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débarquement dans les commerces de détail. Il va de soi que ce sont surtout les espèces moins précieuses et plus résistantes aux conditions de transports favorisant la propagation des maladies contagieuses qu’il convient de prendre en considération. Ce sont, entre autres, les Amazones vertes, de provenance sudaméricaine (chrysotis amazonicus, et chrysotis aestivus, l’Amazone à front bleu), qui nous arrivent en grand nombre du Brésil et, en moindre quantité, de l'Argentine pauvre en perroquets. Maïs la source la plus féconde d'importation d'oiseaux malades est sans contredit la contrebande qui siège au cœur de Sankt- Pauli, le quartier mal-famé des marins de Hambourg, et qui alimente un marché mondial propre, à ramifications aussi nombreuses qui difficiles à contrôler. II est malheureusement très difficile d’avoir des données officielles sur le chiffre de l’importation des perroquets en France. En Allemagne, la chose est plus aisée. Un oïseleur berlinoïs évalue à 10.000 le nombre des Amazones introduits légalement par le port de Hambourg. Il estime celui des perroquets gris à 3.000-4.000, chiffres auxquels il convient d’ajouter pour le moins 3.000-4.000 Amazones, et 1.000-1.500 perroquets gris de contrebande. L’oiseleur en question évalue l’importation annuelle des espèces les plus demandées, pour Berlin seulement, de la façon suivante : Amazones : 5.000-6.000 ; perroquets sud-américains : 20-30.000 ; perroquets frisés: 8-10.000 ; perroquets des Indes: 3.000; perroquets gris: 400-500 ; au total 40-50.000. Il convient cependant de relever que
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depuis longtemps la France, l'Allemagne, et récemment le Japon à son tour, font un élevage systématique du perroquet frisé, natif de l’Australie.
L'espèce demandée par le public est une question de mode, partant, fluctuante. Aïnsi, l’oiseleur en question, en 1928, vendit jusqu’à 11.000 petits perroquets à tête grise, provenant de Madagascar. Chiffre qu’il fut loin d’atteindre l’année suivante. Son dékit, pour 1929, fut (en chiffres ronds): Amazones: 300 ; perroquets gris: 40; perroquets sud-américains : 806-1.000 ; perroquets naïns africains : 500-600 ; perroquets australiens: (60-100; perroquets frisés: 4.000- 5.000 ; cacatoës (provenant de l’archipel malaisien et d'Australie): 50-100; au total un débit d’environ 8.000 perroquets, pour une année, chez un seul oiseleur berlinois !
Les symptômes morbides que l’on observe chez les perroquets en état de propager la contagion, ou même seulement suspects, ne sont pas nettement caractérisés (Ward et Gallacher et autres). Ils débutent, après une incubation qui peut aller de 8 jours à plusieurs semaines, par de l’indolence, un appétit décru, des tremblements. Bientôt l’on observe de violentes diarrhées, avec de fréquentes évacuations mal odorantes, de couleur verdâtre ou jaunâtre, souvent sanguinolentes ou accompagnées de mucosités floconneuses. Chez certains sujets l’on constate des vomissements de masses jaunes-verdâtres. Les animaux
souffrent d’une soif ardente et, au début, se désaltèrent fréquemment. Mais ils deviennent de plus en plus apathiques et indifférents, s’affaiblissent à mesure, et demeurent sur leurs perchoirs, les yeux fermés. Enfin, la tête enfouie sous l’aile qui pend mollement, les plumes hérissées souillées d’excréments, ils s’accroupissent sur le fond de Ia cage et, au bout de 3 à 5 jours, meurent en général dans des convulsions. Rares sont ceux qui survivent au 8-9° jour à un mal qui, à ce moment, entre dans une phase chronique et, au lieu des symptômes intestinaux, présentent en premier lieu des symptômes respiratoires ; les sujets respirent en râlant bruyamment, halètent et souffrent visiblement d’une grave dyspnée. Souvent on constate en outre une secrétion nasale et oculaire purulente. Les sujets présentent un amaigrissement et une faiblesse croissante et, parmi eux, la majeure partie, dans un délai plus ou moins long, meurent victimes de la maladie.
A l’autopsie l’on constate jusqu’à quel point ces animaux ont maigri; les muscles présentent souvent un aspect strié ou moucheté. Tous les organes abdominaux sont extrêmement hyperhémiés. Le péritoine présente souvent des ecchymoses et, dans la muqueuse de l'intestin, congestionné et souvent œdémateux, l’on trouve des ulcérations. Dans la rate, molle ci hypertrophiée, dans les reins hypertrophiés et, notamment dans le foie hypertrophié lui aussi, on découvre à la surface aïinsi que dans le parenchyme des granulations miliaires et des granulations plus
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grosses d’un blanc grisâtre. Le muscle cardiaque est souvent d’un rouge foncé et contient des suffusions sanguines. Le péricarde et la plèvre, tout comme le péritoine, présentent fréquemment des ecchymoses. Il arrive que les poches d’air contiennent une exsudation liquide, souvent mélangée de fibrine. Les poumons présentent souvent des suffusions sanguines, des points d’atélectasie, ainsi que des régions plus petites de pneumonie lobulaire qui, souvent confluent peur former des foyers étendus de condensation.
