‹ Contribution à l'Étude de la Protection des Enfants en bas âgeChapitre 8 sur 28 · LS · texte numérisé non relu

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MM. Ballestre et Gilletta (1) ont étudié la proportion des causes de léthalité infantile, basée sur le chiffre

des naissances dans 681 villes de France pendant 6 ans

Sur 1.000 enfants qui succombent :

384,70 meurent de gastro-entérite, 170,76 meurent de débilité congénitale, 147,29 meurent d’affections des voies respiratoires, . 24,70 meurent de tuberculose, 49,61 meurent de maladies contagieuses; 222,92 meurent de maladies diverses.

La gastro-entérite joue donc un rôle néfaste dans la vie des enfants. La statistique suivante (2) en est une

| preuve.

Décès par gastro-entérite Décès d'enfants de 0 à 1 an

Au chiffre des décès par gastro-entérite, on peut encore ajouter lés nombreux décès classés sous la rubrique «maladies diverses» qui sont dus, entre autres, aux «convulsions» que déterminent souvent les troubles: gastro: -intestinaux.

En Algérie, la gastro-entérite, en prenant comme moyenne le chiffre de la mortalité d'enfants de 0 à 1 an pendant 5 ans (1908-12), cause environ 660 décès sur 2.330 (Mantout). Ce chiffre pris dans les listes de statistiques officielles d'Algérie, doit encore être augmenté d’une partie des décès classés sous la rubrique « maladies diverses ou non déclarées » dont le chiffre est plus

(1) Ballestre et Gilletta. Loc. cit.

(2) Mantout. Loc. cit.

élevé à lui seul que le nombre des maladies déclarées (1670). |

La débilité congénitale vient en second rang dans la statistique de MM. Ballestre et Gilletta, alors que la tuberculose tient la dernière place avec 24,70 %. La tuberculose du nourrisson est bien plus fréquente qu'on le pense, nombre d’enfants considérés comme des atrophiques purs, sont en réalité des tuberculeux ; les procédés d'investigation actuels (cuti, intra-dermo réaction, radioscopie) permettent de s’en rendre compte plus facilement qu’autrefois.

Parmi les causes de mortalité infantile, les troubles digestifs, la débilité congénitale, la broncho-pneumonie, la tuberculose, la syphilis ere. sont des maux évitables.

En protégeant la mère pendant et même avant la gestation, on supprimera en partie les dangers de la syphilis héréditaire et de la débilité congénitale. Le Pr Marfan (1) dit : « La puériculture ne doit pas s’appliquer seulement à la période qui suit la naissance, . mais à la gestation et à la procréation. Le professeur. Pinard et ses élèves ont attiré l'attention sur cette «puériculture intra-utérine» et ont demandé des mesures de protection pour la femme gravide.

Pour les maladies des voies respiratoires, bronchopneumonie et tuberculose, les soins du docteur et l’hy- . .giène de l’enfance enseignée aux mères et aux nourrices seront les meilleures armes. ‘

La mauvaise alimentation est la raison exclusive des cas de gastro-entérite aiguë qui, se produisent chez le nourrisson. Elle n’est jamais observée sur un enfant élevé complètement au sein. Il faut en déduire comme principe la nécessité de l'élevage au sein. En encourageant l'allaitement au sein, nous supprimerons pour ainsi dire la gastro-entérite aiguë chez les nourrissons de 0 à 1 an.

(1) Marfan, Loc. cit.

Mais la gastro-entérite aiguë n’est pas la seule, la gastro-entérite chronique s’installe chez le nourrisson mal alimenté et le mène à l’athrepsie ét à la mort.

Ici il faut incriminer l’allaitement artificiel, mal dirigé, le plus souvent encore. Ou la mère n’a pas eu les moyens de donner du bon lait à l’enfant à cause de la misère dans laquelle elle se trouve; ou bien elle en a donné trop, ou encore pas assez, par suite de son ignorance.

Ainsi, de quelque côté que nous nous tournions, notre

tâche est nettement indiquée. Pour remédier à la dépo- pulation de la France, pour tâcher d’arracher à la mort,

les milliers de petits êtres qu’elle prélève indûment et que nous lui laissons criminellement prendre chaque année, il faut agir par l’Assistance et l'Enseignement.

À l’Assistance publique et privée, appartient le soin

de protéger légalement et matériellement la mère et

l'enfant, c’est au médecin qu’incombe le devoir de les préserver physiquement et de les instruire.

Nous verrons dans le chapitre suivant comment

cette assistance s’est exercée, nous en marquerons les heureux résultats en même temps que les insuffisances, et nous nous efforcerons de rechercher les moyens de

rendre ces efforts plus efficaces.

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