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injections chaudes, l’hémorragie s'arrête très facilement.
14 novembre. — Tout va aussi bien que possible, la cicatrice est parfaite; le malade continue toutefois ses lavages, il peut manger de la viande hachée et des légumes.
Le lendemain M. Michaux présente le malade à la Société de Chirurgie. On trouvera à la fin de cette observation la note qui accompagnait cette présentation.
A ce moment le malade est dans un état très satisfaisant, il n’y a pas de déplacement du fragment et il y a concordance parfaite des arcades dentaires supérieure et inférieure. Le malade fait mouvoir facilement sa mâchoire, il parle très convenablement, garde sa salive et peut manger des potages, de la viande hachée et des légumes: tout cela le 12° jour après l'opération.
L'aspect extérieur est également satisfaisant, il n’y a pas de déviation de la face.
Le malade sortit alors de l’hôpital, et au bout de quelques semaines il put reprendre son métier de charpentier; il continuait à faire des lavages dans la journée.
Vers le 20 février, le malade s’aperçut que l’angle de la mâchoire de l’appareil prothétique se trouvait à découvert sur une étendue d’un demi-centimètre environ, ayant percé la peau au niveau de la cicatrice. Ce petit incident s’explique facilement. La peau avait toujours été assez tendue sur cette portion à cause de la résection à ce niveau d’un lambeau cutané; de plus, ce malade présentait à l’état normal, avant l’opération, un prognathisme très accentué de la mâchoire inférieure; or, dans la construction de l'appareil
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nous avions bien modifié celui-ci pour répondre au change-. ment de forme de l’os dans cette malformation; mais, au moment de l'application, nous avions oublié de modifier l’angle de la mâchoire qui, dans ce cas, est plus obtus et se trouve par conséquent plus effacé qu’à l’état normal; en sorte que celui-ci avait toujours fait une saillie un peu plus prononcée qu’il n’aurait dû et que, par suite de la rétraction cicatricielle, il avait écarté les lèvres de la cicatrice qui se trouvait juste à son niveau. Cela vient à l’appui de ce qu'annonçait M. Martin dans sa thèse sur le choix des incisions ;
En dehors de la saillie extérieure d’un tout petit coin de l’appareil, ce petit incident n'avait amené aucun autre inconvénient ; la salive ne passait pas par là, la peau étant fortement rétractée tout autour; néanmoins nous nous dis-
posâmes à lui enlever son appareil pour le modifier et pour le rendre mobile ainsi que nous venions de le faire pour
notre malade de l’Observation Il; malheureusement, dans les premiers jours du mois de mars, alors que tout était prêt pour ce changement, nous nous aperçûmes qu'une récidive se produisait à la joue au-dessous de la commissure labiale droite; nous ajournâmes donc l'opération, et la récidive ayant envahi toute l’épaisseur des téguments et établi une communication entre la bouche et l'extérieur, nous enle-, vâmes complètement l’appareil. Ici nous devons insister sur un petit point en apparence secondaire, et qui cependant, dans le cas présent, nous causa les plus grands ennuis. Pour retirer un appareil de ce genre, il faut d’abord aller
détacher les vis qui relient l'appareil à la partie restante du maxillaire. Pour cela on ne peut compter aller dévisser celles-ci; on introduit un instrument sous la muqueuse, au niveau des bandes métalliques, et l’on fait sauter les vis par des pesées aidées derquelques mouvements de traction; je me suis trés bien trouvé pour cela de l’emploi d’une forte rugine de dentiste. Cette petite opération n’est pas toujours très facile, mais avec un peu de patience on y arrive. . Lorsque l’appareil est ainsi détaché à la partie antérieure, on le tire en haut et en avant pour aller sortir la branche montante, cette dernière mauœuvre: s'exécute sans difficulté. C’est du moins ainsi que cela se passa dans notre Observation Il; mais, pour que cela se fasse facilement, il est une condition indispensable : c’est que l'appareil soit bien exactement de dépouille ; or, M. Martin, dans son livre, a oublié de signaler ce petit détail, et dans les gravures qui