‹ Contribution à l'Étude de la Protection des Enfants en bas âgeChapitre 9 sur 28 · CHAPITRE M · texte numérisé non relu

CHAPITRE M

La protection de l’enfance. — Avant la naissance

La première nécessité qui s'impose pour la préservation de l'enfant, c’est de protéger sa mère. :

«L’Assistance Maternelle, est le support de l'hygiène infantile » dit Paul Strauss. Cette assistance doit s’exercer tout d’abord avant la naissance de l’enfant, pour le sauver de la syphilis héréditaire et de la débilité congénitale, et aussi pendant l'accouchement.

Elle doit assurer à la femme enceinte le repos physique et moral nécessaires pendant les derniers mois de la grossesse, lui éviter tout traumatisme, la soumettre à la surveillance médicale pour conjurer les effets de la

syphilis et de l’auto-intoxication gravidique. Elle doit également procurer à la mère après ses couches, le repos nécessaire à son rétablissement et lui permettre d’allaiter son enfant dans les meilleures conditions.

C’est l’origine des refuges, asiles-refuges, refuges-ouvroirs : Recueillir la femme quand sa grossesse est. un fardeau pour elle, l’héberger, la soigner jusqu’au jour de son accouchement, tel est le but que poursuivent les fondateurs de ces œuvres.

La bienfaisance privée a précédé. là, l’Assistance publique : l’'Asile St-Michel fut fondé en 1858, par des dames charitables mais victimes des préjugés courants, et un asile de ce genre fut créé par Madame Béquet en 1892 à Paris. Cette dernière fondation est le type du refuge ouvroir : admission sans enquête, accueil à toutes les femmes, quelle que soit leur situation légale, large tolérance, travail peu fatigant, instructions et conseils pour leur vie de future nourrice, tel-est l'esprit qui dirige le fonctionnement de cet asile, Ts fut

suivi par la Ville de Paris qui créa, en 1893, l’Asile Michelet sur ce modèle.

H existe encore quelques œuvres de ce genre à Paris ; en province, par contre, elles sont rares.

On ne peut contester la grande utilité de ces fonda-: tions qui permettent à la surveillance médicale de s'exercer avec fruit pendant la dernière période de la grossesse, et les résultats obtenus, contrôlés par le professeur Pinard, démontrent que les nouveaux-nés ont, en moyenne, un poids: supérieur de 300 gr. à celui des enfants nés d'ouvrières äyant travaillé jusqu'à l’accouchement (1).

Ces «sanatoria de grossesse», selon: Rep r de P. Strauss, doivent être répandus dans toutes les villes de France et dans celles des colonies ; ils le méritent par la noblesse de la conception qui a présidé à leur institution et par les services qu'ils rendent. Ils sont parmi les armes les plus efficaces dans la lutte contre l’abandon maternel et l'avortement.

Ces fondations s'adressent surtout à la femme non mariée ou séparée de son mari, mais celle qui reste à son domicile et pour laquelle, aux soucis moraux qu'occasionne souvent la venue d’un nouvel être à nourrir, ; s'ajoute la fatigue des soins du ménage, quelle assis-. tance reçoit-elle ?

On lui accorde un «secours de grossesse » : une somme de 10 francs, quelquefois 15 francs, rarement 20 franes pendant les deux derniers mois de la gestation, à Paris ; mais dans la plupart des villes de province... rien. | vins Pendant les derniers mois de la grossesse, la plupart des femmes d'ouvriers sont livrées à elles-mêmes, et; lorsque la protection médicale intervient, il est souvent trop tard pour l’enfant qui subit les conséquences des troubles de sa vie intra-utérine:

(1) Congrès National d'Hygiène, 1900.

Ce sont encore des Sociétés de bienfaisance privée qui viennent en aide, dans ce cas, à l’Assistance publique. Mais elles n’interviennent souvent qu’au dernier mois de la grossesse et plutôt pour préparer l’accouchement. &

Lorsque ce moment arrive, la femme indigente peut recourir à la Maternité, ou au concours gratuit, à domicile, d’une sage-femme ou d’un médecin. Elle bénéficie de la loi de 1893 qui met à la charge de la Municipalité l’assistance médicale gratuite, et lui donne également le droit aux secours pharmaceutiques.

