‹ Contribution à l'étude de la prostatectomie transvésicaleChapitre 27 sur 44 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

Hypertrophie prostatique et rétention avec distention, incontinence. — Insuffisance rénale. — Prostatectomie. — Mort au bout de quinze jours d'œdème pulmonaire.

M. L..., soixante-trois ans, propriétaire à Angers.

Pas de maladies antérieures, Depuis sept ou huit ans,

quelques troubles urinaires, consistant en plus grande fré: quence des mictions et une ou deux mictions la nuit.

Depuis deux ans ces troubles s’accompagnent par moment de troubles généraux, troubles gastriques, mauvaise bouche, ‘perte de l'appétit, sommeil difficile, Consulte à ce moment le D: Mäâreau d'Angers, qui constate après la miction une rétention d'urine assez abondante, 1/4 à 1/2 litre. Traitement : évacuation de la vessie mettant fin aux troubles généraux qui reviennent par période.

Dans l'hiver 1907, état général beaucoup plus atteint, langue sèche, perte de l’appétit, pas de sommeil. Amélioration beaucoup moindre par les sondages pratiqués comme par le passé.

Rétention plus considérable, et apparition la nuit de perte des urines par regorgement. Infection des urines, très troubles, abondantes, renfermant du pus. Présence dans les urines d’albumine rénale et peu d'urée, 2.000 à 2.500 d'urines,

Réflexes normaux.

14 janvier 1908. — Entrée à Saint-Louis. Désinfection de la vessie.

21 janvier. — Urée, 7 gr. 5 par litre.

233 janvier. — Urée, 9 gr. 25 ; albumine rénale, o gr. 96.

29 janvier. — Urée, 10 grammes ; albumine rénale, o gr. 27 par litre.

1 février. — Urée, 10 gr. 5 ; albumine rénale, o gr. ar.

Au toucher, petite prostate dure.

2 février. — Opération sous chloroforme.

Incision aussi petite que possible en évitant les décolle-

ments périvésicaux.

Ablation assez laborieuse d’une petite prostate, 20 grammes avec l’urètre prostatique.

Gros drain.

2 février. — Spartéine, o gr. 05. Sérum artif. 250 grammes.

Sang. Lavages chauds, antipyrinés par le drain. Pas de douleurs du ventre.

Température, 36°4 ; pouls, 1ro.

3 février. — Vomissements dans la nuit. Rend des gaz.

Matin : Lavage par l’urètre à la Janet, ramène sang. Lavage à la sonde par le drain. Soir : Lavage par l’urètre à la Janet, ramène sang. Lavage à la sonde par le drain.

Nausées.

4 février. — Meilleure nuit. Urines sanguinolentes.

Lavage par l’urètre à la Janet : sang, matin et soir ; nausées. Commence à prendre du tapioca.

I1 revient dans les lavages quelques débris de muqueuse.

5 février. — Lavement ; matières dures. Magnésie.

Urines, 2.000 grammes, sanguinolentes, sans dépôt, sans caillot. Pas de lavages avec la canule de Janet.

Meilleure nuit. Bouche humide. Ablation du petit drain.

Pas d'odeur des urines. Pas d'infection de la plaie.

6 février. — Urines, 2.000 grammes, plus claires,

Limonade purgative : 2 selles.

L'état général est satisfaisant, mais le malade commence à tousser.

7 février. — Toux : bronchite. Urines, 1.000 grammes. Soir : Ablation du gros drain.

Sonde à demeure de 5 heures à 9 heures, enlevée parce que sang à la suite de quintes de toux.

Salol, terpine, quinine.

Lavage à l’eau oxygénée. Nitrate d'argent. Température : soir, 38 degrés.

Mauvaise nuit.

8 février. -— Lavage par l’urètre sans sonde et ensuite par une sonde à béquille introduite par l’urètre.

Eau oxygénée et nitrate d'argent. Commence à éprouver le besoin d’uriner lorsqu'on distend la vessie par l'injection avec la canule de Janet.

Température 3802, 383; pouls 104.

9 février. — Mêmes soins. Les lavages ne ramènent pas beaucoup de pus.

Température 3803, 38°7.

10 février. — On enlève les crins.

La plaie abdominale est belle.

11 février. — Pouls irrégulier à 136.

Huile camphrée : soir pouls régulier à 100.

Température 37°4, 37°9. Mêmes soins. ”

12 février et jours suivants. — Bronchite et congestion des bases d’abord, puis œdème diffus du poumon.

Température ascendante ; pouls de plus en plus rapide,

Mort le 17. Température 39°1, pouls 144.

OBSERVATION IV (Résumée)

Rétention complète infectée depuis un mois.— Difficultés de cathétérisme. — Prostatactomie suspubienne. — Mort le troisième Jour d’embolie.

M. R... soixante-neuf ans, Saint-Lambert du Lattay.

Prostatique depuis longtemps. Rétentionniste complet

depuis un mois. Depuis quinze jours, les sondages deviennent, par suite de l'infection, fréquents, douloureux et difficiles.

Grosse prostate molle. Malade très gros, pléthorique, ayant eu un an auparavant une congestion cérébrale.

Après une semaine de désinfection, on pratique la prostatectomie suspubienne sous Chloroforme

Opération facile durant vingt minutes, enlevant une prostate bien énucléée, lisse, du poids de 45 grammes.

Peu d’hémorragie.

Drain de Freyer. Le malade reste longtemps assoupi après l'opération. Le deuxième jour il paraît remonter, quand, au bout de quarante-huit heures, il meurt subite-

ment, très probablement d'une embolie.

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