DE L'IMPLANTATION DES OS
DÉCALCIFIÉS (1).
La greffe osseuse vivante a donné entre les mains de Percy, Ollier, Mac Ewen, Nussbaum, Poncet, de bons résultats ; l'emploi de cette greffe vivante était légitimé par l'hypothèse d'une reprise de la vitalité et des fonctions du transplant (2). Cependant Ollier (3), étudiant l'évolution ultérieure dela greffe, avait conclu à la résorbption graduelle du transplant, et à son remplacement, point par point, par un tissu osseux nouveau, venant soit du tissu médullaire du périoste de l'os ancien.
La difficulté de se procurer des greffes vivantes, soit chez l'individu lui-même, en détachant des fragments osseux voisins de la cavité, comme le veulent Breuil,
(1) La thèse inaugurale du docteur Buscarlet (Paris 1891) offre un travail très complet sur la question jusqu'en 1891, aussi nous ne ferons
que rappeler l'historique et la technique de l'implantation d'os décalcifiés. €
(2) ADAMKIEWIGZ. Ueber Knochen Transplantalion (Acad. de Vienn 1889). Wiener médic. Blatt. 1089, XIT, p. 355 et ne 4 p. 390, croit à la continuité osseuse entre l’os trépané et le transplant qui vivrail pour son compte, sans se résorber.
(8) OLLIER. Loc. cit,
RUE 2e
Wolf, Bardenheuer (1), ce quiaugmente encore les dimensions de la perte de substance, soit chez les animaux (2) qu'il faut toujours avoir sous la main, à fait chercher dans une autre voie une matière apte à la régénération, d’une préparation et d’une conservation facile, et que l'on put avoir à sa disposition aussi facilement que les soies, les drains, que le chirurgien a toujours avec lui.
Neuber et Esmarck ont proposé les premiers, sinon de combler, du moins, de tapisser les parois internes de la perte de substance osseuse avec les téguments: cette méthode très défectueuse donnna peu de résultats.
Le caillot sanguin fut utilisé par Lister, Neuber, Wolkmann, Schede, mais les risques de suppuration, et la longue durée de l'organisation de ce caillot n’ont pas permis d'utiliser la méthode pour lobstruction de grandes cavités osseuses.
Hamilton (3) tenta l'emploi des éponges aseptiques,mais cette méthode eut peu de faveur au moment où l’on croyait à la nécessité de substituer aux os enlevés des éléments. éminemment résorbables et de nature animale. En 1892
(4) BREUIL (Gabriel). Réparation des cavités osseuses post-opératoires. Th. Lyon 1894.
WoLrr. Transplantation d'os par déplacement des fragments osseux. Bull. méd. 4894, p. 145.
BARDENHEUER. Congrès allemand de chirurgie. (Berlin) mai 4896.
(2) CHaLorT. Congrès français de chirurgie, 1894.
Moss (de Toulouse). Recherches sur la greffe hétéroplastique.:Ar-
chives de physiologie 1894, p. 733.
— Recherches sur la greffe hétéroplastique. Ar-
chives de physiologie 1896, no 1.
(3) HamiLToN, Eponges antiseptiques : £dinburg med. J.1881,p. 385.
Duplay et Cazin (1) reprenaient la méthode et peu après Dieuzaïde (2) de Lectoure l’employait avec succès.
En septembre 1889, Senn (3) publiait un mémoire, avec dix observations, sur le remplissage des cavités osseuses par des copeaux très petits d’os décalcifié, conservés dans une solution alcolique de sublimé. L’année suivante Mackie (4) présentait onze nouveaux cas de trépanations, traitées par la méthode de Senn.
Le 12 mars 1891, Kummel (5) donnait le résultat de dix-sept implantations, pour remplacer de petits os (métacarpiens et métatarsicns) complètement détruits : il employait alors, non pas les copeaux de Senn, mais des fragments assez volumineux.
Enfin en mai 4891, le professeur Le Dentu (6) remplaçait avec succès par un blocd’os de veau décalcifié, la plus
(1) DupLay et GazIN. Loc. cik.
(2) Diguzarpe. Congrès de Pau, 15 septembre 1892.
(3) SENN (N). On the healing of aseptic bone cavities by implanta-
tion of antiseptic decalcified bones. Americ. J. of the med. sciences. Philadelphie XXCVIIL, 4889, p. 219-243. | — J. Nat. Ass. Railway Surg. Fortiwayne, 1889-1890. If, p. 263-277.
(4) MAGkIE (V). Clinical observations on the healing ot aseptic bone cavities, by Senn’s methode of implantation of antiseptic decalcified bones. Med. Ness Philadelphy. 1890, LVIT, p. 202-210.
(5) KumMmEL. Sur l'implantation des os. Deutsches medizin Wochenschrift. Leipzig, 12 mars 1891, no 11.
(6) BuscarLeT. Th. Paris, 1891.
LE Denru. Communication à l’Académie des sciences. Bull. méd. 1891, p. 1071 et 1072.
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grande partie de l'extrémité inférieure des deux os de la jambe.