RE O
à de fâcheux froissements. Au printemps 1911, elles se fondent en une fédération qui divise la cité de New- York en districts, eux-mêmes subdivisés, afin d’éviter les empiètements mutuels des centres distributeurs. En juin 1912, ce début d'organisation se complète, en substituant au groupement antérieur, une association reliée aux hôpitaux spéciaux, garderies, service social, etc., avec des sous-comités pour répartir la besogne. Le département de la Santé a assuré, de son côté, une part de l’existence matérielle de cette entreprise si complexe.
«De plus, l'association nouvelle (Babies Welfare Associatiqn), par une publicité intensive, a su attirer à elle de nombreuses sympathies et des donations qui lui permettent désormais de vivre d’une manière autonome ; signalons que les journaux politiques lui ont apporté leur concours désintéressé et permanent ».
C’est un exemple frappant de l’Union de la Bienfaisance privée avec l’Assistance publique, qui doit nous montrer la voie dans laquelle il est nécessaire de s’engager.
Pourquoi une ville comme Alger ne centraliserait-elle pas les différentes œuvres de bienfaisance en une Ligue unique avec l’appui, de l’Assistance publique ?
Que de gaspillages d'argent et de bonne volonté seraient évités, et combien il serait facile, sous une impulsion clairvoyante, d'entreprendre auprès des mères, une campagne d'enseignement par la parole, par les écrits, par l’assistance doublée de la surveillance médicale et lutter efficacement contre la mortalité infantile, en encourageant, en même temps, la natalité.
D’autres préoccupations plus immédiates et aussi nécessaires, retiennent auprès de nos blessés et mutilés tout un monde de dévoñment féminin qui se dépense sans compter. Mais après la victoire, ce désir de se sacrifier, de donner son temps et ses forces à la défense des vies françaises restera-t-il inemployé ?:
Les Dames de la Croix-Rouge et les Dames françaises
ne
rendues à leurs occupations civiles ne continuerontelles pas à travailler encore pour leur pays ?
Un beau rôle s’offre à elles. Avec un complément, rapidement acquis dans les Consultations de Nourrissons, des notions d'hygiène et de puériculture qui leur manquent, elles seront celles qui, après avoir rendu la vie à des centaines d'adultes, arracheront à la mort des milliers d'enfants. Nous attendons d'elles, l'effort qui rendra efficace l’enseignement donné aux mères dans les Consultations, elles seront les soigneuses bénévoles, les visiteuses dévouées, qui harcèleront les mères récalcitrantes. Elles seront la foule des femmes qui feront une muraille protectrice autour du flot de vie nouvelle, destiné à combler les vides produits par la mort. Les riches consacreront leur temps et leur fortune à protéger l'enfance, si elles ne consentent à prêcher d’exemple, en donnant naissance à de beaux enfants et en les
nourrissant elles-mêmes ; les pauvres, ah! nous en avons la certitude, elles ne refuseront jamais la maternité si on leur en allège la charge.
- Et il est temps d’y penser, il est temps de préparer la jeune génération actuelle à sa tâche future. . La jeune fille, dès l’école primaire, doit être habituée : à considérer la Maternité comme un devoir, dès l’école primaire, on doit l’intéresser à l'hygiène et aux soins : à donner aux enfants. | F
L'école primaire lui en donnera le goût, l’école secondaire lui donnera les notions didactiques de l’élévage qui figurent dans le programmes des études. . L'école supérieure lui donnera la science nécessaire pour instruire ses élèves, en l’obligeant à un stage dans une Pouponnière ou une Consultation de Nourrissons.
Pour les jeunes filles qui auront quitté de bonne heure l’école, les œuvres post-scolaires seront chargées de compléter leur éducation, par des cours du soir et des conférences. de ARE
Les mères seront instruites par des conférences, des brochures et des affiches, Elles devront être habituées
root
. ; 1 9 $ à consulter le médecin ou la sage-femme dès qu’elles 1 . , . ‘ , 0 seront enceintes, afin de recevoir des conseils obstétricaux.
Le Congrès d'Hygiène de Bruxelles, en 1903, émettait les vœux suivants.