accompagnent son texte, on voit les appareils pour le maxillaire inférieur avec des condyles de forme absolument normale, c’est-à-dire allongés transversalement et étranglés au collet. N'ayant pas encore exécuté ni vu exécuter ce travail, je m'en rapportai aux descriptions et dessins donnés par M. Martin et je laissai à mon appareil son condyle normal. Mais si cela ne présenta aucun inconvénient tant que l’appareiïl fut en place, il n’en fut pas de même lorsque je voulus le retirer ; en effet, je tirai énergiquement sur l’appareil préalablement détaché en avant, mais rien ne vint. Je fis pendant très longtemps des mouvements de va-et-vient et de torsion-pour essayer de dégager le con-
dyle, mais, celui-ci, retenu toujours par sa forme ne se dégageait pas du tout et je dus aller faire à son pourtour des incisions de dégagement, opération qui pouvait ne pas être sans danger, étant donnés les nombreux vaisseaux de la région et la difficulté d'opérer ; je pus enfin, mais au prix de quels efforts ! sortir l'appareil : une hémorragie s'ensuivit, je pus heureusement l'arrêter en faisant de la compression pendant une heure à l’aide d’un tampon d'ouate introduit dans la bouche:
Il est en somme très facile d'éviter tous ces ennuis en prenant la précaution, comme je le fis dans mon second cas, de faire la branche montante bien de dépouille, en ne laissant comme condyle qu’un petit moignon qui sortira aisément de la gaine cicatricielle, (Voir fig. 1). Ve
Dans mes deux opérations de prothèse immédiate, je mè suis servi de bandes et de vis d’acier étamées pour fixer l'appareil prothétique au fragment restant du maxillaire ; c'est la pratique actuellement suivie par M. Martin, et j'ai pu m'assurer, quand j'ai retiré ces bandes et ces vis, que ce métal était bien toléré et n'avait subi aucune altération.
Voici la note qui accompagnait la présentation à la Société de Chirurgie du malade dont nous venons de parler.
Résection d'une moitié du maxillaire inférieur. Pro- .éhèse immédiate. Résultat au 12° jour. ” (Bulletins et Mémoires de la Société de Chirurgie, T. XIX p. 620.)
M. P. Michaux.-- Je vais avoir l'honneur de vous présenter un résultat des plus remarquables de prothèse immédiate pour
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résection complète de la moitié droite du maxillaire inférieur, suivant la méthode préconisée par le docteur Claude Martin (de Lyon), à qui nous devons déjà d’intéressants travaux sur la restauration prothétique du squelette du nez et des maxillaires.
Depuis quelques années déjà, nos confrères lyonnais, MM. Ollier, Letiévant, Poncet, Vincent, Chandelux, Levrat, Gangolphe, Polosson avaient utilisés avec grand succès les appareils et la méthode de M. Martin.
Cette méthode et ses résultats superbes ont été longuement exposés dans un premier travail de l’auteur. (De la Prothèse immédiate appliquée à la résection des maxillaires, par C. Martin, 1889. Paris, Masson, éditeur) et dans sa thèse inaugurale soutenue à Lyon en 1893, (Des résultats éloignés de la prothèse immédiate dans Les résections du maxillaire- inférieur, docteur Claude Martin. Paris, Masson, éditeur). de:
: A la section de chirurgie du dernier congrès de. Besançon, notre collègue, M. Vautrin (de Nancy), à publié un fait analogue Lbre couronné de succès puisque le malade man. geait et parlait 45 jours après l'opération comme avec un maxillaire normal. AS
‘ La lecturé de ces travaux m'a inspiré le désir “6 ba imiter et je vous présente un malade que j'ai traité ainsi, il y a EURE hui douze jours.
Mon malade G... . (Pierre), ent Âgé de Le ans, est entré au mois de juin dans le service de M. le docteur LaEbe pour un épithélioma de la lèvre inférieure, datant de 3 ou 4 ans. Le 27 juin je pratique l’excision de la tumeur. Réunion immédiate. Vers le 15 septembre, le malade aperçoit au niveau de la branche horizontale droite du maxillaire inférieur une petite masse dure, mobile sous la peau. Cette petite masse augmente rapidement de volume, et, à la fin d'octobre, elle a le volume d’un petit œuf, adhérant à la peau. Il s’agit d’une récidive épithéliale de la face ‘externe et du bord inférieur du maxillaire, Toutes les mesures prises, l'appareil est préparé