A l'examen microscopique du sang et des organes internes des animaux morts, Eberth (en 1880 ; un perroquet d’espèce non spécifiée) et Wolff (en 1883; 12 sujets morts sur 17, peu de temps après leur débarquement: perroquets gris) ont trouvé sur des prépa: rations non colorées, traitées à l’acide acétique, ou colorées au moyen de bleu de methylène, de bleu de gentiane ou de brun d’aniline, des microcoques très nombreux. Ceux-ci notamment remplissaïent les vaisseaux capillaires hépatiques à un point tel (que beaucoup d’entre eux étaient complètement thrombosés et ne permettaient pas de reconnaître de globules rouges entre les microorganismes ». Ces « masses de microcoques » s’amoncellent plus particulièrement aussi à l'extérieur des vaisseaux, là où les granulations gris- Jaunâtre se composent de tissus nécrosés. Wolff a également trouvé les poumons, le cœur, les reins et la rate bourrés de microorganismes, tandis que l’intestin en était exempt. Par contre, Eberth, dans le cas extrêmement grave qu’il a étudié, les a déterminés
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dans tous les organes, notamment aussi dans les villosités intestinales, € dont les capillaires, surtout au sommet de la villosité sont positivement bourrés de microbes ». Ces microbes présentent une forme sphérique, parfois « plutôt ovoïde », sont isolés ou doubles, et forment fréquemment « des chaînes composées de quatre corps reliés les uns aux autres, de telle façon pourtant, que les individus formant la chaîne sont rapprochés deux par deux ». A l’époque dont nous parlons, la coloration Gram n’était pas encore pratiquée ; l’on n’a pas davantage fait des essais de culturés
Ceci nous amène à l’étude bactériologique de la psittacose.
ETIOLOGIE
En 1879, J. Ritter, à Uster (Suisse) eût déterminé la corrélation entre une épidémie de 7 cas graves de pheumonie (dont 3 morts dans une seule famille) et « certains oiseaux exotiques ». De semblables évènements avaient également été signalés en 1882 et 1886 à Bonn et à Leipzig. Ce ne fut qu’en 1893, à Paris, alors que 49 personnes furent atteintes (16 cas mortels) que toutes avaient été en contact avec des perroquets sud-américains d’un même envoi, qu’une panique analogue à celle d'aujourd'hui fut cause que l’on se livra à des recherches sérieuses quant aux causes efficientes de cette corrélation. Et l’on eut, pour s’aider, des méthodes d’études bactériologiques perfectionnées. Les recherchs dans ce sens n’ayant tcut d’abord donné aucun résultat d'ensemble, Nocard a réussit à découvrir le microbe de la maladie des perruches. Il avait fait ses recherches sur des ailes coupées à des perruches d’un même transport et mortes pendant la traversée. Voilà comment Nocard a décrit le résultat de ses recherches dans sa communication au Conseil d'Hygiène Publique et de Salubrité, le 24 Mars 1893: « Des parcelles de moelle osseuse, desséchées, prélevées purement dans le canal medullaire de plusieurs humérus intacts, furent ense-
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mencées dans divers milieux de culture, à Pair et dans le vide. Dès le lendemain, tous les milieux ensemencés avaient donné une culture abondante d’un microbe particulier, le même pour toutes les ailes mises en expérience. Chose curieuse et caractéristique, ces cultures étaient pures ; la moelle ensemencée ne contenait pas d’autres microbes. I] s’agit d’une bactérie courte, assez épaisse, à extrémités arrondies, à la fois aérobie et anacrobie, extrêmement mobile; cette bactérie se développe rapidement sur la plupart des milieux, solides ou liquides utilisés en microbiologie, pourvu que la réaction du milieu soit neutre ou légèrement alcaline. Elle ne prend pas la couleur de Gram, ne liquifie pas la gélatine, ne fait pas fermenter le lactose, ne coagule pas le lait.
Elle est pathogène, non seulement pour la perruche, mais encore pour le pigeon, la poule, la souris, le lapin, le cobaye, etc... Inoculés dans la trachée, dans le péritoine ou dans les veines, tous ces animaux meurent en moins de 48 heures, avec des lésions intenses de septicémie hémorragique, tous les parenchymes sont congestionnés et l’on y trouve aisément la bactérie spécifique ; elle existe aussi dans le sang, mais en très petite quantité; néanmoins tous les ensemencements de sang sont fertiles.
Inoculée sous la peau ou dans les muscles, ou mélangée aux aliments, la bactérie produit des effets moins constants et moins rapides ; parfois encore la mort survient en 2 ou 3 jours; le plus souvent les animaux survivent 8, 10, 15 jours, puis ils meurent très
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amaigris, avec de la diarrhée profuse; parfois enfin, raais rarement, ils résistent et se rétablissent lentement. Les lésions provoquées sont toujours celles d'une septicémie hémorragique intense et tous les viscères renferment la même bactérie.
On peut encore provoquer la maladie sans recourir à l’inoculation. Il suffit de déposer des ailes sèches au fond de la cage d’une perruche, pour tuer cette dernière en moins de 20 jours.
11 ne paraît donc pas douteux que les perruches mortes pendant la traversée, aient succombé à une maladie infectieuse, à une septicémie particulièrement redoutable, puisqu'il à suffi, pour tuer une bête adulte et vigoureuse de mettre dans sa cage quelques ailes desséchées depuis plus de 4 mois; puisque surtout, la maladie peut aisément se transmettre avec toute sa gravité, à des animaux appartenant à d’autres espèces ».
Gilbert et Fournier ont reconnu à ce bacille quelques particularités intéressantes qui permettent de le différencier d’une façon très précise du colibacille et du bacille d’Ebelth.
Donc, d’après ses qualités biologiques, le bacille de Nocard doit être rangé parmi le groupe du paratyphus B, dont les représentants se découvrent chez des nombreux mammifères et oiseaux. Très souvent — même chez les perruches — ils semblent vivre dans une symbiose apparemment inoffensive, mais très souvent aussi ils sont les agents d’épidémies meurtrières qui, notamment parmi les gallinacés, poussins, pi-