Des œuvres se sont fondées pour compléter l’effica-

. cité dé cette loi, insuffisante, parce qu’elle ne continue

pas à la bénéficiaire les soins nécessaires après l’accôuchement. ; SAS

La «Société de Charité Maternelle» a été fondée en 1784. Comme toutes les œuvres trop anciennes, elle ne

s’est pas adaptée aux idées de tolérance et de justice,

sociale, elle ne secourt que les femmes légalement ma-.

riées. Elle rend cependant des services incontestables en distribuant des layettes et des secours aux accouchées. ; D

En 1814, les «Sœurs de la Charité Maternelle de

Metz», œuvre fondée par le D' Morlänne, s'occupent

rationnellement de l’accouchée et de son intérieur pendant la première semaine.

Mademoiselle Chaptal a organisé tout récemment à Paris, dans le quartier de Plaisance, l’assistance aux femmes dès le début de la grossesse. Pour empêcher la femme d’aller accoucher à l'hôpital et ne pas la séparer

de sa famille, on lui envoie quelque temps avant l’aecou-

chement une femme de ménage qui l’aide pendant 4 à 5 heures par jour. Dans le cas où la mère part à l'hôpital, la femme de ménage reste pour veiller à ce que l’absence de la femme ne trouble pas les habitudes dela famille. Desinfirmières rétribuées sont chargées de veiller à l’exécution des prescriptions médicales et à l'hygiène du logement ; des bons d’alimentation permettent à la mère

es D

de nourrir son enfant dans de bonnes conditions. Lorsque la mère a repris ses occupations après l’accouche-

ment, on confie l'enfant à une crèche en plein air, où

il est surveillé par des infirmières instruites dans une

école où elles séjournent deux ans. Cet exemple devrait

être généralisé. ; En 1897, le docteur Pecker, de Maule, fonde l’ « Asso-

ciation des Dames Mauloises» qui secourt les femmes

enceintes, pendant un mois avant les couches et un mois après l’accouchement. Cette œuvre se distingue particulièrement des autres en ce qu’elle fournit égale-

- ment le matériel obstétrical aux assistées. Ce matériel

est prêté, en même temps on fait don à l’accouchée de vêtements, de bons de nourriture. ‘ ’ Il est certain que dans les grandes villes ce mode

.d’assistance nécessiterait un matériel trop important

et de larges capitaux. Mais ne serait-il pas plus facile

de le réaliser, en intéressant chaque mère à son propre

accouchement et en lui en diminuant les charges par

l'Association ? C’est le but que poursuiv ee les Mutualités Maternelles.

Fondée en 1866 sous le nom de l’ «Association des

femmes en couches », sous la présidence de Jean Dolfus,

industriel de Mulhouse, c’est la première société maternelle de secours mutuels qui s’occupe des secours de

chômage pour les accouchées ; elle existe encore. :

Elle avait été précédée par la création d’une Caisse de secours que Jean Dolfus avait organisée dans son usine à l’aide de versements effectués par ses ouvriers et sa contribution personnelle. Il pouvait ainsi donner un secours de 70 franes pendant six semaines après l’accouchement à condition que la mère allaitât elle-

même son enfant.

En 1891, une Mutualité Matérmelle se fondait à Paris, sous la direction de MM. Félix Poussineau et Brylinski. . Les membres de cette Association versent une cotisation minime de 3 francs par an et les mères reçoivent une indemnité leur permettant de cesser le travail pen-

dant quatre semaines après leurs couches. Des primes d'allaitement sont accordées, des consultations de nourrissons sont fondées.

En 1895, M. Bonnier fonde une « “Mutugile Matèr. nelle» à Vienne, le Dr Rocaz à Bordeaux, le Dr Commandeur à Lyon.

