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Cet appareil fut ajusté séance tenante, mais ayant éprouvé quelques difficultés pour la pose des vis, nous nous contentàmes de ligaturer l'appareil aux deux branches restantes du maxillaire inférieur.
Ce qui restait de la langue fut fixé à l’appareil par une autre ligature,
Le malade supporta très bien l'opération.
Au bout de six mois il sortit de l'hôpital, se considérant comme guéri, et l’étant en réalité, sauf la question de récidive.
L'appareil a été très bien toléré. Pourtant, vers les derniers jours, le malade éprouvant quelque gûne, l'appareil fut retiré, diminué et replacé. |
La face a conservé, malgré l'opération, l’aspect qu’elle avait habituellement et les deux branches du maxillaire inférieur ont été maintenues à leur écartement normal, ce qui facilite l’application de l'appareil définitif,
OBsERvATION VI
M. Vaurrix (de Nancy). — Communication à l’Association française pour l'avancement des sciences. Congrès de Besançon. 1893.
On connaît les travaux des chirurgiens lyonnais, Letiévant, Ollier, Poncet, Gangolphe, sur la prothèse immédiate dans les résections du maxillaire inférieur, qui permet aujourd’hui de ne plus hésiter à pratiquer, dans certains cas, une intervention qu’on serait souvent tenté de refuser au malade, à cause des résultats plastiques si défectueux résultant de l'opération non suivie de prothèse. |
J'opérai en novembre 1892 un malade de cinquante-huit ans, qui portait sur le frein de la langue un champignon épithéliomateux, qui jusqu'alors avait épargné la gencive et le maxillaire. Comme j'avais reconnu la présence d’un ganglion sousmaxillaireà gauche, je fis l’ablation dela glande sous-maxillaire,
- des ganglions et des lymphatiques se rendant à la tumeur; par la plaie, il me fut facile de faire l’exérèse du néoplasme à l’aide de la galvanocaustique.
Le malade guérit rapidement. En mai dernier, il vint me trouver de nouveau. Je constatai la présence d’une nouvelle tumeur occupant tout le plancher de la bouche, la partie antérieure de la langue, le maxillaire et les régions sousmaxillaires jusqu’à l'hyoïde. Sur la cicatrice de nos anciennes opérations existait une fistule par laquelle s’'écoulait un liquide sanieux et fétide provenant d’un foyer de désagrégation osseuse, où le stylet pénétrait très loin au milieu des masses néoplasiques et de parcelles osseuses, en voie d'élimination. Le maxillaire tuméfié ne portait plus de dents, les gencives étant perforées en maints endroits par des fistules qui communiquaient avec la cavité buccale.
Joignez à cela la contracture des masséters, ce qui empèchait le malade d'ouvrir la bouche, de faire des lavages antiseptiques qui eussent été si nécessaires, et de s’alimenter. L'état général n'avait pas encore trop souffert de cette récidive rapide. Pour la première fois en pareil cas, j'acceptai l’idée d'une intervention et je m'assurai le concours de M. Rosenthal, médecin dentiste à Nancy. =
Le 20 maï 1893, je fis opération; elle dura trois heures. Je pratiquai une incisionsuivant le rebord inférieur du maxillaire jusqu'aux angles latéraux, intéressant la peau, et le tissu cellulaire sous-cutané, qui étaient seuls intacts. Une autre incision verticale divisa la lèvreinférieure jusqu’au menton.Je détachai de l'os deux lambeaux latéraux qui furent rabattus de chaque côté. Une petite incision verticale jusqu’à l’'hyoïde me permit de disséquer les téguments des régions sous-maxillaires et sus-hyoïdienne. L’os fut sectionné des deux côtés, par la scie à chaîne, après décollement partiel des masseters, puis je la détachai du plancher de la bouche, À ce moment j'eus à combattre une hémorragie en nappe assez considérable dont la compression seule eut raison. L'os enlevé, je pus, facilement