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et sans aucun accident, poursuivre la tumeur au bistouri jusqu’à la base de la langue et latéralement jusqu'aux piliers du voile du palais. Les muscles sus-hyoïdiens, le mylo-hyoïdien les génio-glosses, l’hyoïglosse, les glandes sous-maxillaires et sublinguales, toute la muqueuse du plancher de la bouche, la plus grande partie de la langue furent enlevés par une dissection rapide. Pendant ce temps, mon collaborateur préparait la pièce provisoire, qui était ensuite adaptée. La suture fut ensuite exécutée et je maintins un drainage de plancher buccal par trois tubes de caoutchouc, dont deux latéraux et un sous le menton. La langue fut fixée par un fil d'argent au maxillaire artificiel.
Les suites de cette opérations furent simples, grâce aux lavages antiseptiques que le malade faisait lui-même avec régularité toutes les heures.
Il s'alimentait à l’aide de lait, de semoules, de panades. La déglutition était facile. Dès le lendemain l’opéré exécutait des mouvements d’élévation et d’abaissement de la mâchoire sans douleur.
Après dix jours, je jugeai les adhérences de la langue avec le plancher buccal suffisantes pour empêcher la rétrocession et je supprimai le fil de soutien. La déglutition se fit dès lors beaucoup mieux, et la parole revint en partie, autant que pouvait le permettre la suppression d’une portion importante de cet organe.
Je laissai l'appareil provisoire en place quarante-cinq jours; puis le dentiste prit les empreintes de l’appareil définitif. Le succès fut complet. J’ai présenté ce malade à la Société médicale de Nancy avec chacun de ses appareils et on a pu juger du résultat esthétique parfait. Quant au résultat fonctionnel, il ne laisse rien à désirer, puisque le malade mange et parle comme avec un maxillaire normal.
OgservarTion VII
M. Micuaezs. — Communication à la Société d’'Odontologie, 16 avril 1894.
(Odontologie et Revue internationale d'Odontologie.)
Parmi les accidents consécutifs à l’ablation chirurgicale ou traumatique de la mâchoire, nous citerons : la déformation de la face et de la cavité buccale, l'impossibilité ou la gêne de la mastication, la sialorrhée qui peut conduire à un épuisement prématuré, les troubles apportés à la phonation et à la déglutition, le rétrécissement pharyngien, la procidence de la largue, etc., sans parler des désordres moraux et intellectuels résultant de l’infirmité physique et qui peuvent aller jusqu'à la lypémanie ou la mélancolie.
Ces complications ont paru assez graves à certains chirurgiens pour les faire renoncer à la résection du maxillaire, qui est d’ailleurs de date toute moderne, car on attribue à Antony White, de Londres (1804), la première tentative de ce genre.
Cependant, grâce aux progrès de la prothèse dentaire, on est parvenu à atténuer ces désordres dans une mesure suffisante pour réhabiliter cette opération.
Or, une longue expérience nous ayant démontré les résultats parfois douteux de la prothèse ordinaire dans la plupart des cas, nous avons profité du fait suivant pour tenter une innovation. Reproduisons d'abord l'observation que nous devons à l'obligeance de M. Tapie, interne du docteur Péan.
— Résection de six centimètres du maxillaire inférieur ; restauration de la perte de substance à l’aide d'un pont métallique.
Sarcome du maxillaire inférieur. — Louise F..., 20 ans. — Père et mère bien portants, deux frères et deux sœurs bien portants. Le sujet n’a pas eu de maladies antérieures, sauf une sciatique, il y a deux ans.
Il y a un an à peine, apparition d'une tumeur grosse comme