En 1908, s’est fondée à St-Quentin une « Mutualité civile et militaire». Moyennant une cotisation mensuelle de Ofr. 25, chaque fenime membre de la Mutualité, touche 40 francs pour 4 semaines de repos. Elle est assurée de recevoir des visites préventives médicales, un service de bains chauds gratuits, une indemnité avant la naissance pour cessation du travail professionnel et des dons de fortifiants. On lui prête du linge personnel et la literie au cas où elle accouche chez elle, ainsi que du matériel d’ hygiène maternelle. Chaque nouveau-né reçoit une layette et un carnet sanitaire individuel où est marqué son état physiologique ainsi que les antécé- . dents héréditaires. Des primes d'allaitement sont distribuées aux mères après 6 mois d'élevage de leur enfant au sein, des diplômes d'honneur leur sont attribués à la fête annuelle. Trente dames inspectrices visitent les mères et les enfants et distribuent des indemnités. À la Mutualité est jointe une consultation de nourrissons où l'on pèse les enfants, et une Goutte de Lait où l’on distribue du lait stérilisé et des médicaments aux enfants délicats. Ke

Nous nous sommes étendue un peu longuement sur cette organisation, qui est destinée à prendre une grande extension et qui est, en effet, l’œuvre idéale à faire aboutir pour la protection de la femme enceinte, indigente ou, non, et pour lui assurer, hôn une aumône pendant ses couches, mais un droit à l’Assistance mutuelle. |

En 1912, on comptait 76 mutualités en France, et la mortalité infantile constatée chez les sociétaires était de 5 % à Lyon (15 à 20 %, dans la ae et3 % à Vienne (18 % dans la ville).

Malheureusement, malgré ses avantages, la Mutualité maternelle libre fait de lents progrès et en 1914, elle ne comprenait que 27.000 membres environ, alors qu'il y a 800.000 femmes qui accouchent chaque année (1).

A côté des « Mutuelles» s’est fondée en 1904, une œuvre purement philanthropique qui s’est donné pour but de venir en aide aux femmes enceintes et à celles qui allaitent leur enfant. re Partant de cette idée que, nourrir la mère c’est aussi nourrir son enfant en assurant à ce dernier le lait qui lui appartient, un professeur de l’Université de Paris, M. Henry Coullet et sa femme, eurent la pensée de créer un restaurant gratuit, dont la porte serait ouverte à toute femme enceinte ou à toute nourrice qui se présenterait. C'était l’idée qui avait pris naissance à Rome en 1879 ; l'Institut de la Sainte Concorde y distribuait un repas par jour aux nourricès nécessiteuses (2).

Après des débuts modestes, l’œuvre des Cantines Maternelles s’étendit et son organisation couvre maintenant toute la surface de Paris. La femme enceinte, sur certificat anonyme d'hôpital attestant qu’elle est enceinte de cinq mois y est nourrie gratuitement, la femme nourrice, sur la seule preuve qu’elle à du lait dans son sein peut prendre ses repas pendant 14 mois. Son enfant est suivi par la Consultation de Nourrissons annexée à la Cantine et régulièrement pesé ; si le lait de la mère diminue, on ajoute du lait stérilisé à l'alimentation de-l’enfant. On ne peut qu’admirer ces institutions de bienfaisance et d'éducation maternelle

et souhaiter leur diffusion dans toute la France.

Au léndemain de la guerre, s’est créé à Paris, l«Office Central d’Assistance Maternelle et Infantile» sous la présidence de M. Paul Strauss, avec lé programme suivant : « Pendant toute la durée de la guerre et dans

(1) Mme Paul Gemahling : La Maternité ouvrière et sa protéction en France. Alcan, Paris, 1915.

(2) Georges Cahen : Revue Philanthropique, 1912, p. 668,

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l'étendue du gouvernement militaire de Paris, assurer à toute femme nécessiteuse en état de gestation ou ayant un enfant de moins de 3 ans, la protection sociale, légale et médicale à laquelle elle a droit dans une société civilisée». a Cet Office Central se mit en rapports avec toutes les

Sociétés existantes à Paris pour la protection de la mère et de l'enfant, et, d’un commun accord, on organisa des équipes de femmes mobilisées dans ce but, qui se dirigèrent partout où l’on pouvait avoir besoin d'elles : dans toutes les Mairies, dans toutes les Maternités de Paris, chez toutes les sages-femmes agréées. Elles y installèrent des «postes de protection» ouverts d’une façon permanente. À chaque femme en état de gestation, et à n'importe quelle heure de la journée et de la nuit, on trouvait un abri pour accoucher : 95,20 A des femmes ont accouché péndant la première année de guerre par les sons de l’Assistance Publique. De la sorte, on a pu déceler plus facilement les enfants ayant besoin de protection. ,

Nous souhaitons que ces permanences survivent à la guerre, reliées elles-mêmes à un Bureau Central, lequel serait en communication avec toutes les œuvres de Protection de l'Enfance dues à toutes les initiatives. * Grâce au bon fonctionnement de l'Office pendant la guerre, le nombre des enfants allaités au sein est considérable à Paris. Pendant les 5 premiers mois de guerre, rapporte M. le Professeur Pinard (1), on ne rencontra «aucune femme récemment accouchée n'ayant pas dé lait». Le chiffre des morts-nés diminua ainsi que Île nombre d° enfants abandonnés.

