‹ Contribution à l'étude de la prostatectomie transvésicaleChapitre 33 sur 44 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Hypertrophie ? prostatique. — Cancer probable de la prostate. — Rétention complète. — Enucléation rapide d'une prostate très dure de 56 grammes. — Persistance d'une fistule qu'explique la nature plus que douteuse de l'hypertrophie. — Guérison opératoire mais échec thérapeutique.

M. G..., Longué, soixante et un ans.

Excellente santé jusqu'à l'an dernier. Depuis un an, appa-

raissent des troubles urinaires, consistant en fréquence plus grande des mictions, surtout la nuit, et retard dans l'émission des urines. Cette fréquence est cependant peu marquée jusqu'en ces derniers temps. Augmente depuis deux mois, pour devenir très prononcée il y a quinze jours.

A cette époque, il urine vingt fois par jour et autant la nuit ; besoins impérieux avec difficulté de l'émission.

Jamais de sang.

Depuis le 3r décembre 1908, rétention complète avec deux sondages par jour, et lavages boriqués. N'a jamais été sondé auparavant.

Bonne santé habituelle.

Hernie inguinale droite.

Prostate très dure, mal délimitée.

5 janvier 1909. — Lavage boriqué. Chloroforme. Vessie remplie d'oxycyanure d’hydrargyre au 3/1000.

Incision sus-pubienne. Le cul-de-sac péritonéal descend et est refoulé avec une compresse.

Incision vésicale : paroi très épaisse. La vessie est soutenue avec deux catguts passés dans la paroi, pendant que l'index droit va essayer d’énucléer la prostate que refoule l'index gauche, rectal. Le lobe gauche s’énuclée assez facilement ; le droit est très adhérent, et l’on n'extrait la prostate qu'en taillant dans ce lobe à coups de ciseaux. ;

Gros drain. Sutures vésicales au catgut. Petit drain inférieur. Crins. Peu de sang.

Prostate très dure, pesant 56 grammes.

Suites opératoires. — Peu de sang. Rend des gaz dans la nuit.

Température 37°2.

Chlorure de calcium et sérum artificiel.

6 janvier, — Température 35°8. Bon pouls.

Lavage à l’oxycyanure faible.

9 janvier. — Le drain est enlevé. Lavage à la sonde par la plaie.

13 janvier. — On commence les lavages par le canal. La sonde est introduite avec le mandrin.

La plaie présente des fausses membranes qui commencent à se détacher.

19 janvier. — Sonde à demeure.

23 janvier. — Douleurs à l’aine gauche. Funiculite.

L'épididyme se prend quelques jours après.

Plaie très lente à se fermer. Il persiste toujours une petite plaie vésicale par où le liquide passe dans les injections.

7 février. — Douleurs dans les mollets, surtout à gauche.

Fièvre et œdème les jours suivants. L'œdème est très marqué et remonte jusqu’au flanc gauche (Phlébite).

15 février. — Il reste une petite fistule vésicale. La plaie de l'abdomen se comble lentement. En obturant la plaie avec un tampon, le malade urine seul.

On place un tampon de chaque côté de la plaie pour coapter les deux lèvres.

Il persiste malgré tout une fistule vésicale, par où il revient, suivant les jours, soit du liquide. soit des bulles d’air lorsque la vessie est pleine et se contracte.

Sort Le 12 mars. ayant encore une fistule vésicale. Encore un peu d’œdème de la cuisse gauche.

Le malade urine toutes les deux heures et demie, mais garde une fistulette intermittente, invisible, par où viennent quel-

ques gouttes d'urine par jour.

Puis au bout de quinze jours, la fistule devient plus importanteetle malade se mouille beaucoup. On remet la sonde à demeure et la fistule se ferme pendant quelque temps.

A plusieurs reprises, la fistule se rouvre, puis se referme avec la sonde à demeure.

Au mois d'août, ilse faitunabcès dans la cicatrice pubienne, et, à l'ouverture de cet abcès, la vessie se vide complètement par l'hypogastre. Sonde à demeure à nouveau. La plaie suspubienne se ferme. Maïs le malade qui s’est infecté par ses sondes, a constamment besoin d’uriner et pour pouvoir dormir a pris l'habitude de porter une sonde à demeure la nuit.

25 octobre 1909. — Cystostomie. La vessie ne contient pas de calculs, maïs la région de la prostate est occupée par une masse étalée, dure comme du bois, complètement immobile, se perdant de chaque côté sur les parois pubiennes. Au centre l’orifice urétral est complètement inextensible.

Le malade en très bon état général gardera son ouverture sus-pubienne pendant longtemps, peut-être même toujours ; car il n’y a guère à espérer, même si la lésion est seulement

inflammatoire, qu'elle rétrocède complètement.

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