‹ Contribution à l'étude de la prostatectomie transvésicaleChapitre 28 sur 44 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Hypertrophie prostatique avec infection vésicale très prononcée.— Rétention et incontinence nocturne. — Calcul urique recouvert. de cristaux. — Lithotritie et lavages vésicaux. — Puis pros-

tatectomie suspubienne. — Guérison.

M. G.., cinquante-neuf ans, propriétaire à Saint-Saturnin

Opéré en 1902 par un chirurgien, qui lui fait une lithotritie pour cystite calculeuse, remontant à 1900 : douleurs et hématuries vésicales provoquées. Il n’a jamais été complètement rétabli. Les douleurs ont continué avec émission d’urines troubles. Depuis deux mois, les douleurs sont beaucoup plus vives, avec hématuries : améliorées par le repos,

très violentes par la fatigue.

Cet état se complique, en octobre 1906, d'incontinence nocturne des urines. Au mois de décembre suivant, névralgies intercostales attribuées par un médecin à une infection rénale.

Mictions toutes les heures la nuit tant que le malade a été continent. Autant et plus le jour.

Après miction, on retire de la vessie deux verres d'urine purulente, soit45o grammes. La vessie renferme un gros calcul. Au toucher grosse prostate.

Un peu de sucre dans les urines : il disparaît assez rapidement sous l'influence du régime. Polyurie : en moyenne 2.500 grammes en vingt-quatre heures.

8 février. — Lithotritie : on retire 50 grammes de sable. Saigne un peu pendant trois jours.

Nitrate d'argent douloureux le premier jour.

L'incontinence persiste la nuit, lorsqu'on a enlevé la sonde à demeure. |

20 février. — Prostatectomie sus-pubienne. Prostate difficile à énucléer, un peu molle. On réussit à l'avoir avec l’urètre prostatique. Le tout pèse 25 grammes. Hémorragie abondante qui cède aux lavages chauds.

Drain et sutures.

Reprise de l'hémorragie lorsque le malade est transporté dans son lit. On ouvre à nouveau la vessie, en faisant sauter les points de suture. On vérifie au doigt la plaie prostatique, lavage chaud et compression momentanée avec compresse serrée.

Drain et sutures.

20 et a1 février. — Sang. Lavages fréquents chauds à

een l’eau oxygénée par le drain sus-pubien. Sérum : 1.000 grammes.

21 février soir. — Température 384. Malade fatigué. Huile camphrée.

On a recueilli par un tube adapté au drain deux litres d’urine moins sanguinolente.

Apyrexie. Le malade a demandé un peu de vin de Bordeaux. Il est gêné en respirant.

23 février. — Urine 1.500 grammes : peu de sang.

Lavage par sonde béquille. Lavement : selle.

24 février. — Urine 1.500 grammes. On enlève le drain.

Lavages à partir de ce jour de la vessie par une sonde de Nélaton introduite par l’urèthre.

25 février. — Idem.

26 février. — On commence le nitrate d'argent.

1% mars.— La vessie commence à se contracter. Le malade

urine par la sonde après lavage. Le lavage revient presque

propre.

4 mars. — Sonde à demeure qui reste quarante-huit heures.

6 mars. “— Sonde enlevée, vessie fermée.

7 mars. — Le maladesc lève. La plaie vésicale est fermée ; il ne reste plus à se cicatriser que les plans superficiels. Le malade pisse seul etsans résidu. Mictions toutes les heures les premiers jours. Trois lavages dans la journée.

13 mars. — La plaie abdominale est cicatrisée. Les mictions sont plus espacées, moins claires.

A son départ il urine environ toutes les deux heures et demie et une ou deux fois la nuit.

Pas de rétention.

M. G..., présenté à la Société de médecine d'Angers, à la séance de juin, est tout à fait guéri. Il n'urine jamais la nuit et toutes les quatre ou cinq heures le jour. Il mène une vie très active et goûte un bien-être qu'il n'avait pas ressenti depuis plus de quinze ans. |

Il n’a aucun résidu. Le Béniqué 48 passe facilement.

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