L’Assistance légale de la femme en France, n’a trouvé son expression qu'en 1913, par la loi de Paul Strauss.

(1) Prof. Pinard : De la protection de l'Enfance pendant la 2€ année de guerre dans le camp retranché de Paris. (Bullet. de l Acad. de Disons ue

Déjà en 1892, le Parti ouvrier français par la voix de Paul Laffargue, avait demandé l'interdiction du travail de la femme ouvrière après le 4€ mois de gTOSsesse, avec une indemnité pendant un an de repos après l’accouchement. | * Dans la même année, le Conseil supérieur de l’Assistance Publique faisait voter l’assistance médicale à domicile et l’hospitalisation des femmes enceintes dans les Maternités hospitalières.

Enfin, en 1899, M. Paul Strauss sos le projet de

‘ Ja loi qui porte son nom et qui visait la protection et

l’assistance des mères et des nourrissons.

Pendant 25 ans, le vote du projet de loi fut retardé et ce n’est que le 17 juin 1913 que la France, après l’Angleterre, l'Autriche, l'Allemagne, la Belgique, la Hollande, la Norvège, le Portugal et la Suisse eut une loi de «protection des mères. » jo

FEAR la loi de juin 1913 n'était applicable qu'aux ouvrières salariées.

A la Séance de l’Académie de Médéciue du 27 janvier 1914, le professeur Bar avait chaleureusement plaidé la cause des autres femmes nécessiteuses et de celles qui travaillent à domicile, chez lesquelles « l’idylle du travail au foyer, « sweating system» s’est vite transformé en un cercle d'enfer» (Boyaval), et le 17 mars 1914, la Chambre votait une proposition étendant le bénéfice de la loi à toutes.les femmes HIGISRNEES de la population urbaine et rurale. |

La loi de juin 1913 a une importance capitale, «elle |

“apparaît, dit le professeur Pinard (1), aux philanthro-

pes, comme l’avènement de la véritable protection légale de l'enfance et de l’assistance aux mères privées de ressources. Elle est une première étape d’une marche en avant que rien ne peut arrêter ».

Cette loi accorde l'assistance à la femme enceinté

pendant un mois avant l'accouchement et un mois

après.

(1) Bulletin de l'Académie de Médecine, 27 janvier 1914.

Bien

Elle lui attribue une indemnité de chômage variant de.0 fr. 50 à 1 fr. 50 par jour, plus une indemnité d’allaitement de 0 fr. 50 par jour.

Si, aux philanthropes, cette loi RATE, être la véritable protection légale dont parle Pinard, au point de vue médical elle n’est, en eflet, que la première PenE vers une législation meilleure. 2

Le délai de quatre semaines avant et après l’accouchement qui est accordé à la femme pour son repos, est notoirement insuffisant. D’après les médecins, il devrait être au moins doublé, le travail devrait même

être complètement interdit à la femme enceinte, d’après le professeur Pinard.

Les termes mêmes de la loi qui permet à la femme en état de «grossesse apparente» de rompre son contrat avec l'employeur se prêtent à l’abus. Où commence-telle cette grossesse apparente alors qu'aucun certificat de médecin ne vient la prouver ? Qui peut en juger ? En outre, si la femme a mal calculé la date de son accouchement et qu’elle abandonne le travail six semai- nes avant, la loi, ayant prévu un moïs de repos avant les couches, qui l'indemnisera des quinze jours supplémentaires ? 0 A

D'ailleurs le repos d’un mois avant l’accouchement . devrait être obligatoire. Puisque le législateur a trouvé ce délai suffisant, alors que le médecin fait ses réserves, il devrait au moins contraindre la mère ignorante à sauvegarder son enfant. À notre avis, c’est le médecin qui devrait juger du moment où la femme devrait se reposer.

