OBSERVATION XIV
Hypertrophie prostatique. — Rétention incomplète avec calculs. —
Enucléation d'une prostate de 148 grammes. — Guérison
Abbé R..., soixante-quatre ans, curé de T...
Souffre depuis plus de dix ans, d'abord de douleurs lombaires avec coliques néphrétiques bien caractérisées, puis de
troubles vésicaux. Pollakiurie et hématuries provoquées surtout par la marche.
Il y a trois ans, le Dr Brin pratique la taille sus-pubienne
pour gros calcul. Peu après, il est repris de coliques néphrétiques, élimine quelques petits calculs, mais au bout de quelques mois est repris des mêmes symptômes.
L’an dernier, lithotritie d’un petit calcul (juin).
Le malade reste jusque vers le mois de janvier assez bien portant, urinant cependant une ou deux fois la nuit, fréquemment le jour. Puis, la fatigue, la marche recommencent à provoquer des douleurs très violentes avec besoins impérieux d’uriner et quelques hématuries terminales. Lorsque le malade ne satisfait pas immédiatement son besoin, il a ensuite une grande difficulté à uriner.
Depuis quelque temps, les besoins se répètent plusfréquemment, au point que quelques pas les provoquent.
Grosse hernie inguinale gauche, maintenue par un bandage.
Préparation pendant huit jours. Sonde à demeure, puis sondages et lavages. Urotropine.
19 juillet 1909. — Chloroforme.
Incision sus-pubienne, Le cul de-sac péritonéal est refoulé. Ouverture de la vessie préalablement remplie d'air. On retire quinze petits calculs.
L'index gauche est introduit dans le rectum. L'index droit effondre la muqueuse vésicale. Difficulté à trouver le plan de clivage. On extrait d’abord un petit lobe médian, puis chaque lobe est décortiqué et extrait, le droit d’abord, le gauche ensuite qui tient par l’urètre. L'énucléation seule dure une demi-heure.
Grosse prostate pesant 148 grammes.
Lavages à l’eau bouillie chaude et à l'eau oxygénée.
Gros drain avec petit tube latéral (tube de Marion) pour lavage.
Suture de la vessie au-dessous du drain en deux places.
Crins sur la peau à la partie supérieure de la plaie.
Lavages à l’eau boriquée et à l'eau oxygénée. Le malade ne se mouille pas, avec le nouveau tube.
22 juillet. — Le gros drain est enlevé. Lavage à la sonde de Nélaton.
24 juillet, — La vessie a tendance à se refermer alors que le fond se vide mal.
On replace un drain, puis une sonde de Nélaton. Lavage par l’urètre.
27 juillet. — Sonde à demeure.
Le malade a queiques coliques qu'il attribue à sa hernie, il applique son bandage. Funiculite, puis orchite gauche.
30 juillet. — La vessie est presque refermée.
Les lavages par la sonde ne reviennent pas par la plaie
vésicale, La sonde est enlevée.
Le malade urine seul, mais fait effort et le liquide repart par la plaie.
On replace la sonde à demeure, le lendemain, et le malade urine seul le 4 août,
Pas de résidu après les mictions. Les urines sont toujours un peu sales ; le malade ne consent pas à avoir des lavages quotidiens depuis qu'il urine seul.
Le malade revu en octobre est enthousiasmé de son état. Mictions toutes les quatre ou cinq heures, quelquefois toute
la nuit sans uriner.
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OBSERVATION XV j
Rétention nécessitant les sondages toutes les heures. — Infection vésicale. — Calculs mixtes. — Prostatectomie vésicale. — Prostate pesant 200 grammes. — Guérison.
M. G..., La Pommeraie, quatre-vingt et un an.
A eu autrefois des coliques néphrétiques et des calculs vésicaux pour lesquels il a été lithotritié deux fois: la jiremière fois en 1892 et la deuxième fois, il y a huit ans.
Il n’a jamais été complètement soulagé à la suite de cette seconde intervention ; et peu après a recommencé à souffrir de la vessie. Il a présenté surtout des symptômes de pierre. Il souffrait beaucoup avec besoins impérieux d’uriner, principalement par la fatigue, la marche, et surtout la voiture. Depuis ces dernières années surtout, les troubles augmentent et les mictions deviennent de plus en plus difliciles. Quelques mictions nocturnes.
Enfin, il y a trois mois, rétention complète des urines. Depuis, le malade se sonde, d’abord peu souvent. Depuis une quinzaine, les besoins se montrent très fréquents, et le malade a recours à la sonde au moins toutes les heures. Dans l'intervalle des sondages, quelques gouttes d'urine.
Entre à la clinique Saint-Louis, où on désinfecte sa vessie.
Un soir, difficulté très grande à passer la sonde ; hémorragie et fausse route. On parvient à le sonder au bout d’une heure ; après avoir introduit dans la fausse route une petite
Augier 8