‹ Contribution à l'étude de la prothèse osseuse (Os décalcifiés, plombage, prothèse proprement dite)Chapitre 8 sur 18 · MANUEL OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

MANUEL OPÉRATOIRE

On choisit de l'os en lames compactes et épaisses (fémur et tibia de bœuf, mouton, etc.). L'osest pris, aussitôt l’animal tué, à la partie moyenne, et choisi bien exempt de tissu spongieux. Le périoste et la moelle sont enlevés avec soin, et l’os est sciéen morceaux de diverses formes et de toute grandeur (blocs, dès, plaques, rondelles etc...) Ces préparatifs sont faits le plus aseptiquement possible, puis l’os est décalcifié dans une solution d’acide chlorhydrique à 10 pour 100, changée tous les jours pendant un temps variable de huit jours à deux mois : l'os devient mou et se laisse couper. L’excès d’acide est enlevé par un lavage abondant à l'eau stérilisée, puis par l'immersion dans une solution faible de potasse caustique. Il est ensuite plongé dans du sublimé du millième pendant quarante huit heures, et conservé dans lPéther iodoformé. |

Telle est la préparation qu'a indiquée M. le professeur Le Dentu, et qui est longuement décrite dans la thèse inaugurale du docteur Buscarlet. M. Michaels, qui prépare les os décalcifiés pour M. le docteur Péan estime que ce procédé à l'inconvénient de décalcifier beaucoup trop les os et, d'accord en cela avec l'opinion de Barth sur l'os

SRNOGES

calciné, il croit que les matériaux calcaires doivent exister au foyer de réparation pour en favoriser l’ossification. Aussi, après avoir bien débarrassé son os frais du périoste et de la moelle il le plonge dans la solution d'acide chlorhydrique au dixième pendant une heure ou deux au plus. De ïa sorte l'os n’est décalcifié que superficiellement sur une épaisseur d’un demi millimètre à peine et cette décalcification permet au tissu conjonctif de nouvelle formation de pénétrer plus rapidement los implanté L’os ainsi légèrement décalcifié est plongé pendant douze heures dans de léther qui le débarrasse des matières grasses qu'il peut contenir : on doittremper ensuite les pièces pendant quinze à vingt minutes dans une solution d’acide phénique à vingt pour cent chauffée vers 60 à 70 degrés : l’action de chaleur double les propriétés antiseptiques de ce mélange, et peut-être l’acide phénique contine-t-il un peu la décalcification de l'os. Puis les pièces sont placées dans une solution phéniquée forte, dans laquelle ellesse conservent indéfiniment. Les os préparés de cette manière sont plus résistants que ceux de M. le professeur de Dentu, cependant il se laissent facilement couper comme l’on désire avec les pinces coupantes de Liston.

Pour l'emploi, on essuie les os à la gaze aseptique, on les lave à l'alcoo! puis on les laisse tremper dans une solution de sublimé au deux millième, ou une solution phéniquée faible, jusqu’au moment de les utiliser. Il suffit alors de les essuyer avec soin, et d’en remplir la cavité osseuse.

Les tissus qui seront en rapport avec l'os décalcifié,

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ont été au préalable placés dans un état d’asepsie absolue ce qui est une condition essentielle pour la réussite de l'opération ; les lésions suppurées ont été grattés à Ja curette, jusqu'à ce que le foyer osseux ne contienne plus que des parties saines et non infectées.

L’hémostase assnrée, les fragments d'os décalcifié sont tassés fortement, ef la cavité remplie jusqu’à sa surface. Ce tamponnement arrête l’hémorrhagie de la surface spongieuse de l’os, et le sang épanché se coagule en formant entre les fragments un ciment qui les unira, et sera le premier envahi par du tissu osseux de nouvelle formation.

Le périoste sera suturé au catgut, puis des sutures profondes et superficielles fermeront la plaie opératoire. Une tresse de catgut (Senn) ou un tube de caoutchouc (Le Dentu) assurera le drainage, en évitant une tension trop élevée du sang extravasé dans le foyer osseux.

Le pansement sera fait avec soin, et suivant les règles de la plus stricte antisepsie : Le premier pansement sera fait au bout de dix à quinze jours : à ce moment la réunion sera parfaite : le drain etles points de suture seront enlevés. Le repos absolu est indispensable pendant toute la durée de la réparation, qui est de un à quatre mois suivant les dimensions de la perte de substance. Le malals ue pourra se lever que quand la cavité sera comblée par un tissu ferme, et non douloureux.

Si la plaie suppure, un drainage suffira le plas souvent sans enlever les os qui resteront comme soutien du tissu de granulation, et qui seront rapidement recouverts de bourgeons charnus. Cependant, s’il est utile de nettoyer

complètement la cavité oSseuse, il sera facile de le faire, et de recourir à une implantation Secondaire dès que la SUppuralion sera farie.

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