‹ Contribution à l'Étude de la Protection des Enfants en bas âgeChapitre 10 sur 28 · Le travail debout doit être prohibé · texte numérisé non relu

Le travail debout doit être prohibé

5° De même le travail exigeant un effort physiologique ou une position dangereuse pour l'intégrité de la grossesse, 6° Un repos de huit semaines doit être imposé et : prolongé si le médecin le prescrit. 7° Le salaire ne doit être réduit ni supprimé. 8° Des consultations médicales ou par une sage-femme doivent avoir lieu dans les usines.

Tout récemment, l’Académie de Médecine, après une longue discussion sur le travail de la femme enceinte et de la mère nourrice a émis des vœux presque identiques. | Ces vœux intégralement appliqués assureront aux femmes qui travaillent, déjà si nombreuses avant la guerre (4.200.000 en 1911), et dont le nombre s’est considérablement augmenté depuis, la protection rationnelle à laquelle elles ont droit. Il leur sera permis de ne plus considérer l’enfant comme un intrus qu’il faut supprimer par l'avortement. Cet enfant ne viendra plus au monde débile parce qu’elles se seront surmenées, et il ne mourra pas d’inanition chez la mère ou chez une nourrice mercenaire.

A joutons à la loi de 1913, celle votée la même année, qui accorde des subventions aux familles nombreuses, nous aurons ainsi tout dit de l’arsenal législatif destiné à protéger la mère avant et pendant ses couches.

. La Protection de l’enfance. — Après sa naissance

Voici la mère après ses couches, la Société a plus ou moins bien rempli son devoir envers elle. Un nouvel être est au monde, rougeaud, informe, n’ayant qu’une seule pensée dans son cerveau rudimentaire encore : manger, manger, sucer avidement le lait qu'il cherche au sein de sa mère,

C’est maintenant que la surveillance doit s'exercer, plus rigoureuse qué jamais. L'enfant pauvre, comme

l'enfant riche est fragile, la mortalité pendant les premiers jours de la vie est la plus forte.

. Sur 930 enfants de 0 à 2 ans morts par gastro-entérite à Nancy (1),

‘679 sont morts entre O et 6 mois, soit 130 Los

188 sont morts entre 6 et 12 mois, soit 202 Yo,

63 sont morts entre 12 et 24 mois, soit 67,7 %o-

D’après Bertillon (2) père, la mortalité infantile était, de 1856 à 1869 : >

Pour le 1®7 mois........ 72,60 Y

Dé'12 3 mois rs Pere 37,20 % De 8-à 6 mois..." 33,60 % De 6 à 12:mois eee 48,89 %

Dans le département de l’Ardèche (3) (année 1896), sur 4.608 enfants protégés du 1°7 âge, il y a eu 515 décès, soit 11,17 %, dont :

De la naissance à 15 jours 32

De 15 jours à 1 mois.... 75 LE De 1 mois à 3 mois...... 101 VE De 3 mois à 6 mois...... 118 ; 336 De 6 moisà lan....... 117\ Au-dessus d’un an...... 72

TOtAlL ASS MEN ER ER 515 décès.

Il y a donc eu 107 décès d'enfants de 0 à 30 jours sur 515 décès d'enfants du 1° âge, soit plus de 20 %.

Des documents publiés par M. Maurel (4) indiquent la mortalité des enfants de 0 à 1 an pendant l’année 1895, et par jour :

. (1) Déve : Loc. cit.

(2) Rapports annuels de la Commission permanente de l’Hygiène de l'Enfance par le Dr Charpentier, rapporteur à M. le Ministre de l'Intérieur pour 1896 et 1897. (in Thèse Bernson : Nécessité d’une loi protectrice pour la femme ouvrière avant et après ses couches).

(3) Loc. cit.

(4) Variot : Traité d’hygiène infantile.

€ PONT JEAN i €" "1 È " | MTS 4 É

"2e 85 -u De 0 à 4 jours, il meurt en France 4.341 enfants. Li = De 5 à 9 jours, —— . 1.788 enfants.

De 10 à 14 jours, — 1.249 enfants.

De 15 à 30 jours, ce 1.210 enfants.

Dans le 22 mois, — 638 enfants.

Dans le 3° mois, Er 490 enfants.

Dans le 4€, 5 et 6° mois, il meurt en France 311 enfants.

De 6 mois à 1 an, il meurt en France 188 enfants.

En résumé, il est mort dans le premier mois 52.452 enfants, et dans la première année, 148.942.

Pour éviter cette formidable mortalité des enfants dans les premiers jours de leur naissance, la première mesure à prendre est d’assurer à l’enfant la nourriture qui lui appartient : le lait maternel.

