‹ Contribution à l'étude de la prothèse immédiate et de la prothèse tardive dans les résections du maxillaire inférieurChapitre 20 sur 26 · PE SE TEES · texte numérisé non relu

PE SE TEES

La malade ne pouvait manger d’aliments selides et la parole était défectueuse.

Je résolus de pratiquer à cette malade le redressement des fragments conseillé par M. Martin avant de luiappliquer un appareil.

Pour cela, je pris l'empreinte des mâchoires supérieure et inférieure et je confectionnai une gouttière de caoutchouc vulcanisé emboîftant les dents restantes de la mâchoire inférieure et munie à sa partie antérieure d’une tige métallique venant sortir hors de la bouche et portant un : petit crochet à son extrémité. ï

Cet appareil étant posé, je plaçai autour de la tête une sorte de couronne d’acier recouverte d’étoffe et de cuir se fixant à l’aide d’une boucle que l’on serrait à volonté. A cette couronne était fixée une tige de fer descendant verticalement au devant du conduit auditif externe et se terminant par un petit crochet. Je réunis alors par un caoutchouc ce crochet à celui que présentait la tige sortant de la bouche. Le fragment se trouvait donc attiré par une force constante dans la direction opposée à sa déviation.

Sous l'influence de cette traction continue, et bien que la malade ne pût pas, à cause de ses occupations, porter constamment l’appareil, le fragment se redressa peu à peu; je pus bientôt avec les doigts le faire venir à sa place, etenfin Ja malade put sans effort articuler ses dents inférieures restantes avec leurs antagonistes normales. Après diverses tentatives, je construisis un appareil provisoire portant à gauche, en haut et en bas, deux plaques métalliques glissant

pare

l’une sur l’autre en empêchant la déviation du mäxillaire inférieur dans les mouvements d’abaissement.

La malade pouvait très bien sans appareil ramener son fragment en place et ses dents à leur articulation normale ; mais, dès qu'elle avait un appareil, elle ne pouvait y parvenir. C’est pourquoi je lui fis ce que je viens d'indiquer. 4 Grâce à cela, elle arriva très bien à fermer les dents en place, sans effort, rien qu'avec un appareil inférieur.

Je construisis alors l'appareil définitif, assez semblable pour la partie inférieure à un dentier ordinaire; il remplace une partie du maxillaire manquant et est relié de chaque côté par un ressort à une plaque palatine.

La malade articulant très bien et sans effort les dents inférieures et supérieures je ne mis pas de plaques latéralement pour empêcher la déviation du fragment, ainsi que je l’avais fait pour l'appareil provisoire; il en résulte une légère déviation du menton à droite quand la malade ouvre la bouche au maximum, mais ces plaques entravant un peu la mastication, je préférais ne pas en mettre.

Maintenant la face est beaucoup moins déformée. N’était la cicatrice, on ne s’apercevrait pas que la malade présente quelque chose d’anormal en la voyant de face; sur le côté toutefois, la dépression persiste au niveau de l’angle de la mâchoire, mais moins accentuée. La parole est correcte et la malade peut mastiquer des aliments demi-solides.

Comme nous l'avons dit, le procédé qui consiste à redresser les fragments avant l’application de l'appareil est de beaucoup le meilleur, La double arcade que l’on est obligé

DM 2e NE ;

de faire dans l’autre cas ne remédie pas à la diminution de grandeur de la cavité buccale oécasionnée par la déviation du fragment et elle ne facilite pas autant la mastication. Le redressement seul du fragment, quand il reste des dents,

améliore déjà beaucoup le sort des malades.

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