‹ Contribution à l'étude de la prostatectomie transvésicaleChapitre 38 sur 44 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

Hypertrophie prostatique.— Rétention complète récente au cours d'une rétention incomplète chronique. — Diabète. — Enuclea-

tion d’une prostate de 35 grammes. — Guérison.

M. P..., Chalonnes, soixante-neuf ans.

Troubles urinaires depuis au moins dix ans: d’abord, plus grand nombre de mictions, mictions nocturnes et difficulté d'émettre les urines.

Ces divers troubles n'ont fait qu'augmenter, et le malade accuse surtout depuis deux ou trois ans des besoins plus fré-

quents d'uriner avec nécessité de les satisfaire dès que l’en-

vie se fait sentir. Si le malade retarde la miction de quelques instants, il ne peut uriner, et malgré ses efforts, il n’émet pas d'urines souvent avant dix minutes où un quart d'heure d’attente. Il urine ainsi six où sept fois le jour et le plus souvent trois fois la nuit.

22 août. — Il est pris d’un besoin d’uriner, tarde un peu et ses efforts restent vains. Quelques minutes après, il essaie de nouveau, et après un quart d'heure, il n'émet que quelques gouttes. IL a constamment besoin d’uriner dans la soirée, sans pouvoir le faire.

Il fait appeler le D' Meignant qui le sonde et l'envoie à la clinique Saint-Louis.

Rétention complète des urines et sondages qui doivent être répétés toutes les cinq ou six heures.

Bon état général. Urines peu septiques, mais contenant un peu de sucre. Traitement médical antipyriné.

30 août 1909. — Chloroforme.

Coussin sous les fesses. Vessie remplie de liquide.

Prostatectomie rapide et facile. On enlève d’un seul bloc, en quatre minutes, une petite prostate de 35 grammes.

Pas d'hémorragie.

Gros drain. Suture de la/vessie.

Crins sur la partie supérieure de la plaie.

Suites opératoires. — 30 août. — Lavages à l'eau bouillie chaude et à l’eau oxygénée.

31 août. — /dem.

Toux, trachéite.

2 septembre. — Le gros drain est enlevé.

Lavage par l’urètre à la canule de Janet.

6 septembre. — Sonde à demeure. La vessie est assez pro-

pre. La plaie du ventre est recouverte de fausses membranes.

Eruption furonculeuse partout où l'urine entre en contact avec la peau : abdomen et fesses.

9 septembre. — La plaie ne se déterge pas. La vessie ne laisse pas écouler facilement le résidu sale du fond. On enlève la sonde, et on laisse le malade se mouiller. Lavage par le canal avec le Janet.

Douleurs dans l’aine droite. Coliques avec un peu de diarrhée, Funiculite et orchite droites.

11 septembre. — On remet la sonde qui ne fonctionne pas toujours très bien ou goutte à goutte, le malade ayant un furoncle de la région sacrée et changeant fréquemment de position.

18 septembre. — La sonde est enlevée et le malade urine seul toutes les heures et demie. Dans la soirée en urinant, il s'échappe encore quelques gouttes par le ventre. La fistuette se ferme spontanément.

20 au 21 septembre. — Les mictions se font par la verge sans qu'il revienne rien par l'abdomen.

Le malade part le 26 septembre avec une vessie fonctionnant très bien. Il garde une plaie sacrée en bonne voie de guérison et son orchite est encore douloureuse.

Le D' Meignant nous apprend à la fin d'octobre que le malade est dans un état vésical parfait, mais il a été obligé

d’inciser le testicule qui a suppuré.

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