‹ Contribution à l'étude de la prothèse osseuse (Os décalcifiés, plombage, prothèse proprement dite)Chapitre 11 sur 18 · AR EU · texte numérisé non relu

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ne s’agit pas là à proprement parler de plombage, cependant le procédé employé tonche de si près la question qui nous occupe que nous ne pouvons le passer sous silence:

M. Reynier démontrait en 1893 que le salol mélangé à d’autres antiseptiques (naphtol, iodoforme, aristol, ete...) se liquéfie à quarante degrés centigrade, et se solidifie ensuite rapidement quand il a été injecté dans une cavité osseuse. « Ce salol solidifié comblerait ainsi toutes les « anfractuosités de la cavité, en formant comme un mas- « tic antiseptique ». :

M. Revnier a employé ce procédé dans six cas, chez des enfants et chez des adultes, sur la diaphyse des os longs comme sur des os plats. Chaque fois, le plombage permit de refermer des téguments sur la perte de substance, d’avoir une réunion par première intention, et une guérison très rapide. De plus, chez un de ces malades que lon dût amputer deux ans après, on retrouva le bloc de salol iodoformé parfaitement conservé et tout autour les tissus étaient sains, et sans traces d’inflammation.

Le manuel opératoire de M. Reynier est très simple : on fait un grattage parfait de l’os après trépanation ou tunellisation. Le salol est mis à bouillir dans une capsule de porcelaine : on le laisse refroidir et quand il est devenu visqueux, on le verse dans la cavité osseuse : il ne reste plus qu’à suturer le périoste, les tissus et la peau.

M. Reynier ne croit pas que le salol pénètre loin dans la masse du tissu osseux, bien qu’il agisse certainement à faible distance « mais il n’agit pas non plus comme « corps étranger : il est très bien toléré et agit comme un « mastic dans le plombage des dents ».

Jusqu'ici on avait uniquement utilisé pour le plombage des os des substance non résorbables, et simplement bien tolérées par l'organisme : ciment de Gluck {colophane) plomb ? plätre, amalgame de cuivre, salol iodoformé. Depuis un an, M. Péan avait cherché un plombage lésorbable, c'est-à-dire une composition qui put se mouler aux formes de la perte de substance, se durcir ensuite pour donner une consistance suffisante aux os traités, et pouvoir être plus tard résorbée peu à peu, comme l'os décalcifié, tout en n'étant comme lui qu’un support provisoire pour l’ossification. Il s'agissait de trouver le complément des résections sous périostées en évitant le raccourcissement et le tassement inévitables de la coque périostique dépouillée entièrement de parties solides.

M. Michaels reprenant l’os calciné qui avait donné de bons résultats à Barth a songé alors à préparer un mastic en mélangeant une poudre fine d’os complètement débarassé de matières organiques par la calcination, avec une gomme facilement résorbable. La composition de ce plombage n'étant pas encore complètemeot arrêtée, et les résultats ne lui paraissant pas encore suffisamment pro” bants. M. Péan se réserve de communiquer la formule en présentant plus tard à l’Académie une série de malades traités par ce procédé.

Il s’agit bien là d’un mastic résorbable, et, bien plus, suivant l'opinion de Barth sur le rôle des matières calcaires dans l’ossification, d’un mastic riche en sels minéraux extractifs, éminemment propre à favoriser Ja néoformation rapide de tissu osseux dans le foyer de la perte de substance.

Quand au manuel opératoire, il est des plus simples : le mastic ramolli dans l’eau bouillante offre la consistance du mastic de vitrier. La cavité osseuse parfaitement grattée et aseptisée est remplie de ce mastic dans lequel on peut même incruster des fragments d’os décalcifié. La perte de substance est entièrement comblée jusqu’à sa surface. I ne reste plus qu'à suturer le périoste et les parties molles : à la température de l'organisme, le mastic prend la consistance du tissu osseux compact ; le malade peut, au bout d’un mois, marcher sur les os ainsi reconstitués.

Nous avons eu l’occasion d'employer cette méthode chez un de nos malades atteint d'ostéite des deux derniers métatarsiens, consécutive à une piqûre par un clou rouillé.

C..., 20 ans, cadrier, entre le 30 janvier 1896 à l'hôpital. Parents vivants, bien portants. Une sœur morte à 22 ans d’une affection cardiaque consécutive à un érysipêle, probablement d’endocardite infectieuse. Rien dans les antécédents personnels.

Le5 août 1895, le malade marchant avec des chaussons sur des vieilles planches pleines de clous s’enfonca dans la plante du pied droit un clou rouillé qui dépassait une de ces planches. Le clou pénétra à une profondeur de trois à quatre centimètres, au dire du malade. Le lendemain douleurs très vives rendant la marche impossible. Application de cataplasmes.

Huit jours après, le médecin ordonnait des bains de pied d’eau de guimauve phéniquée. Quelques jours plus

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