Le D' Lepage (1) demande que l’on engage même la femme à consulter le médecin dès la première quinzaine qui suit la date à laquelle les règles ont manqué.

Mais alors, le médecin contraindra la femme ouvri-

(1) Lepage : Notes sur l’application de la loi sur l'assistance aux femmes enceintes. (Annales d'Hygiène publique. IAA 1917).

ère à se reposer pour le bien de son enfant. L'Etat donnera-t-il à cette dernière une indemnité assez forte pour ne pas aggraver sa misère par le chômage. Avec O fr. 50 ou 1 fr. 50 par jour une femme ne peut , vivre, ni se reposer.

Ici, la loi fait appel à la bienfaisance privée, et Paul Strauss qui en est le rapporteur conseille de demander l’aide des Municipalités, Mutualités, ete. C’est la preuve de l’impuissance de l’Assistance légale. On élabore une Joi qui ordonne le repos et ne le paie pas, qui oblige ceux qu'elle contraint à recourir à la charité.

L'Etat se doit de protéger la mère s’il veut lutter contre la dépopulation. Si c’est ce péril qui l’a obligé à légiférer, il doit prendre des mesures efficaces. Cepen-

dant l’État avait devant lui Fu de nombreux pays européens.

L'Allemagne, l’Autriche, la Hene la Serbie, le Luxembourg, la Norvège, la Grande-Bretagne, la Russie, la Roumanie et le Danemark assimilent l’accouche-

ment à la maladie et Assurance maladie y est obligatoire. $

L'état aurait pu créer, en suivant cet exemple, une loi bien plus efficace pour les salariées En faisant verser à l’ouvrier et au patron des sommes modiques en apportant lui-même sa contribution, il créait le droit de l’accouchée à une indemnité de chômage bien plus forte que celle qui lui est actuellement octroyée. C’est cette idée que dévoloppe de très heureuse façon Madame Paul Gemähling dans le rapport que nous avons déjà cité.

. Bien d’autres questions se posent encore au sujet de l'efficacité de cette loi, qui, d’ailleurs, selon son rapporteur même, ne doit être considérée que comme «transitoire» comme une «amorce» vers des améliorations nécessaires.

M. Albert Mons a constitué, en avril 1916, un Comité de travail féminin, sous la présidence de M. Paul

Strauss, qui a pour but de résoudre les questions laissée. en suspens par la loi de juin 1913.

Le D’ Bonnaire y a fait un rapport où l’on constate déjà l’amélioration que peut produire le repos obligatoire, aussi insuffisant qu'il soit à l’heure actuelle (1).

Du 10 novembre au 31 décembre 1916, sur 775 accouchées à la Maternité, il y a 63 ouvrières des usines, soit 8 % ; sur ces 63 accouchements (3 gemellaires), il ya 66 enfants ; 46 sont venus à terme, 20 avant terme.

Pour les femmes qu se sont reposées 4 semaines: 42 enfants. Êe

Pour les femmes qui ne se sont pas reposées ! 24 enfants.

Sur 42 enfants, 34 sont venus à terme, 8 avant Re avec le poids moyen de 3 k. 296.

Sur 24 enfants, 12 sont venus à terme, 12 av ue terme, avec le poids moyen de 2 k. 298.

Pour la mortalité maternelle puerpérale, il y a diminution en 1916. 5,1 % en 1915, 4,9 % en 1916.

Ces chiffres sont assez éloquents par eux- mêmes : une augmentation de 1 kilo par enfant pour les femmes qui se sont reposées, une diminution des enfants nés avant terme, tel est le résultat d’un repos avant les couches.

Le Comité de travail féminin composé . parlemen- - taires, de représentants des administrations, - du corps médical, de patrons et d'ouvriers des deux sexes, a émis les vœux suivants pour les femmes en état de gestation ou ayant au sein un enfant de moins de 6 mois.

1° Changement de travail si lantécédent ne convient pas à la femme en état de gestation.

20 Interdiction du travail supplémentaire ou de Huit:

3° Le travail de jour pendant huit heures est le meiljeur.

(1) Paul Strauss : La protection maternelle et infantile, (Revue d'Hygiène et de police sanitaire, 1917).

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