‹ Contribution à l'étude de la prothèse osseuse (Os décalcifiés, plombage, prothèse proprement dite)Chapitre 10 sur 18 · DU PLOMBAGE DES OS · texte numérisé non relu

DU PLOMBAGE DES OS

Ponr éviter les suppurations interminables qui accompagnent la cicatrisation spontanée des pertes de substance des os, pour éviter l’adhérence consécutive des cicatrices cutanées aux os, qui produit des douleurs et | une gêne fonctionnelle énormes, on chercha à accélérer la guérison en comblant la cavité osseuse avec des matériaux résorhables pouvant remplacer momentanément l'os absent, et activer la formation de l'os nouveau. Schede avait le premier fait ressortir le rôle du caillot sanguin qui, en s'organisant, forme le premier soutien des nouvelles fibres de la formation osseuse, Senn proposait l'os décalcifié, mais une série d'essais était faite pour trouver la substance qui, comme le sang coagulé, pût remplir complètement, et sans vides, c’està-dire #7ouler la perte de substance. D'un autre côté, on cherchait une matière qui put se durcir, c’est-à-dire qui. introduite dans la coque osseuse résultant de l’évidement sous-périosté d'un os, du calcanéum par exemple, püût supporter le poids du corps, tout en conservant la forme primitive de los. Il fallait aussi que ce ciment fut résorbable et pût, comme l'os décalifié, céder peu à peu la place à la formation d’os nouveau; bref, il fallait trouver

un soutien temporaire, mais surtout qui se moult aux formes de la perte de substance.

En 1890, M. Gluck, de Berlin (1) proposait pour combler les pertes de substance osseuse, et surtout la cavité médullaires des os longs, un ciment aseptiqueà base de colophane, c’est-à-dire peu résorbable. Aussi ces tentatives ne furent-elles pas couronnées de succès. M. Dressmann, encouragé par les résultats qu'obtiennent journellement les dentistes, proposa de plomber les os et c’est de là que le nom est resté à la méthode, avec une substance solide comme le plomb (2). Les difficuités de l'exécution, autant que les craintes d'intoxication n'ont pas permis de donner suite à cette idée,

Nous entrons dansle domaine dela clinique avec Dress-

(4) GLucx. Deutsche Medizin Wochenschrift, 1890, n° 20.

(2) Bien des individus conservent fort longtemps dans leur organisme des balles de plomb enkystées, sans présenter de symptômes d’intoxication. Cependant, il n’en est pas toujours de même : Küster et Lewin, (Centratblatt für Chirurgie 1893, n° 8) publient le cas d’un malade de 48 ans qui a reçu en 1870 un coup de feu dans l'extrémité supérieure du tibia droit, sans sorlie du projectile. Guérison sans suppuration. En 4888, au bout de 18 ans, il présentait tous les signes d'intoxication saturnine chronique et on trouvait des traces de plomb dans ses urines. En janvier 1889, on cherchait à extraire le projectile, On trouva los et les parties molles voisines de coloration grisâtre : on voyait parfaitement des particules métalliques noirâtres. Ces éléments extraits, la guérison se fit, lente mais définitive, avec de la raideur articulaire du genou. MM. Küster et Lewin pensent que le plomb enkysté n’a produit d'effet toxique que lorsque la vascularisation progressive des tissus cicatriciels a permis une résorption assez active, facilitée par l’état de division des fragments du projeetile.

27e SR 96 AE

männ-(1) ) qui, en 1893 à publié des essais très intéressants sur le plombage des os, avec le plâtre DAS (méthode et Frendelenburg) :

Il emploie le plâtre ordinaire, fin, à. Ho qui sert

éouramment en chirurgie à la confection. des. appareils de fractures. Ce plâtre est gâché suivant les règles ordi: mnairés, en remplaçant l’eau par une solution d'acide

phénique à cinq pour cent, de façon à obtenir lasepsie, et

même l’antisepsie parfaite du corps: étranger qu’il. veut laisser dans l’économie, condition indispensable à la

tolérance du tissu osseux.

— Un'enfant de #4 ans, à antécédent héréditaires très

suspects au point de vue dela tuberculose, fut ainsi soigné

pour uñe carie du tibia droit : évidement de l'os, désinfection au sublimé de la cavité qui offre le volume d'une noisette. Cette cavité saupondrée d’iodoforme fut remplie de plâtre phéniqué. Suture de la peau au-dessus du plombage. Pansement compressif et suspension de la jambe pendant huit jours. — Pansement au bout de dix jours : suites excellentes, suppuratiou très minime. Guérison parfaite au boutde six semaines sans adhérence des tégu-

“ments à l'os.

— Enfant de douze ans. Carie du cubitus. Grattage et évidement del’os. Il en résulte deux cavités du volume d'une noisette et d’un pois qui ont été plombées. L'une

d'elles suppura, l’autre guérit complétement.

(4) DRESSMANN. Plombage des os. Deutsche medizin Wockhenschrift, 1893, n° 19.et 20, Lee Plombage des os. Centralblatt für Chirurgie 1893, nu 3.

< Fillette de treize ans. Grattage des os du tarse. Guérison complète par le même traitement. |

Dressmann conclut en faveur de son procédé qui permettrait la guérison sans déformation, ce qui n’est : pas sans avantages, à la face par exemple. Cependant, il insiste beaucoup sur la nécessité d’une ablation., parfaite des'parties malades; Il conseiile l’abstention en cas: de

foyers de suppuration diffuse, de tuberculose infiltrée ; il recommandeles lavages'antiseptiques: et même, au ti

le remplissage de ja cavité osseuse avec de l'huile que l’on porterait à ébullition en y plongeant à plusieurs reprises la pointe rougie à blanc d’un thermocautère.

Le plombage au plâtre n'ayant pas donné de bonÿ résultats à Mayer (1) de San Francisco, celui-ci a fait, sous la direction de Sonnenburg de nombreuses recherches pour trouver une substance légère, malléable, non toxique et surtout antiseptique. Divers alliages très: fusibles à base de bismuth, d'aluminium, n’ont pas réussi: Les meilleurs résultats ont été obtenus avec l’amalgame de cuivre des dentistes qui possèdede véritables propriétés antiseptiques, car quelques parcelles, déposées sur. une culture en plaques, arrêtent à ce niveau le développement des colonies. Les expériences faites sur des Lo été très satisfaisantes.

Nous terminerons l’historique de la question en citant la communication de M.Reynier à la société de Chirurgie (2) sur le plombage des os avec le saloï iodoformé. Il

A) Mayer. Deulsch. med. Wochens. 1893, n° 19. (2) Revnier. Société de Chirurgie. Séance du 1er avril 1896. Médccine moderne 1895, p. 223.

Page 1