19 Que les Administrations publiques et charitables cherchent par tous les moyens possibles à instituer des Consultations de Nourrissons dirigées par des médecins;
20 Que pour les jeunes filles, depuis l’école moyenne . jusqu'à l’école normale, et spécialement dans les écoles ménagères, il soit institué des leçons pratiques d’hygiène infantile, notamment en leur faisant suivre es Consultations de Nourrissons ; |
3° Que dans toutes les communes, des notices sur d'allaitement et l’hygiène des nouveaux nés, en. tête desquelles figure ce précepte «que jamais l'allaitement artificiel ne vaut l’allaitement naturel, soient délivrées
au moment . mariage “ de la déclaration de naissance ».
Au-dessus des mères, celle qui est chargée de recevoir l’enfant à sa venue au monde, celle qui exerce une influence si grande sur les familles, celle à laquelle la loi permet dé donner les premiers soins à l’enfant et sur l’autorité de laquelle on règle le plus souvent le régime dont dépendra la vie du nouveau-né : la sagefemme, celle-là devra être obligée de soigner particulièrement l'étude de l'hygiène infantile.
Il faut que dans les Maternités, les élèves sages-femmes soient chargées des soins aux nouveaux-nés et aux nourrissons (1), qu’elles fassent un stage obligatoire dans les Consultations de Nourrissons afin d'y acquérir la pratique de l'élevage du nourrisson.
« Pour combattre l'ignorance, cette grande cause de
(1) Cela se pratique à la maternité de Nancy depuis 1808. Goepfert.
«mortalité infantile, dit Marfan (1), on s’est adressé à «des personnes étrangères à la médecine. On instruit «des infirmières, des femmes de bonne volonté, Il fau- «drait tout d’abord instruire le médecin qui est le mis- € sionnaire Indispensable dans cette croisade entreprise « contre la mortalité infantile du 17 âge. Les œuvres « de protection de la première enfance qui n’ont pas «une bonne direction médicale, donnent des résultats « insuffisants. Ces œuvres doivent fonctionner avec le « concours d’un médecin connaissant l hygiène et la pa- « thologie des nourrissons. Et si, ajoute-t-il, beaucoup « de jeunes docteurs ignorent les éléments de la puéri- « culture, c’est parce que l’enseignement de l’hygiène « et des maladies du nourrisson n’est pas CPHGAIOIEE « pour les étudiants en médecine et parce qu'il n’a pas « été organisé systématiquement pour eux».
M. Bézy, au Congrès International de Médecine, à Paris 1900, demandait de créer, dans les Universités, un certificat de pédiâtrie exigible pour l’obtention du poste de médecin inspectéur de l’Assistance publique.
Le Congrès International de Bruxelles, en 1907, demandait que «l’enseignément officiel et particulier de la puériculture ainsi que de l'hygiène infantile fussent plus en honneur dans les divers pays».
C’est en nous retranchant derrière l’opinion de ces pédiâtres auxquels il faut ajouter les noms les plus illustres, tels que les professeurs Pinard, Bar, Maygrier, que nous oserons demander que l’enseignement de l’Hygiène et de la Clinique infantile se généralise dans toutes les Facultés de Médecine, et que le stage dans une Consultation de Nourrissons, soit prescrit aux étudiants et étudiantes en médecine,
Depuis 1909, des cours facultatifs existaient déjà à
la Fondätion P. sou à l HE de Porchefontaine.
(1) Marfan. — Extrait de la leçon inaugurale de la chaire. d'hygiène et de clinique infantile à Paris. — Revue d'hygiène. et de Police sanitaire , 1915.
L’hospice des Enfants assistés avait son Institut de puériculture, s'adressant, d’après son fondateur, le : Dr Variot, «aussi bien aux femmes qui le fréquenteront (ce sera l'Ecole des Mères) et à l'instruction technique et scientifique des étudiants français et étrangers qui viendront y suivre les conférences cliniques, étudier son fonctionnement ou POHEURES des recherches de labo- . ratoire». < En 1915, le professeur Marfan Hépens la chaire d'Hygiène et de Clinique infantile du 1er âge à la Faculté de Médecine de Paris, et tout récemment, la chaire d'Hygiène et de Clinique infantile était créée à la Faculté d’Alger. jui
C’est une lacune qui est ainsi comblée et l'institution de l’enseignement officiel de la puériculture nous donne une arme de plus pour la lutte contre la mortalité infantile du 127 âge.