OBSERVATION II
Georges B..., 33 ans, garcon de café, entre à l'hôpital Lariboisière dans le service de M. docteur P. Berger pour un sarcome siégeant au maxillaire inférieur au niveau des
- grosses molaires droites.
M. le docteur Berger m’ayant demandé mon concours
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pour pratiquer la prothèse immédiate, je construisis mon appareil ainsi que je l'ai indiqué plus haut et l'opération se fit le 4 décembre. M. Berger enleva la totalité de la branche montante droite et une partie de la branche horizontale du 1 maxillaire inférieur, la section de celle-ci étant he entre la canine et l’incisive latérale droite. :
Sitôt la résection opérée, je modifiai mon appareil pour le rapprocher le plus possible comme forme de la portion enlevée et je l’appliquai de la même manière que dans l'observation précédente; toutefois, je pus immédiatement placer le ressort reliant l’appareil à la plaque palatine, ce que je n'avais pu faire chez mon premier malade.
M. Berger pratiqua ensuite la suture de la peau en plaçant un drain au niveau de l'angle de la machoire, Cette précaution n’est pas nécessaire dans la généralité des cas, l'appareil assurant très bien le lavage; toutefois, le chirurgien ayant désiré mettre un drain pour s'assurer d’une façon certaine de l'écoulement des liquides, je n’insistai pas, cela n'ayant pas de notables inconvénients ; en effet, au bout de trois jours on enleva le drain et le lendemain l’orifice de celui-ci était bouché.
Pansement au salol et lavages au chloral à 1 0/0 toutes les heures. | La cicatrisation se fit sans aucun incident, la température resta constamment à la normale. Ainsi que je viens de le dire le drain fut enlevé le troisième jour et les points de suture le 12 décembre, huit jours après l'opération; la plaie s'était parfaitement réunie dans toute son étendue.
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Comme dans l'observation précédente, quelques jours après l'opération le malade gardait sa salive et pouvait remuer facilement la mâchoire; la parole était correcte.
Le 18 décembre, quatorze jours après l'opération, le malade put manger de la viande hachée et des légumes.
Tout alla bien jusque vers le 15 janvier; à cette époque le malade éprouva d'assez vives douleurs dans la face, puis il y eut du gonflement du côté droit et enfin un petit trajet fistuleux se produisit au niveau de la cicatrice:
Depuis l’opération il existait toujours un peu de suppuration intra-buccale et il s'était formé sur la joue, dans la partie en rapport avec l'appareil, des fongosités molasses et saignant facilement.
Je medécidai alors, sur le conseil de M. Martin, à enlever l'appareil et à le rendre mobile,
Pour cela je pris l'empreinte de la bouche, l’appareil en place, et j’ajoutai à la portion dentaire de l’appareil un prolongement venant emboîter les dents du côtésain (fig. 2B). J'avais en résumé un appareil prothétique ordinaire offrant cette particularité de s’enfoncer par deux tiges verticales dans le maxillaire artificiel A ; de plus cet appareil portait un porte-ressort du côté gauche. Je fis également pour la mâchoire supérieure une plaque palatine C supportant deux porte-ressorts.
Tout cela étant prêt, le 16 février, j’enlevai mon appareil. L'opération ne présenta pas de trop grandes difficultés, grâce à la précaution que j'avais prise de réduire le.condyle À un simple moignon cylindrique. L'appareil étant sorti de
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la bouche j’enlevai les attaches métalliques:et je voulus le réintroduire à sa place; mais, quoiqu'il sé fût écoulé très peu de temps depuis son enlèvement, je ne pus y parvenir qu'après l'avoir beaucoup modifié au niveau de la branche montante. Je dus diminuer celle-ci dans toutes ses dimen-
Fig, 24
sions, surtout en largeur et hauteur, pour pouvoir la faire rentrer dans la sorte de gaîne où elle se logeait.
A yant enlevé de nouveau l'appareil, je bouchai les canaux d'irrigation avec de la cire iodoformée, et je le remis en place; je plaçai alors la partie supérieure décrite plus haut et la plaque palatine avec ses ressorts, en sorte que l'appareil se trouvait très bien maintenu ainsi que le montre la figure 2.
L'appareil, étant amovible, fut retiré tous les jours pour
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le nettoyage et immédiatement remis en place; au bout de quelques jours, le malade put l’ôter et le remettre lui-même sans difficulté. |
A partir du moment où cette transformation fut faite, Les douleurs disparurent et le petit trajet fistuleux qui s'était formé s’oblitéra sans autre traitement ; toutefois les fongosités, quoique moins abondantes, persistèrent en dépit des cautérisations au thermo-cautère.
Je dus faire, par la suite, diverses modifications à cet appareil et tout allait assez bien quand, le 26 avril, alors que je prenais mes dispositions pour faire un appareil quasi définitif, mon malade, d'esprit un peu borné et ennuyé de la longueur de l’opération, enleva son appareil et ne revint plus me voir.