‹ Contribution à l'étude de la prostatectomie transvésicaleChapitre 10 sur 44 · TRAITEMENT PRÉ-OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PRÉ-OPÉRATOIRE

En présence de tels malades joignant les signes de la septicémie à ceux d’une hypertension manifeste, il serait plus qu'imprudent de tenter d'emblée une intervention. Il faudra avant tout instituer un traitement médical contre l'hypertension et faire un bon nettoyage de tout l’arbre urinaire.

A l'hypertension et l’intoxication on opposera le

régime peu substantiel, peu toxique, ou même le régime lacté absolu. Ce traitement amène une diurèse abondante qui nécessite souvent des sondages fréquents. Aussi est-il sage d'hospitaliser les malades assez longtemps avant l'opération. Pendant plusieurs jours avant l'intervention, un purgalif salin assurera le bon fonctionnement de l'intestin et débarrassera l'organisme de l'excès d’urée enmagasinée.Des grands lavements quotidiens d'eau bouillie seront employés dans le même but. :

Contre l’infeclion on luttera par les antisepliques urinaires, associés à l'évacuation régulière et aseptique et aux grands lavages de la vessie. Parmi les antiseptiques, on pourra choisir entre le salol, l'urotropine ou l'helmitol dont 6n continuera l'usage longtemps après l'opération en ayant soin de changer de temps en temps l’anliseptique employé.

L'évacualion de la vessie se fera à heures régulières. deux fois par jour s’il s’agit d’une rétention incomplète,de trois à cinq fois si la rétention est absolue. Si la sensibilité de la vessie infectée nécessite des sondages plus fréquents, la sonde à demeure sera indiquée. Chaque cathétérisme sera suivi d’un lavage qui se fera à la seringue de Guyon adaptée sur la sonde. Pour ne pas distendre la vessie, l'injection sera poussée très doucement et ne devra pas dépasser 20 centimètres cubes. On répétera rois ou quatre fois l'injection à chaque séance de lavage, en ayant soin de laisser écouler la plus grande partie du liquide de l'injection précédente. Le liquide à em-

ployer ne devra pas étre un antiseptique très caustique, l'eau boriquée bouillie est presque toujours suffisante, Le nitrate d'argent, 1/2000 à 1/1000, des solutions faibles de permanganate, de protargol etc., compléteront avantageusement l’asepsie de la vessie.

Ces lavages de la vessie par la sonde ne s'appliquent naturellement qu'aux prostatiques quine sont pas des rétentiounistes absolus, et chez lesquels le cathétérisme est possible. Au contraire, si on se trouve en présence d’un grand rétentionnisic infecté, chez lequel une opération tolale d'urgence serait presque 4:19 54’ moricile, on pourra mettre en œuvre la prostatectomie transvésicale en deux temps préconisée avec raison par MM. Carlier et Pauchet : 1° cystostomie ; 2° prostatectomie.Le premier temps permettra l'évacuation complète de la vessie, le lavage permanent du réservoir urinaire : grâce à lui, on ne s$era jamais forcé d'opérer dans de mauvaises conditions. On n'enlévera la prostate par le second lemps de l'opération que lorsque le malade ne scra plus infecté ; on pourra altendre ainsi un mois et bien davantage, avant de tenter la prostatectomie. Pendant ce temps, le malade aura nettoyé sa vessie, aura repris des forcés el sera sous tous les rapports dans des conditions bien plus favorables que si l'on s'était lancé dans une intervention d'urgence.

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