Propager l'allaitement au sein maternel, tel doit être le rôle du médecin et de la sage-femme éclairés. Dans l’entourage de l’accouchée, il ne manque pas de parents ou d’amis qui leur font obstacle : des raisons de coquetterie, des raisons de santé, le manque de lait, sont mis en avant pour débarrasser la mère de ce que l’on considère comme une lourde charge. Cependant, si la société a des devoirs envers la femme enceinte, la mère a des devoirs envers son enfant et le principal c’est de lui donner son sein.

, Toute femme a plus ou moins de lait, les cas d’agalactie ou d’hypogalactie, empêchant complètement l'allaitement, sont rares.

M. le Professeur Pinard va jusqu’à nier l’agalactie . complète. La plupart des pédiâtres français admettent que 90 à 96 % des femmes peuvent nourrir. Le D' G Variot (1) estime qu’un cinquième environ des femmes ne peuvent nourrir suffisamment pour faire prospérer leurs enfants. Le D' Gæœpfert (2) donne une statistique résultant d’une enquête faite dans le service de M. Le:

@) G. Variot : Traité d'hygiène infantile.

(2) GϾpfert : Loc. cit,

mer

Professeur Haushalter de Nancy. Sur 267 femmes, il a constaté :

Une agalactie presque LORIE dans Le proportion de 0,76 %:

Une sécrétion peu abondante au début dans la proportion de 9,36 %,.

Une sécrétion assez abondante dans la proportion de 9,73 %.

Beaucoup de lait dans la proportion de 80 %.

L’agalactie vraie n’a été constatée que 2 fois.

Le Dr Dluski (1) à la clinique du professeur Pinard a constaté que sur 500 femmes observées, 366, c’est-àdire 82,2 % ont été d’excellentes nourrices.

Le professeur Marfan admet que 90 % des mères saines peuvent allaiter. ù

Voici pour la population urbaine, dans la population rurale où, semble-t-il, l’allaitement maternel devrait être en honneur, le D’ Florentin (2) a fait une enquête auprès dé 725 femmes ayant eu 1.522 enfants vivants. Sur ce nombre, 287 enfants seulement, soit 18,9 % ont été nourris complètement au sein. Il montre aussi la fréquence des femmes qui ont essayé d’allaiter leur enfant (70,5 %), et qui l’ont abandonné par ignorance ou par suite de mauvais conseils de leur entourage. Dans de trop nombreux cas, les sages-femmes sont coùpables de cet abandon.

La sage-femme cependant, devrait jouer un grand rôle éducateur auprès de l’accouchée, pour celà, aussi, il faudrait qu’elle fût elle-même mieux instruite dans la science de la puériculture.

Donc, sauf dans les maladies de la mère, qui constituent des obstacles reconnus à l'allaitement, telles que la tuberculose pulmonaire, même à la période initiale, l’anémie suspecte ou dystrophies graves, le surmenage

(1) Dluski : Contribution à l'étude de l’allaitement maternel. (Thèse, Paris, 1904).

(2) D’ Florentin : La mortalité infantile dans une région qui se dépeuple. (Thèse, Nancy, 1912).

par un travail fatigant, qui affaibliraient la mère et l'enfant par contre-coup, les maladies infectieuses (grippe grave, fièvre typhoïde dans les cas graves, rhumatisme articulaire aigu) on doit conseiller à la mère de nourrir son enfant.

Les malformations du mamelon sont rarement une causeirrémédiable, on peut user RU bout de sein artificiel ou allonger le sein.

Les crevasses et abcès du sein ne devraient pas se produire si une hygiène très simple avait été suivie, avant et après l'accouchement ; ils peuvent d’ailleurs, être rapidement améliorés. Avant de les considérer comme une contre-indication à l'allaitement, il faut que le médecin se rende bien compte de leur gravité.

Seules les malformations congénitales de l'enfant sont un obstacle à l’allaitement, bec de lièvre, malformations du pylore, spasmes gastriques persistants, certaines fistules cervicales (Variot), les végétations adénoïdes, empêchant l'enfant de sucer le sein de sa mère. Pour les autres cas, tels que faiblesse de succion momentanée du nourrisson, la mère peut le nourrir de son propre lait, à la cuiller, par exemple.

C’est le rôle de la sage-femme et du médecin de ne pas favoriser l’abandon de l’allaitement. Ils ne doivent pas accepter les raisons que donne la mère ou bien son mari, trop complaisant ou trop ignorant. Ils doivent sermonner la mère et son entourage, ils doivent faire connaître à l’accouchée les risques qu’elle fait courir à son enfant en ne le nourrissant pas. En lui apprenant que la succion du baby provoque la sécrétion du lait en plus grande abondance, en lui enseignant que l’allaitement mixte est plus salutaire que l'allaitement artificiel si son lait est insuffisant, en lui indiquant les œuvres de bienfaisance auxquelles elle peut avoir recours, les secours d'assistance auxquels elle a droit, en lui faisant connaître les bienfaits de la Mutualité, le. médecin et la sage-femme seront dans leur rôle d’éducateurs. Ils seront dés bienfaiteurs en même temps, car ils

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