nucléique. Secondairement cette inhibition retentit sur d’autres processus métaboliques intéressant les mononucléotides ou leurs produits de scission, particulièrement leurs radicaux phosphoriques. Ces perturbations dans le mécanisme biologique bactérien s'oppose au développement et à la reproduction des germes pénicillo-sensibles.

En ce qui concerne le mode d'administration de la pénicilline remémorons brièvement les règles de son emploi.

La pénicillothérapie se fait habituellement par voie intra-musrulaire. Son élimination par l’urine, est rapide. C’est pourquoi l’administration intra-veineuse, qui serait réalisable, n’est utilisée que très

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exceptionnellement car elle hâterait encore la vitesse d'élimination du médicament, alors qu’il convient, au contraire, de maintenir dans l’organisme un taux constant de pénicillhémie. D’où la nécessité de répéter les injections intra-musculaires toutes les 3 ou 4 heures, de jour et de nuit, ou d’utiliser la perfusion lente continue (X gouttesminute).

En vue d'éviter les inconvénients de la répétition des injections on à pensé à utiliser des préparations de pénicilline-retard. A cette fin, divers procédés ont été imaginés. Aux U. S. À. on a utilisé d’abord une préparation contenant 600.000 Unités-Oxford incorporées dans uñ mélange d'huile de sésame et de cire d’abeilles ou encore une association de pénicilline et de procaïne additionnée d’adrénaline : cette dernière substance ayant pour effet de provoquer une vaso-constriction qu’on a jugée susceptible de diminuer la dissémination bactérienne et de retarder l'élimination urinaire.

En France on trouve des préparations spécialisées de sels de pénicilline, notamment un soluté aqueux isotonique glucosé de benzil-pénicillate de (5 vinyl-quinuclidyl 2)-(méthoxy-quinolyl 4) carbinol (Aquapeni-quinyl) dont chaque ampoule correspond à 300.000 Unités-Oxford. On-injecte 4 ce. de ce soluté glucosé isotonique dans la masse fessière (jamais en intra-veineuse) et cette quantité suffit en général pour 24 heures. On utilise aussi l'association de la pénicilline avec le polyvinyl-pyrolidonne (Subtosan) à 20 %, mais le retard est moindre qu'avec la préparation précédente. On compense cette différence en ajoutant de la procaïne. On obtient ainsi un taux de pénicillinémie encore efficace à la 24° heure (Scurocilline).

Tout n’est pas d’ailleurs entièrement parfait dans la pénicillinothérapie. C’est ainsi que Breheur et Fines l’accusent de favoriser les thromboses (Presse médicale, 11 juin 1951). Mais, surtout, chose plus inquiétante, elle expose à créer l’accoutumance des germes ou pénicillo-résistance. D'où la règle absolue, comme avec les sulfamides, d'éviter d’en faire un emploi inconsidéré et à trop faible dose. Ici encore, c’est tout ou rien ; si on l’emploie il faut l’utiliser à plein effet et à doses suffisantes ; sinon il faut s'abstenir.

Enfin, il faut savoir que parfois, assez rarement d’ailleurs, la pénicilline peut provoquer chez certains sujets, des réactions assez désagréables qui ressemblent à la maladie du sérum, à la dermatite de contact ou au phénomène d’Arthus. Ces réactions sont dues à ce que la pénicilline G joue le rôle d’un haptène se combinant aux protéines de l’organisme particulièrement à celles du sérum. On évite ces inconvénients en utilisant chez ces sujets l’allyl-mercapto-méthyl-pénicilline encore dite Pénicilline ©. /

Streptomycinothérapie. La streptomycine a été utilisée contre l’endocardite infectieuse. Machebeuf a établi le mécanisme d’action de la streptomycine lequel consiste à s'opposer à la dépolymérisation de l'acide ribo-nucléique. Le médicament agit sur certains germes insen-

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